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Mélissa Monaco
81 Articles de Mélissa Monaco:
Eu-ro-vi-sion à Bakou!
Catégories: Actualités
Shirvan Shah Palace - Credit: brunogirin - Wikitravel
Pour la première fois de son histoire, le concours Eurovision de la chanson se déroulera à Bakou, capitale de l’Azerbaïdjan. Un pays qui commence à faire parler de lui grâce au boom de sa capitale, soutenu par la manne financière du pétrole et du gaz naturel.
Malheureusement, pour assister à la compétition le 26 mai, si vous n’avez pas votre ticket, c’est loupé (la finale et les demi-finales sont sold-out) mais vous pouvez toujours soutenir les candidats suisses, Sinplus, en vous rendant sur place pendant la compétition. Et comme le Lonely Planet l’a répertorié dans le top 10 des villes où il fait bon faire la fête, vous pouvez être assurés que même en dehors du lieu du cincours, il y aura de l’ambiance!
Bakou est une ville à la croisée de différents chemins: plus tout à fait l’Europe, pas encore tout à fait l’Asie. Croisée géographique, mais aussi de l’histoire. La vieille ville, inscrite au patrimoine universel de l’UNESCO, vous plonge à l’époque des caravanserails avec ses rues sinueuses, ses vieilles pierres et son style qui annonce l’Orient. C’est le domaine de l’exotisme et du dépaysement. La Boomtown, qui reflète le premier boom pétrolier au début du XIXe, y a laissé son empreinte avec le style beaux-arts tout comme l’architecture communiste et enfin, la vitalité de la ville moderne et ses audaces architecturales.
Licence a été donnée à la créativité des architectes et deux merveilles architecturales approchent de la fin de leur construction.
La première, les Flames Towers, est un groupe de trois gratte-ciel de 80 étages, les premiers au monde en forme de flammes et qui promet d’être le symbole de Baku, à côté de la Tour de la Vierge.
La deuxième, c’est le Centre Culturel Heydar Aliyev, de la célèbre architecte Zaha Hadid. Cet énorme espace blanc, tout en courbes et dévoué aux arts et à la culture vient d’ouvrir il y a quelques jours, un vrai casse-tête et une foule d’innovations dans les techniques de construction, à cause de ses formes…
Et que dire de l’endroit où se déroulera l’Eurovision? Le Crystal Hall, une arène pour 23.000 personnes, aura été construit en un an, juste pour l’occasion!
Bakou, c’est également un front de mer, celui de la Mer Caspienne, la plus grande surface d’eau enclavée au monde et dont la simple évocation titille déjà l’oreille du voyageur. Le long du boulevard qui la borde, maisons de thé, bar et clubs se disputent l’attention des patients à la contemplation de la mer…
Mais pour vous convaincre, autant vous laisser des Azéris vous expliquer le ‘Baku State of Mind »!
En attendant, m***e à Ivan et Gabriel, déjà sur place pour les répétitions!
Salt Lake City, entre sport, nature et religion
Catégories: Etats-Unis, Récits de voyage
Pieuse, ordonnée, active, pimpante et légèrement inquiétante: ce sont les impressions que me laisse mon passage à Salt Lake City.
Salt Lake a deux côtés: celle des grandes villes de l’Ouest américain, tournées vers la nature et l’extérieur. On y croise de grands gars tatoués accompagnés de leur planche de snowboard ou des jeunes filles athlétiques, rollers aux pieds. Après tout, Salt Lake, aux pied des Rocheuses, fut ville olympique! La neige abondante apportée par la proximité Grand Lac Salé en fait une destination de choix pour les skieurs. Pas moins de 4 stations sont facilement accessibles, sans compter la prestigieuse Park City où se tient chaque année le festival de cinéma indépendant Sundance.
C’est la plus libérale des villes dans un Etat plutôt conservateur… car comment évoquer Salt Lake City sans ses fondateurs, les Mormons? Encore aujourd’hui, ils forment la moitié de la population de la ville. Impossible de manquer les missionnaires de l’Eglise des Saints des Derniers Jours qui vous abordent directement pour discuter dès que vous pénétrez dans Temple Square, qui est un peu le Vatican mormon. En costume soigné et cheveux courts pour les hommes, en chemisier et jupes longues pour les femmes, toujours avec une broche, leur nom et leur statut dans l’église sur le côté droit de la poitrine. Tous sont souriants et ne s’offusquent pas de vos “Non madame, je trouve tout cela intéressant mais je n’ai pas besoin qu’un frère ou une sœur viennent me rendre une visite à domicile pour m’expliquer l’amour de notre Père Céleste, merci”. Courtois, modestes, sobres, travailleurs et craignant Dieu: telles sont les vertus qu’on leur prête.
