De Corinne Stoppelli le 1. avril 2011 um 9.36  
Catégories: Récits de voyage, Thaïlande

850 kilomètres au compteur plus tard, après avoir séjourné à Uttaradit et Loei (délicieuse, en passant), nous atteignons notre halte majeure: Udon Thani. Elle nous servira de base pour aller nous perdre dans l’Issan profond, plus tard.

Au soir, le night bazaar nous offre mille délices: on mange pour quatre. Et puis, on décide d’aller prendre un verre mais on ne rentrera pas trop tard, car le lendemain, Hanna doit se rendre à Vientiane, à la frontière laotienne, pour renouveler son visa thaïlandais.
J’appelle une fille originaire d’Udon Thani pour qu’elle nous recommande quelques lieux où sortir. Elle nous désigne un bar nommé Mr. Tong: il y a toujours du monde là-bas, c’est très en vogue. Et ça tombe bien, c’est juste à côté de notre hôtel.

Dîner dans le marché d'Udon Thani

Sur le chemin, moult hommes blancs âgés, plutôt bien accompagnés… et cet endroit qui s’appelle Nutty Park avec un logo assez évocateur: un rond avec une flamme tout autour. Hanna veut aller voir, histoire de savoir. Je ne connais déjà que trop bien, je suis un peu mal à l’aise. Les filles nous interpellent: j’imagine qu’elles préféreraient notre pourboire au leur.
Cinq minutes plus tard on est déjà dehors et on atteint le fameux bar qui nous a été recommandé. Ce n’est pas beaucoup mieux. Là ce sont de jeunes mâles à la peau blanche, tout aussi bien accompagnés. La place est littéralement bondée et les jeunes thaïlandaises se trémoussent et se frottent de façon surfaite. Pas pour nous non plus.

À l'entrée du Nutty Park

On erre longuement dans la ville pour atterrir dans un bar thaï, où l’on passe du foot (on aime mieux ces boules là, finalement). Allez, c’est parti pour une bière.

Je repère tout de suite un charmant jeune homme derrière le bar, qui me repère à son tour. Pas difficile en même temps, nous sommes les seules blanches dans le coin. Toutes les serveuses viennent à tour de rôle à notre table, échanger quelques mots, quelques compliments, et trinquer: on se sent un peu comme une attraction.

Quelques bières et quelques heures plus tard, les gens de la table d’à côté entament la conversation. Le serveur essaie un sourire timide, auquel je réponds à peine. Je suis un peu mal à l’aise, après le spectacle de ce soir, de me retrouver dans la position de la blanche qui regarde le thaïlandais. L’ami de la table d’à côté brise la glace: il appelle le serveur, qui est apparemment son frère, lui prend son portable et me le tend.
‘Mon frère, Jok, t’aime bien, tu veux bien lui donner ton numéro?’ Le garçon, témoin, est tout confus. Il sourit et s’éclipse. Et moi je pianote mon numéro, pourquoi pas?

Tout le monde s’exclame et trinque avec moi, ravi. Jok récupère son téléphone les yeux au sol avec un sourire au coin des lèvres et retourne au bar. Cinq minutes plus tard j’ai un appel. Il n’osera pas aller plus loin ce soir, mais j’ai aussi son numéro désormais.

On rentre à notre hôtel et à 6 heures, Hanna prend son scooter en direction de Nong Khai, où elle passera la frontière en bus pour atteindre Vientiane et effectuer ses démarches administratives. Cela prendra deux jours: me voilà seule aux mains d’Udon Thani… enfin, plus vraiment.

À suivre…

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