De le 27. mai 2012 um 8.57  
Catégories: Géorgie, Récits de voyage

Dans les mots immortels de Britney Spears: “Oops, I Did It Again!”. En battant le pavé défoncé de la vieille ville de Tbilissi, je réalise qu’une fois de plus, je voyage dans un pays où, il y a encore quelques mois, je n’aurai jamais pensé mettre les pieds. Enfin, je veux dire par là que la Géorgie n’était pas dans le top de mes destinations favorites.

Plus maintenant.

TbilisiIl fait chaud et je marche à l’ombre! Je me rends compte que je suis dans une des parties les plus anciennes de la ville, sur une petite colline qui descend graduellement vers le fleuve Koura qui découpe la ville en deux. Les vieilles demeures se succèdent, souvent très belles, souvent dans un état de ruines, rongées comme un fromage grignoté par une souris, comme décapées par la lèpre ou carrément explosées comme si une bombe leur était tombée dessus. Les tremblements de terre mais aussi les années de négligence du communisme, puis celles de misère et de conflits intérieurs qui ont miné l’indépendance, ne sont pas étrangères à ce délabrement. C’est triste, mais en même temps ça contribue à l’atmosphère si particulière de la vieille ville.

Tbilisi

Pas une maison qui n’ait son balcon: en fer forgé, en pierre ou en bois, qu’importe, pourvu qu’il y en ait un. Ils donnent tout son cachet à la ville… Première étape: La Place de la Liberté! Un point de référence qui deviendra crucial dans mon orientation et qui est un peu le centre non-officiel de la ville. Sur une colonne, un Saint-Georges doré chevauche fièrement un fougueux destrier et donne l’estocade au dragon… Et forcément le co-patron du pays avec Sainte-Nina, la civilisatrice, celle qui apporta le christianisme au Royaume de la Toison d’or.

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Pour le moment, je laisse la Place de la Liberté et m’engage sur Rustaveli, l’avenue la plus classe de la ville, celle où se trouvent les bâtiments publics les plus importants: le Parlement, différentes divisions du Musée National Géorgien, le Théâtre Rustaveli, l’Eglise Kashveli… Des bars et des restaurants la bordent, peut-être un peu trop bruyants à cause du trafic? En soi, rien de bien particulier pourtant. Cette avenue aux bâtiments classiques s’étire jusqu’à une belle place où se trouvent une station de métro et la Place de la Révolution des Roses, celle qui a mis l’actuel président Saakatchvili au pouvoir et qui marqua, du moins symboliquement, la coupure avec l’héritage communiste.

Sur le chemin, c’est une suite ininterrompues de travaux: les routes, immeubles, centre commerciaux, monuments… tout est en construction ou reconstruction. Tbilissi change de peau et bien entendu, pendant la mue immobilière, y’a de la poussière; il faut aussi être prête à l’affronter à Tbilissi!

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A partir de là, c’est assez facile de rejoindre le Mont Mtatsminda, du moins la moitié de la colline jusqu’à l’église Mamadaviti. Tout en haut, c’est la tour de la télé géorgienne qui surplombe toute la ville, le premier monument aperçu la nuit de mon arrivée. Impossible de la manquer alors qu’elle scintille comme un arbre de Noël! Je commence à monter… Je vais vite découvrir qu’à Tbilissi, il faut de bonnes jambes et du souffle! La ville est construite sur les collines qui entourent la rivière, les rues montent et descendent donc selon le relief. J’arrive enfin à l’église. Elle n’est pas particulièrement vieille mais de là-haut, la vue est superbe! A côté de l’église, c’est le Panthéon des écrivains géorgiens… De grands noms de la littérature, inconnus pour moi malheureusement, reposent sous des tombes monumentales, abrités sous les cyprès avec la capitale à leurs pieds pour l’éternité. Leur repos est à peine troublé par une famille sortant de l’église à l’issue d’un baptême. Après tout, les pas des popes orthodoxes semblent bien légers!

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Le soir commence à tomber… En me baladant sans carte, je finis par rejoindre le pont Metekhi et passer de l’autre côté de la rivière. Les nuages sont presque tous partis et l’eau prend la couleur du ciel. Parallèle au vieux pont, il y a l’un des symboles du nouveau Tbilissi, le Bridge of Peace, un grand pont piétonnier en verre qui ressemble à un animal marin et dont les milliers de LEDs forment des vagues lumineuses sur ses flancs… Avant de l’emprunter, je parcours le parc de Rike. Encore inachevé, ce parc est là pour montrer la vitalité de la capitale de Géorgie, son envie de neuf. Je m’assieds sur un galet géant et observe les centaines de badauds profitant de la fraîcheur de l’air du soir, se faufilant entre les artistes de rue et les grands-mères qui vendent des ballons. Une musique retentit: ce sont les fontaines musicales qui démarrent… Un peu plus loin, un piano géant, stylisé, dont la mise en place n’est pas encore complète, et des morceaux de parc encore en construction. Cela renforce mon impression d’être arrivée au beau milieu d’une période de transition… Je repense à la vieille ville, rongée par l’abandon et oubliée. Quand je traverse ce pont de rêve, auréolée par les mouvements lumineux de ses ampoules, je me dis que oui, il va falloir revenir. Plus tard. Pour voir le nouveau visage de Tbilissi.

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