Comparée à sa grande (en taille) sœur la plus proche, Denver, Salt Lake semble toute neuve, toute fraîche sortie de terre, pourtant, elle en est l’aînée de 10 ans!
Au cœur de la ville, il y a donc Temple Square, vraie cité dans la ville où sont regroupées toutes les institutions mormones. Tout y est monumental, à commencer par le Temple lui-même où les non-initiés ne peuvent entrer. Même le croyant de base n’y a pas accès! Le centre de conférences, le bâtiment administratif qui doit bien faire une trentaine d’étages, tout y est gigantesque! Et partout s’étalent les petites déclarations à la gloire de Dieu, de Joseph Smith le prophète assassiné, et de Brigham Young, le pionnier qui prit la tête du groupe de fidèles afin de fuir les féroces persécutions dont ils étaient victimes. Brigham Young qui aurait vu cette vallée barrée de montagne en rêve, afin d’y créer un nouvel Eden.
Dans le centre d’information, de monumentales peintures hyper-réalistes représentent les moments de la vie de Jésus, des scènes bibliques… Un Jésus au visage, aux cheveux, et aux yeux pâles qui me met étrangement mal à l’aise. Le Tabernacle, par contre, est plus rassurant. Cette grande salle de concert est un des endroits les plus visités de Salt Lake, pour son splendide orgue et la qualité de sa chorale qu’on peut voir en répétition chaque semaine.
Aucune visite à Salt Lake n’est complète sans un petit tour à la Bibliothèque des Familles, la plus importante source de documents généalogiques au monde. Pourquoi? Les Mormons croient à la continuité de la famille après la mort. Eh oui… que vous le vouliez ou non, les membres les plus encombrants de votre famille vous serons éternellement liés dans l’au-délà. Les missionnaires mormons y veillent en allant de part le monde répertorier les registres des églises, d’état civil, etc. afin de “lier” les membres d’une famille les uns aux autres. A part un intérêt pour les fans de généalogie (qui font souvent le voyage exprès pour cela), cette croyance fait office de vocation de sauvegarde de patrimoine, puisque tout est sauvegardé sur micro-film, et qu’en cas de désastre dans les lieux d’origine des documents, une copie existe dans un autre lieu.
Un peu impressionnée, je pousse les grandes portes de la bibliothèque. Sous la conduite bienveillante de “l’Elder” Withlock, je fais mes petites recherches familiales. Il se trouve que des missionnaires sont passé dans le village natal de mes grands-parents. Malheureusement, les documents d’état civil sont trop vieux pour y retrouver même mes arrières grands-parents. Il faudra réessayer plus tard en ligne.
La prochaine étape, c’est un tour par les collines qui surplombent la ville. Sur une plaque, je lis à peu près ceci: « C’est ici que Brigham Young aperçut la vallée et dit: ‘Voici l’endroit. Faites rouler vos chariots.’ » Plutôt que le rêve, j’imagine que devant ce mur de roches, il avait dû se dire… « J’en ai marre, ça a l’air bien ici, en plus, y’a personne… On s’installe. »
Et on comprend qu’ils aient décidé de ne pas aller plus loin quand on contemple l’immensité désolée du Grand Lac Salé! Nous sommes au coeur de l’automne et avec ses rares visiteurs, sa maison de la plage aux volets clos et ses mouettes criant à tue-tête dans un calme assourdissant, il est impossible de ne pas être saisi par une énorme vague de mélancolie!
Arrivée à une plateforme, j’admire le spectacle d’une énorme plage désolée et croûtée de sel. A l’ouest, le soleil noie les montagnes dans ses rayons, au nord, une brume brouille l’horizon et confère au lac une touche de mystère. A l’est, les montagnes d’une île rosissent. Peut-être est-ce de froid? Un petit vent annonciateur de la nuit commence à se lever. Je descends vers le sable. J’apprends vite que les zones claires sont les plus solides sous mes talons. Les cheveux au vent, je marche sur un sol empoisonné de sel. La moindre petite branche qui a atterri là au gré du vent est cristallisée!
Parlant de cristaux, voilà un bel amas qui dépasse. Je le déterre soigneusement… et y trouve des algues qui s’y sont accrochées! Encore un exemple de la résilience de la vie, me dis-je, tandis qu’un petit voilier file sur un lac devenu miroir tant il est calme. Le bateau glisse sans bruit comme un fanôme. Quand j’arrive sur la berge, même pas une vaguelette! Je trempe mes doigts dans l’eau, étrangement tiède pour un mois de novembre, et reste accroupie un moment à regarder le vol d’une mouette.
