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Berlin, where else?
Catégories: Allemagne, Conseils, Récits de voyage
Ah apprendre l’allemand, le cauchemar de bien des Suisses Romands! Mais il arrive parfois que l’on rencontre des jeunes étudiants qui vont en Allemagne juste pour le plaisir de parfaire leurs connaissances linguistiques. Si, si, ça existe! J’ai rencontré m1k24, jeune étudiante de Neuchâtel qui revenait d’un séjour d’un mois à Berlin. J’ai voulu en savoir plus.
Tu reviens de Berlin où tu as passé un mois. Pourquoi avoir choisi Berlin?
Le choix s’est fait assez rapidement. Je voulais perfectionner mon allemand, si possible en Allemagne, et au départ, j’ai simplement été attirée par la capitale. Quitte à apprendre l’allemand, autant ne pas le faire dans un bled entre deux poules et trois cochons. Berlin a aussi très bonne réputation auprès des jeunes depuis quelques années. On m’en a toujours parlé comme une ville dynamique, où il y a toujours quelque chose à faire, l’endroit rêvé pour faire la fête.
Etais-tu étudiante dans une école?
J’étais étudiante en part-time à Prolog, une école de langue. Même si je ne suis pas fan de ce genre d’endroit, ça me paraissait la solution la plus simple pour me mettre à la page niveau langue. J’ai choisi les cours part-time (mi-journée), principalement à cause de la saison (j’y allais en été). Il y a énormément de choses à faire à Berlin, quand il fait beau d’autant plus, du coup je n’avais pas spécialement envie de passer mes journées entières dans une salle de classe. Les cours duraient de 10h à 13h, horaires plus que respectables. L’école était relativement sympathique. Beaucoup d’étudiants suisses, forcément, mais pas que. Le contenu des cours était honorable, les professeurs sympas, et même si on n’y apprend pas forcément tout ce qu’on devrait/pourrait, c’est le meilleur moyen pour se créer un petit cercle de fréquentations.
Où habitais-tu? Etait-ce difficile de trouver à se loger?
J’ai préféré réserver mon logement depuis la Suisse par le biais de l’agence ESL pour être sûre de ne pas me retrouver à la rue dès le premier soir. Et puis je ne restais qu’un mois à Berlin, il ne me semblait pas vraiment nécessaire de me lancer sur place dans une course au logement, vu que le séjour était relativement court. J’ai choisi la formule « appartement partagé », qui consiste à se faire héberger par un(e) allemand(e), généralement une personne habitant seule. J’ai été hébergée par Vera, une sympathique célibataire cinquantenaire allemande, dans le quartier de Schöneberg, à cinq minutes en bus de l’école. J’avais une chambre à disposition, et pouvais utiliser la cuisine pour me faire à manger. J’ai préféré cette formule à une autre avec demi-pension et repas compris pour plus d’indépendance. Le quartier n’était pas forcément le plus animé, mais on se déplace facilement à Berlin.
Comment était le contact avec les Allemands? As-tu pu rencontrer des Allemands ou étais-tu surtout en contact avec d’autres étudiants?
C’est toujours plus facile de rentrer en contact avec un inconnu lorsque l’on est à l’étranger que chez soi. Allez savoir pourquoi… A Berlin, le contact est assez facile. On entre facilement en discussion avec des gens, dans un bar, dans le métro. Avec toujours les mêmes questions, tu viens d’où, tu es là depuis combien de temps, jusqu’à quand? Mais c’est vrai qu’hormis ma logeuse, je n’ai pas rencontré beaucoup d’allemands. La raison est sans doute assez simple. Il y a énormément d’étudiants et de touristes à Berlin (les Berlinois iront même jusqu’à dire « trop »), et on a facilement tendance à rester entre nous, dans le petit groupe que l’on s’est créé, toutes nationalités confondues. Il y a aussi là une question de barrière de langue. Des étudiants qui apprennent l’allemand parlent du même coup lentement et maladroitement, si bien que des germanophones peuvent être rapidement ennuyés de cela.
Venant d’une petite ville suisse, qu’est-ce qui t’a frappé le plus en arrivant à Berlin?
