De le 2. août 2012 um 9.34  
Catégories: Conseils, Italie, Récits de voyage

Me voici sur le talon d’Achille de la Péninsule: La Puglia, comme l’appellent les autochtones, dénomination plus heureuse que sa traduction française Pouilles… le terme n’induit-il pas une idée de misère, bien éloignée de la réalité sur le terrain? Car — contrairement à la réputation classique du Mezzogiorno, pauvre et délaissé — la région que je me réjouis de vous faire découvrir révèle une étonnante opulence. On me dit que le pied de la Botte était déjà florissant dans l’Antiquité, comme en témoigne la richesse des objets grecs ou romains exposés dans ses musées. Au départ de Zürich, je viens d’atterrir à Bari. Le billet combiné d’Helvetic me permettra de repartir de Brindisi vers Berne, une solution bienvenue pour ne pas avoir à revenir sur mes pas en Italie.

A Trani, une marina idyllique

Voulez-vous boucler votre ceinture pour un premier survol? Alors, embarquement immédiat!

Bienvenue aux Pouilles

La masseria présentée à la fin de mon clip constitue mon point de chute. En mains helvétiques, Alchimia offre tout ce que l’on peut attendre d’un logement de vacances où rien ne manque, surtout pas le cadre (une campagne comme on les rêve).

Mamma mia, quel panorama! Le vert des oliveraies sur le rouge des terres caillouteuses, tous ces villages aux allures de forteresses agrippées aux reliefs, ces plages attirant leurs essaims de vacanciers là où le monumental et l’exubérant cèdent le pas à une vie simple et conviviale.

Choisissez votre moyen de transport!

La Vespa, pourquoi pas? Je vous conseille de toute façon un véhicule de location. Compter sur les transports publics tiendrait ici de la gageure. Labyrinthique, le réseau suggère aussi une carte routière plus précise que l’atlas européen… à moins de choisir délibérément l’égarement, source d’innombrables surprises hors des sentiers battus. En voici une, de surprise. Véritable bijou serti dans sa monture de remparts: la bourgade de Locorotondo. Mon objectif saisit un décor qui me rappelle la grecque Mykonos ou la portugaise Obidos, les pacotilles à touristes en moins. Ce n’est pas moi qui m’en plaindrai!

A Locorotondo, tout rappelle le Sud

Une passante toute de noir vêtue me conseille d’aller voir Martina Franca, si j’ai aimé Locorotondo. Mais qui donc est cette Martina? Non, ce n’est pas une star de Cinecittà, mais bien une autre adorable cité juchée sur un mont — San Martino — offrant à l’oeil un puzzle de baroque et rococo dont chaque maison, chaque palais, chaque église voudrait retenir le regard.

Martina Franca: un décor de cinéma

Une halte rafraîchissante s’impose au Caffè Tripoli, à la déco désuète, et dont le granita di caffè con panna — café glacé copieusement allongé de crème — est connu loin à la ronde.

Une adresse incontournable

Parmi les images de la déco, une photo gentiment canaille retient mon attention. La voilà, ma star de Cinecittà! Le patron me dit que cette bellissima ragazza est effectivement actrice. Elle a été choisie pour une pub. Ne manque que le son. Je devine les sifflets admiratifs de la gent masculine.

Bellissima raggazza...

Les becs à sucre ne manqueront pas le voisin Pelino, un confiseur que ses inédits bouquets de dragées pourraient faire passer pour un fleuriste.

Des dragées en bouquet

Côte adriatique

Savoir que la haute saison va grosso modo de début juillet à fin août. Septembre et octobre vont donc constituer une période idéale pour longer la côte adriatique moins envahie, et à des tarifs raisonnables. Plus on descend vers le sud, plus étonnantes deviennent les découvertes. Trani est une ville de marins. Tout ou presque y ramène à la mer, du dauphin dominant la cathédrale au port si photogénique.

Comme un invitation à hisser la grand voile

A Polignano a Mare, une statue rend hommage au chanteur natif de la ville: Domenico Modugno, décédé en 1994. Tout le monde fredonne encore son plus grand tube: Nel blu, dipinto di blu…

A la gloire de l'enfant du pays

Mais la station balnéaire a plus étonnant à offrir: ses maisons blanches accrochées à des falaises où les vagues ont creusé quantité de grottes. Et comment résister à l’envie d’aller faire trempette dans une crique aussi croquignolette? (A noter à gauche, au sommet de la colline, l’atelier d’un artiste spécialisé dans la confection de dragons d’acier et de très belles lampes façon vitrail.)

Une crique irrésistible

Buon appetito!

Au moment de passer à table, il faut oser les primeurs goûteux, le jambon du pays, les fromages de brebis, de chèvre ou de vache, la viande de bœuf al forno et les produits de la mer. Confronté à une offre pléthorique, je passe allégrement des plats traditionnels aux établissements qui les réinventent. Quelques adresses testées avec bonheur:

  • A Trani: Corteinfiore et ses délices à savourer dans un jardin d’hiver aux allures d’oasis.
  • A Conversano/Bari: le Pashà, une carte subtile et innovante dans cet établissement haut de gamme possédant à l’étage sa propre école de cuisine.
  • A Savelletri di Fasano/Brindisi: Maddalena, de divins spaghetti aux fruits de mer dans un charmant cabanon de plage.
  • A Ostuni: La Sommità, une bonne table dans un relais luxueux dominant la cité.
  • Encore une épicerie exceptionnelle pour s’approvisionner en bons produits locaux: Valentina, à Lecce. Les habitants la connaissent tous. C’est déjà bon signe. Et le patron est un vrai personnage!

Valentina ou Valentino?

Ah, j’allais oublier mon petit cadeau-souvenir, après mes salades. Faites-en bon usage pour assaisonner les vôtres, et viva Italia!

La spécialité locale

Recommander