Gualdo, l’artisane
Catégories: Conseils, Italie, Récits de voyage
Le soleil brille sur les routes d’Ombrie. Sur la banquette arrière de la voiture, je somnole légèrement. La cathédrale de Gubbio qui sonnait les demi-heures ne m’a pas laissé de répit! La campagne défile et une bonne demi-heure plus tard, nous arrivons à Gualdo Tadino… La plus petite des villes visitées lors de ce périple entre Marches et Ombrie et sans doute celle qui frappe à priori le moins l’imagination.
Ce qui attire le regard en premier néanmoins, c’est le Palais fortifié de Rocca Flea, une structure essentiellement militaire à l’origine, fièrement dressée sur sa colline. C’est une magnifique forteresse dont les parties les plus anciennes datent de 1242. Elle est très bien préservée et restaurée. C’est un bâtiment en si bon état malgré les fréquents tremblement de terre qu’il était encore, jusqu’à 1985, une prison!
Mais avant cela, elle fut un palais militaire et un lieu de résidence pour les légats pontificaux, comme en témoignent d’ailleurs certaines salles du palais qui sont décorées de façon plus frivole qu’on ne pourrait s’y attendre pour un endroit militaire, et portant les armes du pape.
A présent, comme beaucoup d’autres bâtiments historiques parcourus, la Rocca est devenu le Musée municipal de Gualdo et se divise en trois parties: une archéologique, une pinacothèque (avec une collection centrée sur le XIVe au XVIe siècle, qui fut « l’âge d’or » de la région, et son peintre local, Matteo di Gualdo) et… un musée de la céramique lustrée, un type de céramique recouverte d’un voile opalescent qui peut être doré, rouge… et lui donnant un reflet particulier.
Gualdo est sans doute moins reconnue dans le monde de la céramique artisanale que Gubbio (même si elle fait partie elle aussi du réseau des villes de la céramique) mais c’est ici que nous allons rencontrer un sacré bout de femme: Fiorella Mariotti. Probablement âgée d’une cinquantaine d’années, toute mince et pleine de dynamisme, cette peintre et réverbératrice a repris les rênes de Vecchia Gualdo, l’atelier de céramique le plus fameux de la ville.
C’est un fait assez rare de trouver une femme à la barre car traditionnellement, ce sont des hommes qui sont à la tête de ces ateliers. Avec Giampaolo Rondelli, tous les deux entretiennent la tradition de la cuisson à la « muffola », le four traditionnel qui sert à cuire et enfumer les céramiques et qui leur donneront le « lustre », cet aspect iridescent qui fait la gloire des céramiques de l’Ombrie.
Pour y parvenir, Giampaolo a passé de nombreuses années à l’apprentissage de la maîtrise de la sélection et du mélange des essences de bois (mais aussi de branches de genévrier) afin de produire la température et la fumée exacte pour donner le lustre requis! Tout est codifié, calibré, un peu plus d’un ou pas assez de l’autre et le lustre est loupé! C’est tout un savoir-faire qui date de 500 ans.
On passe d’abord un échantillon-test dans la muffola, puis lorsque l’échantillon ressort lustré de manière satisfaisante, on enfourne l’objet à cuire. Les céramiques en ressortent toutes noires de suie et on les nettoie à l’éponge en laine d’acier. Une opération sans dommage pour la céramique car la cuisson à la muffola est sensée garder le lustre « à vie ».
Fiorella enchaînera en nous expliquant que la plupart des autres ateliers utilisent des produits chimiques lors de la cuisson pour donner ce lustre. Un lustre qui ne dure pas mais qui est un processus beaucoup moins lourd que la cuisson traditionnelle. Malheureusement, quand Fiorella et Giampaolo prendront leur retraite, il n’y aura personne pour leur succéder et le savoir-faire amassé par ces deux artisans risque bien d’être perdu.
La visite va prendre un tour tout aussi grave au Musée régional de l’émigration Pietro Conti. Ce n’est un secret pour quiconque voyage un peu: où que l’on soit dans le monde, du Svalsbard à Ushuaïa, on trouvera un Italien sur son chemin! Leur histoire, pourtant, est largement ignorée par les Italiens eux-mêmes.
Ce musée, centre d’étude et bibliothèque, recouvre plusieurs sujets: les raisons du départ des immigrés, leur voyage et arrivée dans leur pays d’adoption, le choc culturel, leur intégration, leurs réussites et leurs échecs. Dans différentes salles plongées dans l’obscurité, des documents, objets, et vidéos sont les principaux outils qui servent à raconter l’histoire des immigrants.
