Les jours se suivent paisiblement sur l’île de Siquijor. Je n’ai pas de plan, je veux juste me la couler douce pour le moment. L’endroit est tranquille, on est hors saison touristique. Du coup, je passe mon trop-plein de vacances (ah, les coupures de courant) à faire causette avec l’équipe philippine de mon resort.
De six heures du matin, à dix heures du soir (l’extinction des feux artificiels), Raoul, Eden et Emylou me racontent leur quotidien sur la plage de Sandugan: belles rencontres, expériences étranges, routine mais aussi quiétude, voire placidité.
Ils sont tous contents de travailler là, car même si le salaire n’est pas celui des européens, ils ont de quoi vivre en sécurité, et surtout, d’aider leurs amis dans le besoin… Parce qu’un ami, c’est le plus beau des trésors, comme le mentionne un aimant coloré sur le frigo du bar.
Après quelques jours de semi-solitude (parce qu’il faut quand même les laisser travailler, ces jeunes), les touristes commencent à affluer: la plupart sont des philippins de Manille, un peu plus fortunés que la moyenne. Ils viennent plonger. Mais il y a aussi toute une série de voyageurs à plein temps, comme moi, qui se fichent pas mal de la saison.
Les balades et sorties s’organisent. On va déguster un sizzling sisig (oreille et museau de porc sur ardoise) à Larena, le port de Siquijor. On s’enfuit en scooter, on improvise des barbecues à base de poisson tout juste pêché (notamment, le délicieux vivaneau rouge). Entre rires et pneus crevés, on s’attache les uns aux autres, locaux comme voyageurs.
Raoul m’emmène visiter l’île, sur son scooter: on peut en faire le tour en juste une journée. Au menu: églises rustiques, chutes d’eau paradisiaques, papillons de toutes les formes et couleurs…
Et une belle introduction au snorkeling. Moi qui étais tétanisée par l’eau profonde, j’ai trouvé un maître en la matière: aussitôt dans l’eau, le spectacle est tant exceptionnel que j’en oublie toute crainte. J’ai du mal à envisager qu’il puisse y avoir quelque part au monde un endroit plus beau que celui-ci. Raoul pointe du doigt toutes ces créatures formidables que mon oeil novice et excité n’aurait pu déceler.
Sur la plage de Sandugan, l’ambiance finit par se faire un peu lourde: deux garçons semblent s’être un peu trop entichés de moi. Je n’ai pas vraiment envie de me préoccuper de cela pour le moment… Et puis, une jeune danoise sympathique s’apprête à partir pour Dumaguete, la ville portuaire.
Je plie bagage immédiatement. Une aventure différente m’attend avec cette nouvelle compagne de route joviale.
Cela faisait dix jours que je traînais mes pieds nus sur le sable blanc, après tout, il était temps de passer à autre chose.










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Superbes photos, tellement dépaysantes…