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Escapade océane
Catégories: Afrique du Sud, Récits de voyage
Après avoir passé quelques jours en ville, il était temps d’aller voir ailleurs! Avec un petit sac comme seul bagage, j’arpente le hall rutilant de la gare du Cap. Les principales destinations sont régionales (banlieues et townships du Cap, ou plus loin Stellenbosch) mais quelques trains vont plus loin: Johannesbourg, Port Elizabeth ou Durban.
Ma destination du jour est Simon’s Town, petite ville balnéaire connue pour une colonie d’oiseaux bien particuliers: les Spheniscus demersus ou manchots du Cap, dont une importante colonie se situe à Boulders Beach. Ces petits pingouins sont les STARS du coin et sont une des attractions principales du Cap.
J’achète un billet hop-on/hop-off qui me permet de m’arrêter à n’importe quelle gare de mon parcours et me voilà partie! Le train tient plus d’un RER que d’un « vrai train » mais c’est un des moyens de transport les plus utilisés au Cap. Et c’est également mon moyen de transport préféré, avec le bateau. J’ai bien acheté des journaux aux vendeurs qui se partageaient les wagons avant le départ, mais j’aurai à peine le temps de les lire. Je suis bien trop absorbée par l’observation des autres passagers.
Après avoir traversé les banlieues, le train se retrouve directement à côté de l’océan indien, avant d’arriver à Muizenberg. Les rails sont si près de l’eau qu’un coup de vent suffit à vous asperger d’écume si, comme moi, vous vous êtes précipité pour ouvrir la fenêtre et prendre de photos. Et justement cette semaine, la liaison complète a été rétablie entre Fish Hoek et Simon’s Town (elle se faisait en bus dû à des dégâts causés par la marée). Rien que le voyage vaut le billet de train!
Arrivé à la gare de Simon’s Town, il vous faudra marcher vingt bonnes minutes (sans traîner) pour arriver aux escaliers qui conduisent à Boulder Beach. Mais si vous avez le temps de vous attarder, pourquoi ne pas manger une petite pâtisserie sur la terrasse de Sweetest Thing, tout en appréciant du regard les façades de style Cape Dutch ? Ou admirer les navires de la flotte sud-africaine qui y a une base? Sur le chemin, vous rencontrerez aussi quelques jolies plages…
Mais vous voilà déjà à l’entrée du Parc, acquittez-vous des 40 rands pour l’entrée et vous voilà proches, très proches des mignons petits palmipèdes (on pourrait même les toucher mais je ne vous le recommande pas: premièrement, il peuvent vous pincer avec leurs becs; deuxièmement, ce serait les déranger).
Le jour de ma visite, le vent était tellement fort que les oiseaux se couchaient sur le sable et se cachaient derrière les rochers pour se protéger des projections. Quelques téméraires cependant osaient s’aventurer de la plage jusqu’à l’océan.. Et quelle différence une fois entrés dans l’eau! Au lieu de se dandiner lourdement, on les voit filer en dessous de la surface à la vitesse d’un exocet! Après une bonne heure de contemplation, je reprends la route de la gare pour retourner vers Muizenberg.
Muizenberg, c’est la plage des surfeurs du Cap. Il suffit de voir l’entendue d’écume blanche qui couvre l’océan! Et avec le vent qui continue de souffler, les vagues sont assez chaotiques. Je suis reçue à la petite gare de Muizenberg par des bouffées de sable. Moi qui projetais de me baigner, c’est raté! La ville est petite, le front de mer bordé par des magasins d’équipement de surf, une auberge et quelques restaurants. A l’entrée de la plage, une fontaine est mise à disposition des sportifs pour se préparer et se nettoyer et sur le sable, de petites cabines en bois colorées sont sagement alignées.
Je jette un oeil au drapeau des secouristes: celui-ci est noir et frappé de la silhouette blanche d’un requin. Cela signifie qu’un squale a été vu dans les parages aujourd’hui. Je regarde les quelques audacieux dans l’eau, dont de jeunes adolescents, et je frissonne un peu…C’est vrai, il y a heureusement peu de chance de se faire croquer la couenne par un requin, mais quand même!
Il sera dit que les dieux de la baignade n’auront pas été avec moi lors de ce voyage! Le sable continue de tourbillonner et de me frictionner d’une manière un peu trop vive pour pouvoir profiter de la plage. Je râle ferme. Il me faut passer ma frustration sur quelque chose! Je vais donc m’asseoir au Gaslight Café devant la grande vitre pour commander une part de tarte au citron meringuée qui subit les assauts rageurs de ma fourchette, tout en pensant que la fin de l’après-midi est là et que j’ai encore bien des choses à faire en ville.
C’était ma dernière opportunité de nager. Je suis maudite.
Pas le choix, il va falloir revenir!
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