Il y a aussi ces petits détails qui expliquent tout: les appels à l’immigration du gouvernement belge pour travailler dans les mines, une valise, toute semblable à celle de ma grand-mère, un passeport, des vidéos de longues files d’arrivants fraîchement débarqués d’un paquebot à Ellis Island, porte d’entrée du rêve américain, des lettres, dont celles d’un immigré de la région, parti « préparer le terrain » aux États-Unis pour sa famille, et qui envoie ses dernières recommandations à sa femme. Une missive pleine de conseils (surtout, surtout ne pas laisser de dettes!) avec bien peu de place aux marques d’affection entre époux. Un musée émouvant, surtout pour les descendants d’immigrés… et pour ceux qui parlent l’italien, car malheureusement, rien n’est traduit. Un peu dommage pour un musée de l’immigration!
Après un dernier repas et un dernier mille-feuilles, il est temps de dire au revoir à ce district culturel généreux et dont le projet ambitieux et juste de tourisme lent mérite d’être posé en exemple.
Gubbio, l’aristocrate
Catégories: Conseils, Italie
Quand on approche de Gubbio, dans la lumière de la fin de l’après-midi, on se rend compte que l’on arrive dans un endroit spécial. La ville semble avoir été littéralement creusée dans un flanc du Mont Ingino! Une ville d’un autre âge, comme tirée d’un conte de fées. La tour crénelée du Palazzo dei Consoli doit y être pour quelque chose dans son allure médiévale. La plupart des bâtiments datent du XIVe et XVe siècle et descendent en cascade jusqu’en bas de la colline, et le théâtre romain est témoin d’un passé encore plus lointain. Si elle était faite femme Gubbio serait une belle dame la cinquantaine, stylée, racée, élégante, sûre encore de son pouvoir de séduction, aimant la tradition, les plats raffinés et les objets bien faits. De toutes les villes traversées ces jours-ci, c’est d’ailleurs la plus connue. En fait, il n’y a que moi qui ne la connaissais pas encore.
Outre de son architecture et son charme, la renommée de Gubbio vient de son artisanat et en tout premier, la céramique, la majolique (elle fait partie du réseau national des villes de la céramique) et c’est justement dans l’atelier de céramique Rampini que nous faisons connaissance avec le maître des lieux, Giampietro. Des motifs (surtout Renaissance) aux objets proposés (vaisselle, vase), on nage ici en pleine tradition. Giampietro nous fait visiter ses ateliers où des employées aux mains expertes tracent les motifs avant la « vitrification », cette cuisson qui donne le côté lustré aux céramiques. J’apprécie la minutie et la technique, un peu moins le résultat. Trop traditionnel à mon goût!
Ce ne sera pas le seul artisan que nous rencontrerons sur notre route! Nous entrerons dans un atelier de fer forgé… Un endroit sobre dans une vieille maison en ville où trônent la Madone, de petits Saints, de vieilles photos, une Vespa et plein d’outils. On se croirait dans un vieux film italien! Ce sont deux messieurs d’une cinquantaine d’années qui sont à la tâche, et les regarder manier de lourds marteaux par amour du métier, c’est impressionnant! Devant le métal rouge de chaleur, je reste comme hypnotisée… Les résultat sont divers: chandeliers, lustres, balustrades, crucifix contemporains (on est en Italie, hein)…
Le troisième artisan, nous le rencontrerons dans le Palais Ducal. Comme je le disais en début d’article, Gubbio est une vieille aristo avec énormément de beaux restes et de cadeaux conservés de ses amants, notamment le Duc Frederic III de Montefeltro qui initia la construction de ce qui est à présent la boite à bijou de la ville! Dans ce bâtiment rassemblé autour de son élégante cour intérieur, on y trouve des œuvres d’art mais surtout, un endroit extraordinaire où nous attend Mastro Marcello: le cabinet d’étude du Palais ou ‘studiolo’. Ce petit espace, entièrement marqueté en trompe-l’œil, est en fait une reproduction réalisée par l’atelier de Mastro Marcello et de sa famille. L’original se trouve, suite à une histoire plutôt mouvementée, au Metropolitan Museum of Arts à New York. Pendant son histoire, le studiolo est passé par plusieurs mains, et fut acquis peut avant la deuxième guerre mondiale par un juif italien et expédié en Suisse alors que le fascisme contraint son propriétaire à fuir le pays. Le studio entier fut finalement acheté en 1939 par le MET. Le plus impressionnant, c’est la reproduction des bancs sur les flancs de la pièce. On a envie de s’asseoir dessus… mais ils n’existent pas! Le jeu de perspective est vraiment déroutant! Le tout nous a été raconté par Mastro Marcello, petit homme qui doit avoir presque 70 printemps mais à peine courbé par les ans.
