De Corinne Stoppelli le 4. juillet 2011 um 9.23  
Catégories: Chine, Récits de voyage

Le lendemain, j’ai une mission: me procurer une carte SIM avec 3G pour mon portable (pour les non-technophiles: une puce téléphonique pour mon iPhone, qui me permettra de surfer, aussi bien que d’appeler).

Suzhou temple

Petite mission qui m’emmènera loin au coeur de Hangzhou

J’essaie d’expliquer à la manager de la guesthouse via Google Translate (pas très clair), puis en démontant l’objet (compris!). Elle appelle un jeune homme à la rescousse, qui me tend une carte de visite.

C’est tout en chinois (pour changer). Si ça se trouve, ils n’ont rien compris.
La manager m’écrit le nom d’un arrêt de bus, sur un bout de papier (toujours en chinois): « montre-le au conducteur ».

Quand mon numéro de bus se pointe, c’est le stress! Les Chinois, en général, ils poussent pour rentrer avant même que quiconque ait pu aspirer à descendre.

Et le pire, c’est qu’il faut que je paie un montant inconnu au conducteur (c’est-à-dire, au beau milieu du remue-ménage). Il démarre le bus en trombe, au milieu de la cohue de gens pas encore organisés, qui s’accrochent là où ils peuvent avant même que j’aie pu prononcer un ‘euh‘ confus.

Je dois apparemment glisser la monnaie dans sa machine. J’essaie de lui faire comprendre que je ne sais pas combien. Il m’indique, d’un geste étrange, le nombre trois (non, on ne compte pas de la même manière en Chine). Manquant m’étaler au sol sous l’oeil ahuri des Chinois à chaque virage, je finis par remplir ma première mission.

Le conducteur me dépose au bon endroit: loin du calme bucolique des alentours du lac. C’est un centre bourdonnant, qui donne un peu le vertige (surtout quand on n’y comprend rien). Je ne sais pas où aller. J’essaie de montrer la carte de visite à plusieurs passants, mais ils prennent des airs effrayés, voire offusqués. Ils font un pas brusque de côté si je les aborde et gesticulent à mon égard comme s’ils venaient d’apercevoir un fantôme.

Finalement, un homme courageux (j’imagine que l’uniforme aide) m’indique une bâtisse, à quelques mètres. Et là… il s’agit un centre commercial spécialisé dans l’électronique, mais dans la forme, ça ressemble plutôt à un marché au poisson.

Me voilà à chercher une carte SIM avec un petit dessin de carte SIM, parce que, tête en l’air, je n’ai pas trouvé d’objet pointu pour extraire celle que j’aurais pu montrer en exemple.

Au bout de trente minutes de délibérations muettes, la demoiselle, que j’avais interpellé au hasard, pousse un cri de victoire et me fait signe d’attendre.
Elle m’apporte une panoplie de cartes mémoire, avec un sourire jusqu’aux oreilles. Je commence à douter de mes talents artistiques: j’aurais dû m’appliquer un peu plus en cours de dessin d’observation.
Elle persiste, cependant, elle veut absolument aider… admirable! Elle finit par m’emmener à un stand de télécom. Serais-je au bout de mes peines?

Je montre mon dessin, et j’écris un gros 3G à côté. Des sourcils se haussent. Mais on a une solution: on me ramène un jeune homme qui parle l’anglais! (je peux le garder? … non? zut.)
Seulement voilà, on veut me vendre une solution bien trop chère. Je n’ai pas besoin de plan téléphonique pour un an, messieurs, je ne suis là que pour deux semaines.
Le vendeur fait la tête. On dirait un enfant de quatre ans qui n’a pas eu droit à sa crème glacée.

Je m’excuse et je repars, la queue entre les jambes, vers l’arrêt de bus, dont je tenterai en vain de déchiffrer les horaires.
J’aurais peut-être dû demander le chemin de retour aussi, à la guesthouse…

Après une heure, je saute, désespérée, dans un taxi.
Avec la carte de visite (chinoise) de la guesthouse à la main, pas de soucis, on arrive toujours à bon port.

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