De Mélissa Monaco le 28. mars 2011 um 9.08  
Catégories: Belgique, Conseils

Ostend: Cuistax on the Dike

Le train entre en Gare de Bruges. Lorsque les portes s’ouvrent, les 3/4 des passagers le quittent. Ils ne savent pas qu’à 15 minutes, se trouve une petit secret. Une échappatoire pour le trop-plein de culture et d’harmonie de Bruges-la-Belle : Ostende.

Ostend: The Amandine fishing trawlerTous les Belges ont une relation spéciale avec la Côte de la Mer du Nord. Ils y sont tous venus une fois pour faire une promenade sur la digue, rouler en cuisstax, ces drôles d’engins mi-caisse-à-savon, mi-vélo, et manger une crêpe ou une gaufre au sucre avant de prendre le chemin du retour.

Pourtant, on ne peut pas dire que la côte belge soit gâtée. Premièrement, la mer n’est pas bleue… Elle a d’étranges nuances moirées entre le vert, le gris, le marron et apparaît d’un bleu pétrole de temps en temps. L’eau n’est pas transparente, le sable y est si fin qu’il reste en suspension constante et impossible d’y voir son pied, la jambe plongée à mi-mollet. En plus, elle dépasse à peine les 19 degrés en plein cœur de l’été. Le sable? Il est beige ou gris. Et la digue est bordée d’immeuble à 10 étages qui forment un mur de béton quasi ininterrompu sur les quelques 80 kilomètres que comptent la Côte. Il est d’ailleurs en cours de réfection… Comme plein d’autres choses en ville. Il y a plein de travaux, même sur la digue jusqu’au Kursaal, le Casino.

Ostend: Kursaal (casino)

Léopold II, roi bâtisseur et « génial protecteur » d’Ostende, aurait bien du mal à reconnaître la « Reine des plages », la cité qu’il a façonnée comme une petite « deuxième capitale ». De l’âge d’or, il reste quelques immeubles de la Belle-Epoque, des villas royales, les arcades menant à l’hippodrome Wellington et quelques maisons bourgeoises Art Nouveau. Le reste date de l’après-guerre. Et soyons honnêtes, c’est moche. Très moche. Et pourtant, quel délice de s’allonger sur le sable, ou de parcourir la distance de sable découvert à marée basse (parmi les marées les plus importantes d’Europe) ou de regarder le panorama, dans cette lumière argentée qui, même quand le soleil brille de tous ses feux au milieu de l’été, pose comme un étrange voile tamisé sur le paysage.

Je n’ai qu’une explication à cet étrange attachement… Ça doit tenir de l’enfance. Mes premiers pas sur une plage sont immortalisés en photo sur le sable de la Mer du Nord.

Ostend: Royal GalleriesMais Ostende, c’est d’abord un port de pêche! Enfin, ce le fut. A la sortie de la gare, le chalutier Amandine est là pour en témoigner. Vous pourrez d’ailleurs le visiter et vous imaginer sillonner les eaux islandaises. Il reste la crevette qu’on peut trouver au Visserskaai et au marché aux poissons Vistrap… Où plus simplement en croquette dans l’un des nombreux restaurants. Sans oublier les moules!

Ostende, c’est aussi la porte de l’Angleterre. C’est à Ostende que j’ai pris mon premier bateau pour me rendre en Ramsgate, puis Londres… Malgré le tunnel sous la Manche, un service existe toujours!

Ostend: The Beach

Un port, c’est aussi une fenêtre sur le monde… Ville de passage, elle a inspiré les artistes. Le peintre James Ensor, pour commencer, pour cette fameuse lumière et ses masques… Marvin Gaye, venu s’y isoler en Europe, Londres étant encore trop pleine de tentations. Il traversa la Mer et y resta presque deux ans. La ville va enfin rendre hommage à ce grand de la soul en inaugurant une ballade numérique cet automne. Et qui eut le privilège de cuisiner pour l’artiste? Arno. Gloire nationale belge…

D’ailleurs, je vous laisse avec un petit morceau de circonstance…

ARNO : Les filles du bord de mer – MYTARATATA.COM
TARATATA N°35 (Tour. 07/12/94 – Dif. 08/01/94)

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