En sortant du musée, nous nous rendons vers la place qui borde le Palazzo dei Consoli, pour admirer le soleil se couchant sur les rues et les toits médiévaux… L’intérieur du Palais est plutôt austère (normal pour un palais gothique, mais c’est là que l’on y trouve un morceau fascinant, en tout cas pour moi, d’archéologie et de science: les tables eugibines: sept tablettes de bronze qui décrivent en latin et en ombrien (la langue des habitants qui précédait l’invasion romaine) les rites religieux des populations de la région. Nous seulement elles ont aidé à connaître les mœurs d’un peuple mal connu, mais elles ont aidé les linguistes à déchiffrer leur langue! Nous sommes restés un long moment à écouter la guide du musée nous expliquer comment ces tablettes furent finalement déchiffrées, après avoir laissé perplexes bien des savants pendant quatre siècles.
Entretemps, la nuit est descendue et les estomacs crient famine. A la « Tarverna del lupo », on nous attend, d’ailleurs! La table est y raffinée mais conviviale. Un serveur plutôt spirituel badine avec les dames et fait sourire les messieurs. La truffe est la reine de la région et nous la retrouverons dans presque tous plats… Noire ou blanche, elle sert en ingrédient de farce, marinée dans l’huile, ou on la parsème en copeaux… Ça change des spaghetti bolognaise! Partout dans le restaurant, on voit « le lupo », le loup. L’Ombrie, c’est la terre de Saint-François d’Assise et c’est à Gubbio que l’un des premiers écologistes répertoriés conclut la paix entre les habitants de la ville et un « Frère Loup » qui les terrorisait. Frère Loup en fut tellement marqué que, selon certaines versions de l’histoire, il en devint végétarien!
La soirée se termine par un mille-feuilles léger comme son nuage de chantilly et doux comme une nuit de ce printemps précoce qui s’est installé sur l’Ombrie. Malgré les éclairages publics, on distingue les étoiles qui constellent le ciel. Un conte de fée, je disais!
Cagli, l’immuable
Catégories: Italie, Récits de voyage
Un petit soleil frais brille sur le monastère de Fonte Avellana. La route qui sillonne les Apennins pour y arriver en valait à elle seule le déplacement! Niché dans la montagne, ce qui n’était qu’un petit ermitage soumis aux règles de Saint-Romuald est devenu un monastère malgré tout assez isolé. A le voir de loin, on dirait une forteresse, protégeant les moines du monde extérieur. Une lourde porte en bois finit de préserver ce petit monde.
De la dizaine de moines qu’il reste, nous ne verrons pas l’ombre d’une robe. C’est une jeune femme qui nous accueille pour nous faire visiter une toute petite partie de l’endroit. La structure essentiellement romane donne à la fois une impression d’austérité et de sérénité. Les fenêtres sont rares et hautes… à part le ciel, on ne voit quasi rien… sans doute pour se rapprocher de Dieu?
La salle qui fait entrer le plus de lumière, c’est le scriptorium, l’ancienne salle des copistes, où les moines s’attelaient à la patiente tâche de l’écriture et de l’enluminure, bien avant que l’imprimerie ne soit implantée en Europe. La petite salle du Capitole monastique, qui dirigeait la vie de la communauté, est elle aussi ouverte à la visite, ainsi que la basilique construite au sein des murs du monastère — mais de cet intérieur, vous n’en verrez rien… les photos sont interdites.
Le meilleur moyen pour en voir plus est sans doute d’y rester! En effet, il est possible de séjourner au monastère, à condition de se conformer au rythme de prière de vos hôtes. En tout cas, vous suivriez les pas de Dante Alighieri, qui est sans doute passé ici durant son exil.
L’austérité est toujours de mise lorsque l’on redescend dans la vallée pour rejoindre la ville de Cagli. Cagli, c’est une ville de religion. Elle ne compte pas moins de 14 églises et 4 monastères/couvents au cœur même de la ville. Pour les fans d’architecture et d’art religieux, il faut au moins une bonne journée pour visiter tout ce que la ville a à offrir. Il y en a pour tous les goûts; architecture romane, renaissance, baroque, le plus souvent, tout est mélangé. Le fil des ans et des tremblements de terre a tout chamboulé!
L’un des petit trésors de Cagli se trouve dans l’église San Domenico et sa fresque représentant la Madone. Cet ange aux cheveux blond vénitien qui vous regarde en coin, ce serait Raphaël lui-même, puisque c’est son père, Giovanni Santi, qui a peint l’œuvre.
