De Mélissa Monaco le 6. septembre 2011 um 11.18  
Catégories: Italie, Récits de voyage

Il y a quelques semaines, je vous parlais des Abruzzes et suivais mes propres recommandations : prendre le train de Pescara à Rome et m’arrêter à Sulmona. Nichée dans le centre des Apennins, adossée au massif du Morrone, cela fait longtemps que cette cité, aperçue depuis la fenêtre d’un train il y a huit ans, m’avait donné envie de la visiter.

Première chose à savoir: la gare n’a pas de consigne! Comme je prenais le train pour attraper l’avion du retour à Rome, je me retrouvais avec sac et valise. Comme souvent en Italie hors des grandes villes, la gare n’est pas à côté du centre-ville.

Pas de problème, un ticket de bus à 0 ,90€ vous emmène dans le centre… Le chauffeur m’invite à descendre une fois arrivée. Depuis la fenêtre du bus, j’ai remarqué l’office du tourisme, arrêt obligatoire vu que je n’ai que quelques heures à passer ici et que je ne sais presque rien de la ville.

Gentiment, les employées du bureau m’offrent de laisser mes bagages sous leur garde. Génial! Munie de leurs conseils, d’une carte et d’une brochure, je me lance.

La première chose que je remarque, ce sont les vélos. Dans une ville aux rues assez étroites, le meilleur moyen de locomotion reste la bicyclette. Je suis surprise quand même par le nombre de cyclistes!

Tout à côté, je rencontre le personnage-phare de Sulmona: Ovide, le grand poète romain. Je n’ai pas trop le temps de réfléchir sur ses écrits (lui par contre restera pensif tant que durera sa statue) car une douce odeur vient me chatouiller agréablement les narines… Une odeur de sucre et d’amandes qui me guide vers une boutique pastel un peu en retrait sur la place: Rapone. Un petit paradis kitsch dédiés aux « confetti », les dragées, la spécialité culinaire de Sulmona, et qui n’ont rien à voir avec les ovales que l’on distribue aux baptêmes et aux mariages!

Dans un intérieur en bois, les tiroirs sont remplis de petites boules aux diverses saveurs: cerise, truffés, sambucca, rhum raisin, orange, citron, noisette… Le tout baignant dans un parfum de confiserie entêtant! Et apparemment, mon nez ne m’a pas trahi: sur les murs, des photos de clients célèbres dont George Clooney qui figure au nombre. Ma petite boîte au bout du bras, je m’arrache à regret de ce piège à gourmands.

Je continue le long du Corso Ovidio. Celui-ci est bordé de magasins logés dans de vieilles demeures. Je suis sous le charme! Un coup de foudre. A côté de l’aqueduc médiéval, la large Piazza Garibaldi accueille le marché, avec la montagne comme toile de fond et du côté du Corso, le portique presque intact d’une église… mais sans bâtiment derrière!

Le ciel est d’un bleu pur que pas un nuage ne vient troubler et pourtant, j’imagine ce à quoi cela pourrait ressembler en hiver, avec la neige. Cela doit être féérique! Une façade rose attire mon attention; c’est celle du complexe monastique de Santa Chiara. Je m’y engage. A l’intérieur se cache une cour et une rue, une arcade. Tout un petit monde intérieur! C’est à présent un centre culturel qui regroupe différents musées, dont celui d’arts sacrés et d’art moderne.

Ce sera la première des églises que je visite. Italie oblige, celles-ci sont les principaux monuments à visiter. Je décide de me perdre dans les rues tout en gardant comme repère le Campanile de Santa Maria della Tomba.

J’y arrive finalement et découvre une église tout à fait inhabituelle. Son style semble bel et bien gothique (et on peut y voir des restes de fresques anciennes) mais ce qui fait sa particularité, c’est la toiture en bois, un peu comme un chalet. Je retrace mes pas vers l’aqueduc… Une petite rue, un peu cachée sur le côté, le Vico del Vecchio, attire mon attention. Dans cette ruelle, une rangée de maisons minuscules. J’ai l’impression de découvrir un petit secret!

Une autre boutique attire à nouveau mon attention. Le minuscule « Il Bocconcino », une petite épicerie remplie à ras bord de bonnes choses: la charcuterie et les fromages surtout mais aussi des pâtes, des sauces, des champignons et bien entendu, du safran. Je ne repartirais pas sans un sachet, ni un saucisson (qu’on peut emporter sous vide)!

On ne peut louper le complexe de l’Annunziata. Plus qu’une cathédrale, c’est tout un ensemble religieux de style Renaissance qui fait la fierté de la ville. Malheureusement pour moi, son bel intérieur et ses plafonds peints ne pourront être vu dans leur entièreté : la cathédrale est en cours de rénovation. Pas de chance…

Je décide donc de me perdre dans quelques petites rues, entre ombre et lumière. Je tombe sur des jardins, des cours intérieures, des restaurants… Je continuerai bien à m’égarer mais voilà que je tombe sur le Viale Roosevelt, une longue avenue double au milieu de laquelle se trouve un grand parc. En ce beau vendredi, les promeneurs viennent y chercher un peu de fraîcheur, et ceux qui ont envie de lire, un peu de paix. Ou de visiter la Cathédrale San Panfillo.


J’aurais bien envie de traîner, d’ouvrir mon Italo Calvino et de bouquiner à l’ombre d’un pin! Malheureusement, l’Office du tourisme va fermer et mon train part bientôt. J’aurai juste le temps de boire un verre devant l’Annunziata, en regardant les passants…

Je quitte Sulmona avec un goût de trop peu et le parfum des confettis sortant du sac à chaque mouvement.

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