J’ai pris le train de nuit pour Lisbonne, ville que je ne connais pas.
Dans ce train, j’ai fait la connaissance de Raimund Gregorius, érudit prof de latin et grec bernois, divorcé, passionné de livres anciens et myope.
Quelques jours auparavant, sur le pont de Kierchenfeld, Raimund Gregorius a rencontré une femme énigmatique et l’a sauvée d’une probable noyade. Cette rencontre allait modifier sa vie monotone et réglée comme un coucou suisse. Le mot « Português » avait alors retenti comme un appel à larguer les amarres. « Mundus », comme on l’appelle, commet alors cet acte insensé dont nous rêvons tous un jour : il plante là ses bouquins en plein cours, ses élèves, ses collègues, son appartement, sa vie, et va s’acheter un billet de train.
Dans un livre de l’auteur portugais Amadeu Inacio de Almeida Prado, il lit cette phrase :
S’il est vrai que nous ne pouvons vivre qu’une petite partie de ce qui est en nous, qu’advient-il du reste?
C’est cette phrase qui décide Gregorius à tout plaquer et à prendre le train de nuit pour Lisbonne. Avec lui, je découvre les rues de Lisbonne, je prends le tramway, je déambule dans les rues désertes à la nuit tombée. Je visite de maisons et des appartements bizarres, je fais des rencontres étonnantes. Gregorius va-t-il trouver son âme ?
Etait-il possible que le meilleur chemin pour s’assurer de soi-même passât par la connaissance et la compréhension d’un autre? Un homme dont la vie s’était écoulée très différemment et avait possédé une tout autre logique que la vôtre?
Gregorius s’arrêta au comptoir d’un petit bar et but un café. C’était la deuxième fois qu’il entrait ici. Une heure auparavant, il était tombé sur la rua Luz Soriano et s’était trouvé, après quelques pas, devant le cabinet de Prado, une maison à trois étages qui semblait entièrement bleue, d’abord à cause des carreaux de faïence qui la recouvraient, mais surtout parce que les fenêtres étaient surmontées de hauts cintres peints d’un lumineux outremer. La peinture était vieille, la couleur s’écaillait. Seule la porte d’entrée bleue avait une peinture immaculée, comme si quelqu’un avait voulu dire : c’est d’elle qu’il s’agit. A côté de la sonnette, aucun tableau n’indiquait les noms des habitants. Le coeur battant, Gregorius avait regardé la porte et le heurtoir de laiton. « Comme si tout mon avenir attendait derrière cette porte » avait-il pensé. Puis il était entré dans le bar quelques maisons plus loin, et avait lutté contre le sentiment menaçant qu’il était en train de s’échapper à lui-même. Il avait regardé sa montre : six jours auparavant, à cette même heure, il avait décroché de la patère, dans la salle de classe, son manteau humide, et il s’était enfui sans se retourner hors de sa vie si sûre, si prévisible.
Train de nuit pour Lisbonne, est un livre de l’écrivain suisse Pascal Mercier, livre que j’ai adoré et que je vous recommande. Il incite au voyage et fait découvrir une ville magnifique. L’auteur est né en 1944 à Berne. Il a enseigné jusqu’en 2007 la philosophie à la Freie Universität Berlin. En 1995, il publie son premier roman, Perlmann’s Schweigen (Albrecht Knaus), suivi de Der Klavierstimmer (Albrecht Knaus,1998), de Nachtzug nach Lissabon (Hanser, 2004) et du recueil de nouvelles Lea (Hanser, 2007). Il est traduit dans vingt-cinq langues.
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[...] la conférence SHiFT, relativement connue des milieux geek/web européens. Je n’ai pas pris le train de nuit (le livre est dans ma bibliothèque, par contre!) mais l’avion, et le jour avant mon départ [...]
[...] prête moralement à me rendre à Lisbonne via le train de nuit (25 heures de voyage), mais j’ai par chance réussi à slalomer de justesse à côté du [...]
[...] prête moralement à me rendre à Lisbonne via le train de nuit (25 heures de voyage), mais j’ai par chance réussi à slalomer de justesse à côté du [...]
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