Mais ce qui distingue vraiment Cagli des autres bourgades du coin, c’est sa tour: le « Torrione ». Une énorme tour de garde, qui d’un côté surveille la ville et de l’autre, tout ce qui peut arriver devant. La tour est en cours de restauration et même si la vue depuis son sommet est magnifique, c’est dans ses entrailles que se cache le plus intéressant: non seulement il s’y cache une centre de sculpture contemporaine, mais aussi un passage secret! Un long et étroit corridor de 300 mètres lui aussi en cours de réfection et qui mène vers un des palais de la ville. Je n’ai pu en parcourir qu’un petit bout mais je reviendrai rien que pour le faire en entier! La visite s’achève par un rapide passage au Théâtre communal, une miniature de théâtre à l’italienne, qui vient à peine d’être restauré.
La visite de la ville terminée, nous nous dirigeons vers la « frontière » avec l’Ombrie. Le paysage est de plus en plus vallonné. Bientôt, nous nous engageons dans une vallée encaissée, suivant une rivière: la Candigliano. Nous venons d’entrer dans le Réserve de la gorge du Furlo.
Le paysage est digne d’un film… L’eau bleu-verte du fleuve coule paisiblement entre deux énormes falaises. J’ai un flash! On dirait un paysage du « Seigneur des anneaux ». J’en verrai presque les barques de la communauté de l’anneau glissant sur l’eau. Malgré le beau temps, personne n’a eu envie de faire un petit tour en kayak. Peut-être la proximité de la centrale hydraulique? Mais on peut également parcourir les sentiers du parc… et peut-être tomber sur le loup, qui est en train de recoloniser cette partie des Apennins. Comme nous sommes en Italie, l’histoire et la culture ne sont jamais loin de la nature.
La route nationale suit le tracé de la Via Flaminia, une route romaine vieille de plus de 2000 ans qui relie Rome à Rimini, et dont on voit une des améliorations ici: un tunnel. Un tunnel construit en 76 sous Vespasien et que le trafic moderne continue d’utiliser.
Ça, c’est la magie de l’Italie!
Fabriano, une ville de papier…
Catégories: Italie, Récits de voyage
La semaine dernière, je suis parie à la découverte d’une région faite pour les amoureux de l’Italie, pour ceux qui veulent en explorer les coins les moins connus: les Apennins entre Marches et Ombrie. De l’Ombrie, on connaît Assise et son Saint-François ainsi que Pérouse, ville du chocolat et ville universitaire. Des Marches, sans doute Ancona et Urbino vous disent quelque chose mais pour moi, c’était sans plus… alors vous n’imaginez pas pas ma surprise en apprenant que ma première étape, Fabriano, est créditée comme étant la capitale du papier et du filigrane!
La Piazza communale est le premier centre d’intérêt de la ville. Cette place à la forme trapézoïdale regroupe quelques-uns des plus beaux bâtiments de la ville: le Palazzo del Podesta et son arche, le Palazzo Chiavelli et la Loge San Francesco. Au « rez-de-chaussée » de la loge se tient un petit marché, mais on y trouve surtout un marchand de charcuteries et fromages avec un bar où l’on peut tout de suite déguster ses achats.
Ça tombe bien, car Fabriano fabrique un salami de jambon dont Garibaldi raffolait (nous aussi d’ailleurs)! C’est au départ de cette place que l’on s’aperçoit que Fabriano a connu des fortunes diverses depuis le XIIIe siècle et l’essor de la fabrication du papier: ville libre, puis asservie à la famille Chiavelli, elle devint plus tard ville industrielle. Ariston y avait ses usines puis boum. La crise. Pour s’en sortir, Fabriano s’est retournée vers ses traditions, la fabrication de papier de haute qualité, notamment à destination d’artistes, mais aussi la culture, puisque la ville a donné naissance a une école de peinture gothique donc le plus célèbre disciple est Gentile de Fabriano.
Malheureusement, aucune de ses peintures n’est restée dans sa ville. Même pas dans la Pinacothèque, le Musée communal, qui fascinera les amateurs de peintures de la fin du Moyen-âge. Ce qui m’a particulièrement marquée? Les détails apportés par les différents peintres aux habits de leurs sujets (quasi exclusivement religieux): les brocards de la robe de la vierge ou des saints, les nuances, etc. Un vrai travail d’enluminure! La ville a une certaine ambition et bientôt, le Palazzo del Podesta ainsi que Palazzo Chiavelli deviendront le Pôle culturel de la ville, auquel participera la Loge San Francesco. Avec le superbe Teatro del Gentile, un magnifique exemple du Théâtre à l’italienne, et son « Duomo » où l’on peut assister à des concerts, entre autre, de chants religieux, la ville est bien pourvue dans le champ culturel!