C’est grand!
Forcément, la taille de la ville change un peu des endroits que l’on a en Suisse. Mais je suis assez preneuse du style grande ville, métro, animation. Berlin m’a fait penser à Londres, c’est un peu le même genre de ville, niveau atmosphère.
Ce qui m’a surpris, c’est le côté un peu destroy de la ville qui est encore très marquée par le fantôme de la 2e guerre, du mur. Ce côté se retrouve beaucoup dans le style des gens. Le côté punk, grunge est assez tendance là-bas, contrairement au côté tout propre et bien lisse de la Suisse. Pareil pour sortir en boîte, mieux vaut avoir les cheveux rouges et rasés pour rentrer en club, qu’une chemise ou des talons. Le coût de la vie aussi m’a fait un choc niveau nourriture. Surtout en revenant en Suisse, où tout était soudain terriblement cher. Là-bas, on mange pour deux ou trois €, et bien encore! Et je suis obligée de mentionner le nombre juste incroyable de restos kebab qu’on trouve là-bas, probablement un shop sur trois.
L’offre culturelle pour les jeunes est impressionnante à Berlin. As-tu pu en profiter?
J’en ai bien sûr profité! Mais j’ai quand même la sensation de n’avoir profité que d’une infime part de tout ce que la ville propose. Berlin est idéale pour tous les fans d’histoire, les passionnés de la seconde guerre. Il y a aussi une foule impressionnante de musées, accessibles pour toutes les bourses, car en tant qu’étudiant on bénéficie de rabais très intéressants. Mais la ville en soi est un grand musée, et il y a aussi plein d’endroits où l’on peut s’instruire gratuitement. Niveau musique, il y en a aussi pour tous les goûts. Du festival de musique classique en dehors de la ville, au boui-boui jazzy, de la boîte minimale au club à touristes bon marché…
Quelles sont tes bonnes adresses, tes trouvailles?
En première position dans mes bonnes adresses : le Trésor. C’est un club berlinois qui existe depuis très longtemps, et qui est pas mal réputé. Il a même été le club de la ville, avant d’être récemment détrôné par le Berghain. Mais c’est l’endroit où il faut aller si l’on aime écouter du son électro non commercial s’il vous plaît (plutôt minimal, qui tape pas mal). L’ambiance est assez dark, il y a en général deux salles, avec une ambiance industrielle, le club est dans une ancienne usine. L’entrée n’est pas trop chère, et on y rentre facilement.
Le seul désavantage de Berlin : quand on sort, il faut savoir où on va. Rien de pire que se retrouver perdus dans la ville, en pleine nuit, à essayer de déplier/lire une carte à la lumière d’un arrêt de bus pour se repérer. Pas toujours facile quand on débarque. Du coup, pour les nouveaux, je recommanderais deux rues:
Quel conseil donnerais-tu à un étudiant qui voudrait aussi aller passer quelques mois à Berlin pour apprendre l’allemand?
Arf… De ne pas trop s’en faire. Le billet d’avion ne coûte pas trop cher, les auberges de jeunesse et la nourriture non plus. Si l’étudiant en question recherche une école, je lui conseille de se faire un petit comparatif avant de planifier son voyage, histoire de ne pas se tromper. Mais en général, ces écoles sont arrangeantes, on peut changer un part-time pour un full-time, ou réciproquement, il suffit de négocier. Réviser un peu d’allemand peut-être avant de partir! Quoique les gens peuvent aussi se débrouiller là-bas en anglais, c’est toujours une option.
Au niveau du logement, je recommanderais par contre pour un séjour de plusieurs mois de réserver dans un premier temps une chambre ou un appartement depuis la Suisse pour une courte durée. Et ensuite de chercher sur place, une coloc, une chambre ou autre. On en trouve facilement, et le prix sera sûrement plus avantageux.
Et si c’était à refaire?
Si c’était à refaire… Départ! Peut-être même plus longtemps, car un mois au final, c’est très très court.
Merci m1k24 pour ce témoignage qui encouragera certainement d’autres jeunes à partir à Berlin.
Crédit photo: © m1k24, tous droits réservés
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