De Mélissa Monaco le 26. février 2009 um 9.49  
Catégories: Estonie, Récits de voyage

TallinnIl y a deux ans, je découvrais Tallinn. Je me souviens d’avoir réservé mon billet sans trop réfléchir. Comme beaucoup de pays nordiques, l’hiver est propice aux bonnes affaires et le billet était attractif… sans compter les hôtels qui offre une troisième nuit de séjour. Dans ma tête résonnaient les questions posées avant le départ: « L’Estonie? Mais pourquoi? Qu’est-ce que tu vas y faire? Il ne fait pas froid là-bas? ». Deux ans plus tard, un deuxième voyage a peine accompli et je suis déjà en train de songer au troisième!

Pourquoi l’Estonie? Je n’ai jamais pu expliquer pourquoi! Une espèce d’attirance pour les petits pays mal connus sans doute. L’Estonie est légèrement plus grande que la Suisse mais compte seulement 1,3 millions d’habitants! Une toute petite culture qui n’a que les Finlandais (et plus loin les Hongrois) comme plus proches cousins.

Qu’allais-je y faire? Découvrir Tallinn, sa capitale. Une ville médiévale extrêmement bien préservée et inscrite au patrimoine mondial de l’UNESCO.

Il ne fait pas froid là-bas? Si. Froid et gris. Mais quand on a vu Tallinn sous la neige, avec son paysage de conte de fées, difficile d’envisager de visiter dans une autre saison. Et lorsque j’ai débarqué de l’avion dans la nuit du vendredi au samedi, la tempête de neige en train de sévir m’a mis un sourire jusqu’aux oreilles.

Le vieux Tallinn étant particulièrement compact, il est très facile d’en couvrir l’essentiel en un week-end. Grossièrement, la ville est divisée en deux: Toompea, la colonne du Dôme qui surplombe le reste de la ville, et la ville basse et dont le centre est Raekoja Plats, la place de l’Hôtel de ville.

Tallinn, ToompeaMon hôtel se trouvant au pied de Toompea, il était logique de commencer par là. Un grand serpent de pierre se dresse devant moi alors que je monte sur la colline: ce sont les fortifications qui encerclent quasi toute la vieille ville. La tour du Grand Hermann y monte la garde.

Sur Toompea, tout est calme. L’endroit est dédié au gouvernement (le parlement s’y trouve), à la religion (Toomkirik, l’Eglise du Dôme et la magnifique Cathédrale orthodoxe Alexandre Nevski) ainsi qu’aux ambassades. A part le va-et-vient des fidèles de l’importante minorité russe, rien ne trouble la tranquillité de ses petites rues et de ses maisons aux couleurs de bonbons: roses, bleues, vertes, ocre, sienne, jaunes… n’importe quoi pour contrer le ciel plutôt maussade et plombé du bord de Mer Baltique!

Passé Toomkirik, au détour de petites rues, on découvre une plateforme d’observation:  la vue est à couper le souffle! Les tours aux tuiles rouges des fortifications parsèment le paysage et tout au bout, si la brume ne couvre pas la baie, on peut apercevoir la Baltique. Avant de descendre vers la Ville Basse, j’aime m’arrêter un moment à l’intérieur de la cathédrale, surtout si c’est l’heure de la messe. Les chants et l’odeur d’encens ont quelque chose de particulièrement enivrant et relaxant.

Tallinn, RaekojaLe Lühike jalg est une rue en escalier toute étroite. Tellement pitoresque qu’elle est devenue un piège à touristes, et qu’il vaut mieux la regarder plutôt que la toucher… sauf pour se rendre chez « Matilda« , un café-pâtisserie tout mignon et tranquille et très-très fille. Ce ne sera pas la première pâtisserie que je croiserai! A l’époque soviétique, les Estoniens étaient les fournisseurs attitrés en chocolat et autres douceurs de l’Union.

Un de mes cafés préférés s’appelle Tristan ya Isolde et se trouve dans un coin de l’Hôtel de ville, qu’il faut rejoindre en traversant toute la place.  Tristan… est typique de Tallinn: un aspect caverneux avec des murs aux grosses pierres apparentes, une déco cosy, des gros coussins et un éclairage tamisé. Malgré sa situation, c’est loin d’être un attrappe-gogo (45 Krooni pour un café et une patisserie). C’est l’arrêt idéal avant de reprendre la route!  Joséphine (Vene 16), pas très loin de là, est un autre café que j’ai découvert ce samedi. Ici, on a plutôt l’impression d’être dans les années 30. La Joséphine en question étant Joséphine Baker, on comprend pourquoi! Un palmier ainsi que la palette entière du café, dans toutes les nuances de pourpre, vous y accueillent chaleureusement. Les chocolats y sont délicieux.

Tallinn: At Josephine'sAvec une jeune française rencontrée lors de mon séjour, nous avions décidé de longer le mur nord de la ville et de prendre la direction de la mer. Impossible de se perdre si l’on s’oriente grâce à l’église de St-Olav, dont le clocher est un des plus hauts bâtiments de la ville!

Une balade dans le parc plus tard (parsemée d’étranges bonshommes de neige tous plus hilarants les uns que le autres), nous quittons le pays des rêves pour celui du socialisme bien réel. Pour atteindre la Baltique, il faut passer à travers le Linnahall, un centre culturel et sportif construit à l’occasion des jeux olympiques de 1980. Moscou n’ayant pas de front de mer, c’est à Tallinn et dans ses environs que se tenaient les compétitions nautiques. Lignes carrées, béton qui se confond avec la mer et le ciel, brisé par des fleurs colorées d’artistes urbains…  le contraste est saisissant avec la vieille ville! Il n’y a quasi personne, sauf les mouettes et un groupe de trois jeunes Russes qui vident une bouteille de vodka. Linnahall est une salle de concert, mais en jetant un coup d’œil à travers la vitre, l’endroit a mal vieilli et semble abandonné depuis des lustres.

TallinnAprès avoir trempé nos doigts dans la Baltique, ma compagne de voyage et moi-même parcourons le petit district moderne qui se trouve juste à l’est des portes de la ville. Murailles de verre, étranges ajouts modernes à des bâtiments plus anciens, architecture plus audacieuse… c’est ici qu’on trouve des centres commerciaux, des boutiques et les hôtels les plus récents de Tallinn. Étrangement, on dirait que tout a poussé de façon complètement anarchique, sans plan aucun… Nous pénétrons dans la vieille ville à travers les portes de Viru et commençons notre soirée à Hell Hunt, le « gentil loup », un bar qui a le mérite de drainer un bon mélange de locaux et d’expats, de brasser sa propre bière, d’y faire un vin chaud extra (avec noisettes et raisins secs) et d’avoir un menu pour les petites faims.

Je laisse ma complice de voyage se diriger vers l’Opéra et quant à moi, je suis invitée à une soirée chez un ami. Nous nous promettons de nous revoir le lendemain pour plus d’exploration!

Note to self: ne pas oublier de me munir d’une bouteille de vodka pour me rendre à ma soirée (surtout que la vente d’alcool dans les magasins est interdite après 22 heures!).

Lire la suite… partie 2.

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