De Corinne Stoppelli le 14. avril 2011 um 10.50  
Catégories: Récits de voyage, Thaïlande

Après Sakon Nakhon et ma rencontre avec Mister Tum, je roule, je roule, je roule… Jusqu’à Khon Kaen où je m’arrête pour la nuit. Un tour au night bazaar, où je déguste le meilleur Yam Woon Sen (salade de nouilles épicée) qu’il m’ait été donné de goûter, un peu de shopping pour me détendre, et au lit.

Le lendemain, il me faut aligner 370 kilomètres de plus pour atteindre Phitsanulok. Je suis encore plus épuisée qu’avant, je n’avais jamais roulé autant en une journée. Sur le chemin, c’est l’évasion. Autour de Lom Sak, la région regorge de parcs nationaux: je m’en rince les yeux.

Je me fraie un chemin entre les panneaux ‘attention, traversée d’éléphants’, au milieu de ce qui semble être nulle part… et là, le scooter ralentit, s’arrête: panne sèche! Je descends et je commence à pousser.
Pas pour longtemps! Deux dames d’un certain âge s’arrêtent pour m’aider, et 5 minutes plus tard, un vaillant jeune homme qui passait par là me propose de me fournir en essence: ‘Attends-moi là, je reviens’! Et le voilà avec deux bouteilles de liqueur pleines du précieux liquide.

Un café au milieu de nulle part

Je lui tends 100 bahts, mais il refuse ‘je veux juste t’aider!’ j’insiste, mais pas possible. Je reprends ma route vers Phitsanulok. Le soleil se couche lentement sur les rondes collines: 1’000 kilomètres, juste pour cette vue là, je peux garantir que ça en vaut la peine. Emue, j’atteins la ville à la nuit tombée. Sur le chemin, mille papillons de nuit sont venus s’écraser sur mes lunettes et mes habits: plus désagréables que la pluie.

Je ne vais pas pouvoir profiter de mon séjour à Phitsanulok. Je dois être de retour le 25, malheureusement. Mais un petit tour de nuit me confirme qu’elle est magnifique: j’y reviendrai, un jour. Un bon geng kiaow wooan (curry vert) au bord de la rivière Nan et hop, au lit.

Le lendemain, on fera court: 50 kilomètres vers Sukhothai, la capitale historique de Thaïlande. Je vais m’y reposer avant les dernières 320 bornes qui me séparent de ma maison temporaire, à Chiang Mai.
Je ne trouverai pas l’énergie d’aller visiter: les bouddhas feront sans moi. Je prends un repas rapide et je m’affale sur la terrasse de ma guesthouse, où tous les voyageurs sont plongés dans leurs activités digitales: je me sens un peu seule.

Le lendemain, je me hâte vers ma destination finale, de la musique plein les oreilles. C’est encore un peu le désert, sur la route… je risque une autre panne sèche, mais je rencontre juste à temps ce couple de vieillards assis entre leurs bouteilles d’essence.

Peu après, plusieurs panneaux ‘fresh coffee’ attirent mon attention, près de Den Chai. Il s’agit d’artisans du bois qui apparemment arrondissent leurs fins de mois grâce aux routiers en manque d’énergie. Je prends un espresso en compagnie d’une petite famille dont le père, enthousiaste, me propose d’essayer sa dernière création: une impressionnante chaise à bascule en bois massif.

Une chaise à bascule en bois massif, près de Den Chai

Et puis, c’est la dernière ligne droite. Les bornes kilométriques m’accompagnent et je trépide… 80, 70, 30…
Chiang Mai! De retour à la maison, enfin.

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