À Nong Khai, je trouve facilement l’hôpital. L’établissement est un labyrinthe, par contre, mais je me fraie tout de même un chemin vers la chambre où se trouve Hanna. Elle m’accueille le sourire aux lèvres, malgré tout.
Il a plu dans le nord, la route était glissante, et elle a freiné d’un coup sec pour s’arrêter à un feu rouge qu’elle a perçu un peu trop tard. Personne d’autre n’a été impliqué dans l’accident, heureusement.
On s’apprête à la déplacer dans la chambre opératoire, mais on ne sait pas trop pourquoi. Peut-être pour lui remettre l’épaule en place, en raison de l’os brisé, ou peut-être pour autre chose. On ne s’inquiète pas vraiment, c’est un peu toujours comme ça en Thaïlande: c’est le résultat qui compte.
Deux heures plus tard, elle est déjà à nouveau dans son lit et semble avoir bien récupéré de sa narcose. Je la laisse à contre-coeur pour regagner Udon Thani, et récupérer nos affaires, histoire de les amener à Nong Khai et passer les prochains jours à son chevet.
La température a chuté de vingt degrés, après l’orage, on n’avait pas prévu cette anormalité.
Le lendemain, je regagne Nong Khai avec trois couches d’habits supplémentaires sur moi. On a bien pris soin d’Hanna à l’hôpital et elle est prête à sortir. La douleur est forte cependant, et le moral pas au plus haut.
Je trouve une jolie guesthouse à quelques pas de l’hôpital: ce sera parfait pour quelques jours de convalescence. Mutmee est posée sur la rive thaïlandaise du Mékong, dans un cadre absolument idyllique. La chambre est magnifique et confortable et on nous fournit en couvertures supplémentaires, nécessaires.
Sur la terrasse, on chauffe de petits foyers de charbon autour desquels tous les invités se tassent. Hanna et moi on se remémore quelques aventures marquantes de notre parcours jusqu’à Nong Khai, presque 1’000 kilomètres, tout de même!
Episode marquant: la traversée d’un petit coin perdu, où le village tout entier semblait sortir d’un temple, en danse, presque en transe. Vieillards, enfants, ladyboys… tout le monde en danse, en joie et en couleurs. On nous laisse à peine traverser, on nous coule de la bière, dont on nous abreuve à même le véhicule. On nous touche les mains, les bras, on essaie de nous retenir, on nous prend en photo…
À Nong Khai, rien de tout cela. La guesthouse est peuplée de touristes, et le personnel n’est pas thaïlandais: beaucoup de personnes âgées, des routards pour la plupart, qui se racontent leurs expériences. Le cadre est calme, on dirait une bulle au milieu de la tempête.
On s’éclipse donc quelques jours à l’intérieur et on oublie la pluie et le froid comme on peut jusqu’à ce que vienne le temps de repartir.
On envoie le scooter de Hanna par la poste, à Chiang Mai. Gros colis! Elle prendra le bus le lendemain, quant à moi, je me remets sur la route, seule.
À suivre…










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[...] Cet article a été initialement publié sur le blog de voyage ebookers.ch (voir l’original). [...]