De le 23. janvier 2012 um 6.32  
Catégories: Philippines, Récits de voyage

Pour économiser un peu sur mon vol vers Hong Kong, j’avais prévu une escale à Manille. L’heure et demie qu’aurait pu durer mon trajet s’est inexorablement allongée jusqu’à atteindre… les huit heures. Non satisfaite de cumuler tant de voyage, j’ai pris un vol qui a décollé au beau milieu de la nuit: 1:25 du matin.

Un lever de soleil à Taïwan

Si vous êtes en train de vous dire que je pouvais en profiter pour dormir… et bien non. Parce que les vols sur la compagnie philippine Cebu Pacific (qui est sur liste noire en passant, mais bon, je ne me suis jamais écrasée), sont bondés d’une foule placide qui avance sans engouement vers le comptoir à la dernière minute. Ben quoi, vous diront-ils, ça sert à quoi de prendre de l’avance? Et je suis d’accord avec eux. C’est pourquoi je me retrouve là, dans le hall, avec les 299 autres passagers de mon vol.

Quand je demande au steward de me désigner la file, ses yeux se plissent et son bras s’allonge dans un geste dramatique: là-bas! s’écrie-t-il. Il semble vouloir crier “Terre, mes amis! Terre!”.

Rien à faire si ce n’est contempler et se contenir, ma foi; je prends la pose de l’européenne blasée, affalée sur mon caddie, dans cette queue colorée mais surtout kilométrique (un serpent qui fait trois fois le tour des tous les comptoirs du terminal).

À Manille, ils ne vous rendent pas la tâche facile non plus. Les transferts sont auto-gérés (en gros, ça veut dire qu’il n’y en a pas et que vous pouvez refaire la queue). Sauf que l’aéroport de Manille, à 4:30 du matin, c’est la centrale des lève-tôt qui comptent bien profiter de leur vol extra low-cost; ceci, et les comptoirs qui hébergent toutes les destinations internationales confondues.

La file d'attente à l'aéroport de Taipei

Résultat, et bien vous refaites la queue. Sauf que cette fois, il y en a quatre de la longueur de la précédente. Les occidentaux prennent les paris sur celle qui ira le plus vite. Certains couples se séparent, l’un dans une file, l’une dans l’autre, pour gagner cinq ou dix minutes… sur les deux heures totales. Il y a dans l’air comme une odeur de désespoir, mais ça ne vient pas des Philippins: ils sont très calmes, eux, comme d’habitude.

Pour ma part, la pose blasée continue de courber son angle, je dois en être à 90°. Je me demande si le type derrière se rince l’oeil sur le bas de mon dos, mais je chasse l’idée en quelques secondes; qu’il profite s’il y tient, l’heure n’est pas aux convenances.

Mes oreilles enfin à l’abri du caquetage incessant du grand hall de l’aéroport de Manille, je réalise qu’il me reste environ une heure de repos avant l’embarquement vers Hong Kong.
Les voyageurs ici, n’ont pas peur de s’étaler au sol. Et c’est très bien parce que moi non plus. Je me pose dans un coin, et soudainement je me rappelle… de la queue pour l’immigration. En fait non, cette heure n’existera pas. C’est reparti pour un tour…

Un autre bout de ciel taïwanais

Finalement, la porte! L’avion! Cette fois je sors ma couverture et mon masque de sommeil, je me terre contre le hublot, et rien, pas même la voix probablement nasillarde du capitaine qui annoncera la température (frisquette) au sol, ne m’arrêtera dans ma quête de quelques heures de répit.

Résumé des courses

  • 3 queues philippines et ensoleillées, de 1h30, 2h15 et 45min
  • 2 trajets en avion trop courts pour dormir, de 2h10 et 2h00
  • 1 tentative de sieste au sol, façon locale, ratée (durée: 5min)
  • 2 délicieux donuts dévorés (grâce à l’absence de transfert!)
  • 13 heures de voyage en tout (de 21:30 à mon domicile, à 10:30 à Hong Kong)
  • 1 voyageur reconnu dans l’un des vols
  • Argent économisé: je sais plus, et honnêtement, je n’ai aucune envie de m’en rappeler.
  • Coût total de l’opération (sans les donuts): 85€

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