De Corinne Stoppelli le 5. avril 2011 um 9.04  
Catégories: Récits de voyage, Thaïlande

Le lendemain matin très tôt, Hanna prend sa route. Je récupère un peu plus longtemps de la soirée, me prépare tranquillement et pars en quête de mon petit-déjeuner. J’ai envie de quelque chose de sucré que les marchés surabondants ne sauront pas m’offrir: les thaïlandais déjeunent salé.

Je m’arrête au Wawee Coffee du coin: c’est un peu le Starbucks de Thaïlande, ce sera parfait. Je me fais servir un délicieux café et une tarte au chocolat. Après quoi je prends mon courage à deux mains et j’appelle Jok. Petit problème: il ne parle pas un mot d’anglais, et mon thaï reste très limité. On parvient tout de même à discuter pendant une trentaine de minutes.

Le Wawee Coffee

Mais j’ai du mal à me faire comprendre: j’aimerais passer l’après-midi avec lui. Un peu à bout de patience, j’appelle le serveur du Wawee à l’aide: adopté aux Pays-Bas, il parle très bien le thaï et l’anglais, entre autres langues. Un sourire complice aux lèvres, il se plie au jeu et me fixe un rendez-vous. Il va arriver dans une heure. Je trépigne. ‘Serais-tu tombée amoureuse?’ Je ne peux pas en dire autant… ‘Mais il te plaît, n’est-ce pas?’ Evidemment!

Tout le café est en tension avec moi et s’émeut d’héberger cette romance fortuite et colorée.

Malheureusement, une heure plus tard, pas de trace de Jok. Un peu en colère, je me reprends rapidement: c’est très thaï de ne pas se pointer ou de se faire attendre… et puis, l’enjeu n’est pas très grand: on ne se connaît même pas. Je ne vais pas attendre pour un garçon plus longtemps. Je pars en balade dans les très beaux parcs de la ville, Nong Bua et Prajak.

Balade dans le Nong Bua Park

Vers 20 heures, je reçois un message en anglais, le frère de Jok assure, appremment, les traductions. ‘Pourquoi ne viens-tu pas? Tu me manques. Est-ce que je te manque?’ Je réponds que j’ai envie de le voir, et lui demande de m’appeler quand il aura terminé son travail.

À 3 heures du matin, le téléphone sonne et je réceptionne. On se donne rendez-vous: il vient me chercher et m’emmène à son bar, où ses amis et collaborateurs dînent et boivent dans une ambiance bon enfant. Il me présente à tout le monde, me fait une place à la table et s’éclipse pour terminer le travail.

Tout le monde parle bien l’anglais et me pose mille questions: je m’amuse bien, mais où est le charmant Jok? De temps en temps, il vient s’asseoir à côté de moi, toujours aussi timide, son épaule et sa cuisse légèrement contre les miennes: on se donne mutuellement à boire, à la façon des couples thaïlandais.

Vers 5 heures, tout le monde s’en va: qui saoul, qui fatigué. Le frère de Jok me demande de prendre soin de lui. C’est plutôt Jok qui prendra soin de moi: il me raccompagne à mon hôtel. On se souhaite bonne nuit discrètement et il repart. On s’est à peine regardés de la soirée pour des raisons bien différentes, mais le résultat est le même: rien.

Une fleur dans le Nong Bua Park

Le lendemain, je me félicite que ça n’ait pas été plus loin. Je vais quitter la ville dès que Hanna sera de retour, et ce garçon avait l’air adorable et doux. Pas la peine de briser deux coeurs en passant des vitesses inutiles… sans parler de la barrière linguistique. Apparemment, de l’autre côté, c’est le même sentiment: la communication cessera là.

Maintenant, me voilà vraiment seule aux mains d’Udon Thani, à nouveau… Mais plus pour très longtemps.

À la nuit tombée, j’appelle Hanna pour savoir si tout va bien. Quelle surprise lorsqu’elle m’annonce qu’elle est hospitalisée à Nong Khai!

J’enfourche mon vaillant et fidèle scooter et trace les 55 kilomètres qui nous séparent.

À suivre…

Recommander