De le 3. septembre 2012 um 11.59  
Catégories: Géorgie, Pays, Récits de voyage

Mon taxi file depuis la gare vers le centre de Batoumi. Débarquée du train de nuit depuis Tbilissi, je suis dans un brouillard de fatigue aussi épais que la couche de nuages qui recouvre la ville. Mais où est donc le paradis subtropical que l’on m’a tant vanté? ;-)

Je pars donc péniblement à l’assaut de Batoumi. La première impression, c’est que tout comme Tbilissi, c’est une ville en plein travaux! Peut-être même encore plus qu’à Tbilissi! La deuxième ville de Géorgie semble avoir le vent en poupe!

Batumi

Sur la place de l’hôtel de ville, la statue de Médée brandissant la toison d’or semble avoir été redorée de frais et un énorme bâtiment est en cours de rénovation. Son avenir sera celui d’un casino-hôtel! Je vais bien vite réaliser que des tonnes d’argent sont brassées par ici. Batoumi et sa région, l’Adjarie, ont un statut particuliers… L’Adjarie est une république autonome et même si récemment, Tbilissi a repris un peu de contrôle sur la République, celle-ci a des pouvoirs assez larges. Des compagnies turques ou kazakhes ont largement investi dans l’immobilier et l’hôtellerie et ont bien l’intention, avec le soutien du gouvernement géorgien, de faire de Batoumi une espèce de Las Vegas ou de Miami sur Mer Noire! Le centre de la ville est une véritable plongée dans la Belle-Epoque! Grâce au pétrole de l’Azerbaïdjan, qui joue encore un grand rôle pour la Géorgie, Batoumi a connu un boum dans la deuxième partie du XIXe siècle, début du XXe et de la Place de l’hôtel de ville à celle du Théâtre. c’est une belle unité architecturale. On s’attendrait presque à voir une calèche ou un bourgeois en gibus! Même les nouveaux bâtiments en construction respectent le style de l’époque…

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Mais en se rapprochant de la plage, le décor change car le futur pour Batoumi, outre les activités du port, c’est le tourisme. Déjà à l’époque soviétique, la côte géorgienne était prisée pour son climat subtropical, cette petite mer chaude et sa cuisine géorgienne. Aujourd’hui, c’est toujours le cas. Arméniens, Azéris, Russes, Turcs voulant des vacances à bas prix… Batoumi, parait-il, devient une ville où l’on ne dort jamais, le temps d’un été.

P1220365En traversant un parc parsemé de sculptures, on arrive sur le Bulvard, une promenade de bords de mer qui s’étend sur pas moins de 7 kilomètres. Une longueur qu’on peut facilement parcourir puisque Batoumi possède un système de location de vélo: Batumvelo… Du côté du port, s’élève une tour à double hélice surmonté d’un globe brillant l’Alphabetic Tower. Hommage à l”élégant (et ancien) alphabet géorgien, cette tour était à peine inaugurée lorsque je suis arrivée! L’avant-veille à Kazbegi, j’avais vu un reportage sur les journalistes locaux prenant l’ascenseur pour rejoindre le sommet de la boule et étrenner leur nouveaux studios! On y trouvera aussi un restaurant panoramique mais je n’ai pas spécialement envie de m’attarder pour le moment: j’ai trop envie de découvrir une nouvelle mer: la Mer Noire.
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Et la voilà… Pas de plage de sable fin mais bien une multitude de gros galets en camaïeu de blanc, gris, gris bleu, mauve,vert,  rose avec quelques cailloux couleur brique comme pour y mettre un peu de peps… Un vieil homme qui se promène et  un jeune homme en bonnet est assis par terre sont les deux seules autres personnes sur la plage. J’admire à mon tour le paysage: la mer et le ciel sont unis dans une harmonie de gris. Ou commence le ciel et où finit la mer, impossible de le dire…

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Avant de rejoindre mon hôtel, la faim me porte chez Privet iz Batuma, un bar-pâtisserie qui lui aussi semble sorti d’un roman fin de siècle avec une équipe de serveurs en costume de marins de la Marine soviétique. Heureusement, les desserts, eux, sont loin d’être d’époques! Je me jette littéralement sur un cheesecake à l’orange parsemé d’écorce d’orange amère. Un régal! Je regarde la vieille horloge et réalise qu’il est près de midi, je peux retourner à l’hôtel et enfin me reposer… car pour le moment Batoumi, pour moi, est plongée dans la brume. Au propre et au figuré.

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