De le 14. Octobre 2009 um 19.47  
Catégories: Récits de voyage, Suisse

“La Suisse a aussi des endroits mal connus”, nous dit une voisine, nath, en commentaire. Et c’est justement tout près de chez elle que j’ai découvert, cet été, une région magnifique et trop peu connue (du moins par moi).

près de Soubey

près de Soubey

Le Doubs naît en France, à Mouthe, pour terminer sa course à Verdun-sur-le-Doubs, toujours en France, 453 kilomètres plus loin. Entre-temps, il affiche de nombreux visages différents: le ruisseau impétueux des abords du Saut-du-Doubs et la paisible rivière bisontine n’ont pas l’air d’être faits de la même eau. Avant de s’en aller rejoindre la Saône, le Doubs semble hésiter : il se dirige vers le Jura neuchâtelois, entre en Suisse aux Brenets, marque la frontière sur une cinquantaine de kilomètres, se promène dans le Jura jusqu’à St-Ursanne, puis change d’avis, et rebrousse chemin pour former la région du Clos-du-Doubs.

St-Ursanne

St-Ursanne

Je connaissais Saint-Ursanne, donc, bourg médiéval qui semble presque irréel et dont il faut voir les Médiévales au moins une fois dans sa vie (mais la prochaine n’est que pour 2011). Je connaissais le Saut du Doubs, d’ailleurs plus agréable à visiter côté français que côté suisse. Entre les deux, l’inconnue, à l’exception du petit village de Goumois, moins de 300 habitants pour deux pays (ce qui m’a toujours fasciné: prend-on sa carte d’identité pour aller demander du sel au voisin?) que je n’avais fait que traverser.

Traversée du Doubs entre Saint-Ursanne et Soubey

Traversée du Doubs entre Saint-Ursanne et Soubey

Il faut dire que le trajet Saint-Ursanne – Les Brenets ne peut se faire qu’à pied, en VTT ou partiellement en kayak. On longe alors l’ancien territoire des verriers, qui s’installaient au bord du Doubs pour profiter des forêts et de leur bois. Les dernières verreries ont fermé au XIXe siècle, la forêt alors sévèrement défrichée a repris ses droits et l’on voit encore ça et là des ruines.

Le long de ce parcours, pas beaucoup de villages: Soubey (où sont élevées la plupart des truites que vous dégusterez), Goumois, le hameau de Biaufond. Cependant, de nombreux restaurants et auberges jalonnent la route et constituent des étapes pour une randonnée (mais ce n’est plus vraiment la saison) ou des buts d’excursion à part entière. La Bouège, Maison Monsieur, Le Theusseret, par exemple.

Un conseil si vous décidez de découvrir cette superbe région, complètement différente des Franches-Montagnes voisines : établissez un parcours avant de partir, selon vos qualités de marcheur ou de rouleur, et réservez vos chambres d’hôtel si nécessaire. Les établissements situés dans cette région sont souvent inaccessibles en voiture. Cela rend le repas et le repos encore meilleurs, on a l’impression de les avoir mérités, mais cela rend les conditions de travail difficiles pour les propriétaires. La plupart des établissements sont donc logiquement fermés à la saison froide, certains sont même menacés. Raison de plus pour aller les visiter et les soutenir !

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