De Corinne Stoppelli le 21. juin 2011 um 19.27  
Catégories: Chine, Récits de voyage

J’ai finalement réussi à me nourrir. Mais quand même, ça n’a pas été simple. Mine de rien, ils sont peu nombreux, les marchands qui peuvent s’offrir un menu en couleurs, avec des photos. J’aurais pu y penser aussi… mais soit.

Au supermarché chinois.

Au supermarché chinois.

De retour à la guesthouse, je rencontre un nouvel arrivant, un professeur chinois qui parle l’anglais. Excellent, je vais pouvoir sortir de mon mutisme… et les chinois aussi! Je prends une bière avec l’équipe, et il assure la traduction pour tout le monde. C’est sept personnes contre une!

Ils me proposent de dîner avec eux, le soir. C’est 10 yuan pour le repas. Et non, il n’y aura pas moyen de savoir ce que je vais manger, mais peu importe, je vais goûter au vrai du vrai… y compris au ‘tofu puant’ (on a vraiment l’impression de manger à côté d’un champ fraîchement fermenté, mais le goût est appréciable).

Dîner chinois

Le dîner à 10 yuan, ou comment plonger dans les délices chinoises authentiques à peu de frais

Et puis je m’attarde avec eux, à la table. Je n’ai pas grand chose d’autre à faire, après tout. Ils entament une bière locale, accompagnée de cacahuètes faisant trempette dans un bon vinaigre, à picorer du bout des baguettes (pas si facile!). Ils m’offrent de leur précieuse boisson… me servent, me re-servent, et me servent encore. Ils veulent voir jusqu’où je peux aller! Et ils sont impressionnés… et pompette, d’avoir tenté de me suivre. Il paraît qu’il y a une histoire de gènes asiatiques dans l’air. Légende ou pas?

Et je passe ma soirée là, à les regarder se parler, me sourire, construire quelques phrases en anglais, répondre de la façon la plus simple possible, et contre toute attente, ça me plaît. On la casse, la barrière linguistique. Je me sens bien et eux aussi. Ils m’invitent au petit-déjeuner le lendemain, et puis au barbecue, et encore une fois au dîner (avec des plats tout différents!). Et puis les bières, encore!

Le lendemain soir, un couple s’invite à la guesthouse pour de courtes vacances dans le calme d’Hangzhou. Lui, il est américain, professeur d’anglais en Chine, elle, elle est d’ici. Ils se sont vus, se sont plu, et ils ont décidé d’apprendre ensemble la langue de l’un et de l’autre — et ça a fonctionné!

thé oolong

L'infusion compliquée du thé Oolong.

Il y a aussi un ami chinois de la manager, qui nous fait goûter à la tradition du thé Oolong. Il installe, entre les bières, un set à thé qui ressemble à une petite dînette, mais en plus raffiné. Il nous fait sentir le précieux herbage, qui n’infusera pas plus de 7 minutes, et pas plus de 7 fois.
Une fois le temps écoulé, il verse le contenu dans un bol, avant de le répartir entre les hôtes. S’il servait les hôtes l’un après l’autre, le dernier recevrait un thé trop infusé.
Intriguée par cette minutie, je pose mes lèvre sur la minuscule coupelle qui fait office de tasse. Délicieux!

On change mon nom, ce soir-là. L’original? Trop compliqué. Je m’appelle désormais quelque chose qui ressemble à joie, ou bonheur. Mais si je le prononce mal, ça devient peau de canard (pas très glamour, mais je ne m’y attarde pas).

Nom chinois

Mon nom en chinois - on a même pris patiemment le temps de m'apprendre à l'écrire

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