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En route pour le Caucase et Kazbegi!
Catégories: Géorgie, Récits de voyage
Pour arriver à Kazbegi (ou plutôt Stepantsminda comme on l’appelle désormais), gros village au milieu du Caucase, il faut avoir le coeur bien accroché. Il faut affronter le chaos de la gare routière de Didube, trouver la marshrutka qui vous emmènera là-bas et ne pas ciller devant la partie de haute montagne de la Route Militaire géorgienne, cette route qui relie Tbilissi à la Russie.
Le Caucase… Un nom synonyme de danger pour beaucoup! Pour moi, c’est une invitation l’aventure. Une heure après avoir quitté Tbilissi, le paysage et le climat changent avec l’altitude. Alors que c’est presque l’été à Tbilissi, les arbres fruitiers sont à peine en fleur dans les villages que nous traversons. Un paysage vert de moyenne montagne où de grosses maisons sont entourées de jardins, de potagers et de l’indispensable vigne et où broutent les vaches ou les moutons. Au fur et à mesure, les sommets enneigés du Grand Caucase apparaissent, l’ascension s’accélère et très vite, nous voilà à une station de ski!
La Géorgie a encore pas mal d’efforts à faire avant de pouvoir concurrencer les grandes stations des Alpes, mais elle ne se laisse pas décourager. La station de Gudauri semble être sortie de terre récemment. Pas mal d’hôtels semblent encore en construction.
C’est là aussi que se termine “la bonne route”. Dès que l’on quitte la station, elle n’est plus entretenue, trop endommagée par les conditions climatiques. Des différents degrés du printemps, nous voilà en hiver. La route est étroite, sans garde-fous et avec d’énorme nids-de-poule qu’il faut négocier en même temps que le trafic venant du sens opposé! Et il faut un sacré aplomb quand on croise des semi-remorques venant de Russie. Quand je pense que nous avons payé notre chauffeur 10 lari (à peu près 5 €) pour qu’il nous dépose sains et saufs…
Mais quel paysage à couper le souffle! Après une petite heure, le col est franchi, la route descend, devient meilleure mais reste encadrée de hauts sommets. La plupart font plus de 5000 mètres. Bientôt, nous arrivons au bout de notre route: Kazbegi. Sur la place où se trouve l’unique hôtel/restaurant du village, des habitants attendent les arrivants pour leur proposer un logement. C’est une des solutions les plus utilisées à Kazbegi: le logement chez l’habitant et sans rien prévoir. Vous ne devriez pas avoir de difficultés à trouver: les habitants qui offrent un toit aux voyageurs attendent l’arrivée du bus et il vous suffira de choisir et négocier.
La raison pour laquelle on vient visiter ce village presque perdu est là-haut, surveillant la vallée comme un phare surveillerait la mer: l’église de la Sainte Trinité (Tsminda Sameba, qu’on appelle aussi Gergeti). Une église-ermitage perchée sur une montagne avec comme décor, parait-il, un des plus beaux panoramas de Géorgie! Les touristes d’un jour y vont en voiture. Pour moi, comme un panorama pareil ça se mérite, je vais faire la petite randonnée de deux heures qui y mène… Quand même pas une partie de plaisir pour une fille de la plaine!
Aux prés à vaches succèdent les bois de sapins, et le village rapetisse au fur et à mesure jusqu’à ce que les maisons deviennent minuscules comme des boîtes d’allumettes. Je ne suis pas la seule à monter à pied: je croise un Japonais solitaire et un couple finlandais qui a décidé de prendre tous les raccourci possibles. Je ne pensais pas que le coin serait aussi fréquenté!
A un moment de l’ascension, je quitte le bois de sapins. J’ai l’impression que le “sommet” n’est plus très loin et je décide de prendre un de ces raccourcis… Sauf qu’il se montre plus difficile que prévu et c’est le souffle coupé que je retrouve la route pour subitement déboucher sur une vue de rêve: sur un petit monticule, une chapelle fait face aux montagnes… 100 mètres plus loin, l’église, entourée d’un mur, monte une garde solitaire et à 360 degrés, des pics enneigés où s’effilochent les nuages! Superbe! Je m’approche d’abord de la chapelle en pierre. Je ne sais pas qui a eu l’idée de la bâtir là, mais il devait avoir un œil d’esthète. J’immortalise ce paysage de rêve puis me dirige vers l’église.
Juste en dehors, une vache broute tranquillement en me regardant d’un air goguenard. De l’autre côté, un pope et un homme qui semble tenir le rôle de sacristain se tiennent sur une plateforme et scrutent un horizon battu par le vent… Je suis vraiment dans un autre monde! Pour visiter l’église, les femmes doivent montrer patte blanche — ou plutôt pas de patte du tout, en effet, une femme en pantalon ne peut pas pénétrer dans l’église. Heureusement pour nous, une pile de jupes à enfiler est prévue à cet effet. Il faut également se couvrir la tête, mais on trouve aussi des foulards à emprunter. Les règles sont strictes dans cet environnement rude et aucune photo n’est admise!
Des bouts de plus en larges de ciel bleu se dévoilent, et c’est là que le Mont Kazbeg, le clou du spectacle, commence à se dévoiler également! Le Mont Kazbeg, c’est le symbole du Caucase géorgien… Et il fait sa diva, refusant de se montrer en entier. Les plus audacieux pourront continuer vers le glacier et pourquoi pas, vers la station météo en haute montagne pour y passer la nuit. Le personnel est prêt à vous accueillir, encore plus chaleureusement si vous apportez une bouteille de vodka ou de chacha, l’alcool de raisin géorgien.
Ce n’est pas la seule ballade à faire dans le coin… mais cette histoire, ce sera pour le prochain épisode!
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