Mais reparlons un peu papier et filigrane. Les magasins qui en vendent sont partout mais pour mieux apprécier, un petit tour au Musée du Papier et du Filigrane, hébergé dans un ancien couvent dominicain, en vaut la peine. Je sais, vu comme ça, ça n’a pas l’air folichon, mais la guide qui nous cornaque à travers le Musée réussit à passionner son public, même dans l’explication de l’utilisation des fils de métal pour fabriquer les premiers filigranes! Lors de notre visite, un artiste contemporain chinois y exposait ses œuvres, d’une incroyable légèreté et poésie… et toutes de papier, bien sûr!
Visiter un atelier de fabrication de papier vaut aussi le coup d’œil, surtout s’il s’agit d’un petit atelier comme celui de la Cartegia Artigiana qui crée du papier de haute qualité à base de fibres de coton et joue un rôle d’intégration sociale en y organisant des activités pour des malades psychiques qui résident dans une institution voisine. Une thérapie de l’intégration par le travail qui donne des résultats surprenants! Vous pourrez vous aussi mettre la main à la pâte… et découvrir les multiples usages d’un matériau qui à l’air si anodin!
Enfin, l’ultime perle de Fabriano, c’est le « Musée de la bicyclette« . Ne pensez pas y trouver toute l’histoire de la petite reine, il s’agit plutôt d’un musée consacré aux métiers en bicyclette, né de la passion de Luciano Pellegrini, grand collectionneur… Rémouleur, maraîcher, boucher, vendeur de jouets, photographe, barbier… Les montages les plus invraisemblables sur vélo et les métiers les plus improbables, souvent disparus d’ailleurs, y sont exposés. Si vous voyagez avec des enfants, ne le loupez pas! Il y a même une bicyclette de pompier suisse!
Et n’oubliez pas, ce mois-ci, nous célébrons la « Bella Italia« , profitez de ces promotions!
Escapade roumaine à Sinaia
Catégories: Conseils, Roumanie
Disons que vous avez du temps à tuer à Bucarest. Vous avez fait le tour de la ville depuis plusieurs jours et l’appel de la nature, malgré les nombreux parcs, se fait sentir. C’est le moment de sauter dans le train et de partir en direction des Carpates pour rejoindre la petite ville de Sinaia.
Sinaia n’était alors qu’un petit village construit autour d’un ancien monastère, mais cela allait bientôt changer! Le souverain y fit construire:
Bien vite, la cour et la haute bourgeoisie firent également construire leurs secondes résidences à Sinaia et le village devint une petite deuxième capitale. Aujourd’hui, c’est une petite cité au look désuet mais charmant et dans laquelle on a l’impression d’être remonté au temps des crinolines. L’attraction principale de Sinaia, c’est bien sur le château. Le roi Charles étant un prince prussien, le style du château est de type « renaissance allemande ». La cour et les très beaux jardins du château sont librement accessibles mais pour le visiter, il faudra s’acquitter du droit d’entrée.
Un bel arrêt sur le chemin de la ville historique de Brasov… Par contre, les amoureux des sports d’hiver qui ont envie d’aller voir ailleurs que dans les Alpes pourraient bien être surpris…
Bruxelles est Brusselicious!
Catégories: Actualités, Belgique
Chaque année, la capitale belge donne un thème à son année tourisme et 2012 sera sans doute gargantuesque! S’il est vrai que l’on tient son homme par l’estomac, Bruxelles compte bien captiver ses visiteurs par le même procédé puisque cette année, c’est la gastronomie qui est à l’honneur, et la ville devient « Brusselicious » pendant 366 jours (chic, une année bissextile pour profiter 24 heures de plus)!
Car Bruxelles aime la bonne chère, du moment que cela ne soit pas prétentieux (la cuisine moléculaire et les plats minuscules, ça n’a jamais vraiment bien pris là-bas). Elle aime ce qui est cuisiné avec soin, amour et passion mais surtout, elle aime les aliments qui vont droit au ventre et au cœur comme ses plus grands classiques: la frite, la bière et le chocolat! Vous aimez les bâtons de tubercules dorés à la perfection? Suivez le parcours des friteries qui vous emmènera dans différents quartiers et communes de Bruxelles.
Plutôt sucré? Comment passer à côté de la semaine du chocolat (histoire de comparer avec la Suisse, hein!)?
Apôtres de Gambrinus? Le week-end de la bière sera étendu!
