De Corinne Stoppelli le 23. mars 2011 um 8.51  
Catégories: Récits de voyage, Thaïlande

C’est le jour J. Dans ma liste de choses à faire avant de m’éteindre figure ‘visiter l’Issan’, le nord-est thaïlandais, qui compte 19 provinces. Il y a aussi du kilométrage à surpasser: ce sera d’une pierre deux coups.

L’Issan, c’est loin! Mais peu importe, on a tout le temps à notre disposition. Lorsque j’ai soumis mon idée à Hanna, une jeune allemande pleine d’énergie, elle a tout de suite adhéré: ‘on part quand?’.

Sac à dos bien ficelés à l’arrière de nos scooters, habits couvrants pour ne pas brûler au soleil, masques, lunettes, casques et nous y voilà… quelques jours après, sur la route déjà!

Notre plan? Pas de plan. Il n’y aura que quelques contraintes à respecter: atteindre Udon Thani le 19 mars au plus tard, et être de retour à Chiang Mai le 25 du même mois. Cela nous laisse 15 jours pour arpenter la vaste région.

Hanna et moi, on est sur la même longueur d’onde: tranquilles, voire un peu insouciantes. La première journée est à notre image. Après un bon dîner, on décide aléatoirement qu’il est l’heure d’y aller et que l’on s’arrêtera à Lampang, au sud de Chiang Mai. Mais avant ça: café, snacks et faire le plein, quand même.

La route vers notre première destination est sans encombres. Nous traversons Lamphun, qui me fait penser à une Chiang Mai miniature, avec son canal, ses vieux murs et ses magnifiques temples. Pour l’instant, le paysage n’est pas des plus épatants, c’est beaucoup d’autoroute…

Arrivées à Lampang, il nous faut trouver un logement. Nous quadrillons la ville, qui se révèle bien plus imposante que ce que nous pensions. Difficile! Au bout d’une heure, nous nous arrêtons près d’une bâtisse qui porte un grand écriteau ‘Home Sweet Home’. En fait, ce n’est pas une guesthouse: la propriétaire nous explique qu’elle est professeur de chinois pour enfants, et qu’elle vit désormais avec son fils — son mari les ayant quittés 2 ans auparavant.

Le fils en question participe, intrigué, à la conversation. Lorsque la mère tente de m’expliquer une direction pour trouver un logement, il propose de nous guider: il enfourche sa moto un peu vintage et, cheveux au vent (façon thaï) il nous dépose à un hôtel, nous demande d’où nous venons, nous recommande deux ou trois choses en ville et nous quitte timidement.

Bon, c’est 650bht pour la chambre la moins chère! Voilà qui exploserait un peu notre budget dès le premier jour. Décontenancées, mais pas démotivées, on repart pour un tour. Et là, une petit écriteau jaune qui ne paie pas de mine: ‘Hotel’. La dame à la réception nous demande 204 bahts pour une chambre double: une aubaine! Je laisse Hanna visiter la pièce et tout a l’air en ordre.

Sauf qu’on nous en donnera une autre, ensuite. Accueillies par un immense cafard (que nous pourchasserons plus tard) et par une propreté globale vraiment douteuse, nous partageons des histoires sur les maladies liées à la saleté.

On relativise, on a vu bien pire… et pour ma part, ce n’était pas en Asie. Tentez un train couchette de Milan à Naples si vous l’osez!

Nos affaires déposées, on file à la recherche d’un peu d’action et de nourriture. On s’arrête manger au Riverside, à l’ambiance romantique mais un peu tristounette, et puis on se dirige vers les bars: il y en a une foule, mais ils ont tous l’air d’être vraiment très (trop) calmes. Peu importe! Nous avons assez à nous raconter.

Après un bon verre de Sangsom (le rhum local, que les thaïs prétendent être du whisky, mais qui ne goûte ni l’un, ni l’autre), nous regagnons nos pénates temporaires: demain, il faudra aller encore plus loin.

À suivre…

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