Mais les points d’orgue de Brusselicious, ce seront les restaurants éphémères. Pour les fins becs à budget sans limite, de grands chefs produiront un menu à tour de rôle dans un restaurant itinérant… et suspendu pour le « Dinner in the sky’! Imaginez-vous déguster un menu étoilé Michelin autour d’une table suspendue dans les airs avec vue sur l’Atomium ou les arches du triple arc de triomphe du Cinquantenaire…
Plus raisonnable point de vue budget, et pour moi bien plus bruxellois, vous pourrez également déguster un menu dans un tram affrété pour l’occasion. Alors que les autres villes avaient abandonné leurs trams (avant d’y revenir depuis 4-5 ans), Bruxelles les a toujours gardés et les lignes de tram parcourent la capitale de part en part. Ils font partie intégrante du paysage urbain, alors se réjouir les papilles dans un cadre qui accueille chaque jour des milliers de passagers, je ne sais pas vous, mais moi, ça me parle!
Sans oublier des expos, pique-niques, brunches et déjeuners…
Enfin, pour l’ouverture des festivités, la Ville de Bruxelles a réuni les plus grand nombre de chefs possibles afin de battre le Record du Guinness Book de lancer de toques. Record battu! La preuve ci-dessous en imagines. Eh oui, les toques, ça ne vole pas très haut.
Les tendances 2012
Catégories: Actualités, Conseils
Il en est des voyages comme des collections de mode, ou de la liste des albums ou des films qu’on annonce pour l’année qui débute!
Chaque magazine à sa petite idée de ce qui sera « tendance »… On peut déjà facilement déduire qu’en Europe, Londres (grâce aux JO), la Pologne et surtout l’Ukraine, (grâce à la Coupe d’Europe de football), le Myanmar (et son lent processus d’ouverture), la Patagonie, la Riviéra croate et la Jordanie seront dans le point de mire de nombreux voyageurs. On vous emmène faire un tour des prédictions!
Lonely Planet’s Best in Travel: top 10 countries for 2012: Lonely Planet, prince des guides, a non seulement sélectionné un top 10 des pays mais aussi un top 10 des régions et un top 10 des villes! L’Ouganda est au sommet de la liste. Un choix très controversé au vu d’un projet de loi qui condamnerait à mort les personnes reconnues coupables d’homosexualité… En tout cas, les commentateurs de l’article se déchaînent.
The 2012 travel calendar: le Guardian vous propose une destination par mois et la bonne raison pour laquelle vous y rendre à ce moment précis. On adopterait bien leur rythme!
Frommer’s, marque de guides américains, propose également son top 10 (où l’on retrouve la Nouvelle-Écosse, les Provinces Maritimes du Canada, qui sont régulièrement citées cette année, et le Ghana) mais également un choix dans différentes catégories (meilleure destination pour les aventuriers, pour les familles, pour un city-break).
Top Budget Travel Destinations for 2012: Budget & Travel, le magazine de voyage de ceux qui ont un budget à respecter, a fait une liste des ses endroits préfèrés pour 2012 ainsi que des recommandations afin de garder de garder des prix raisonnables. Par exemple, si vous trouvez le Costa Rica trop cher, pourquoi ne pas songer au Belize comme alternative? D’autant plus que les Mayas nous ont prédit l’apocalypse pour le 21 décembre! Autant aller voir directement sur leur terre!
Le New York Times vous donne l’embarras du choix, en faisant un mix entre villes, régions et pays! On y retrouve Londres, la Croatie, l’Ouganda, Lodz et l’Ukraine mais aussi un nouveau vote pour le Pays de Galles. Plutôt branché « voyages pour riches New-yorkais, cette liste fera par contre sourciller l’aventurier en vous. L’information que j’en tire est… si vous voulez découvrir une des dernières îles des Caraïbes encore préservées, dépêchez-vous! Saint-Vincent, qui restait ignorée des circuits touristiques jusqu’ici, va bientôt ouvrir un hôtel de luxe de plus de 300 chambres. Aïe!
Côté francophone, j’ai été bien en peine de dénicher les tendances du voyage! Ni les grands magazines de voyages, ni les sites de guides francophones ne nous livrent leur prédictions… Libération, le quotidien français, et sa section voyages, eux, regardent plutôt l’année écoulée et les articles les plus lus par les visiteurs du site… Vous verrez que certains titres d’articles sont trop tentants pour ne pas être cliqués!
Enfin, Gadling, un blog de voyage lié au Huffington Post, vous propose la liste des endroits que vous ne voudriez PAS visiter. Kandahar en Afghanistan (pour des raisons évidentes), Port-Moresby en Papouasie-Nouvelle Guinée (une amie y qui a plus que bourlingé et qui n’a pourtant pas froid aux yeux y était de passage et ne souhaite pas y retourner) ou encore Ciudad Juarez (trafic de drogue, enlèvement de femmes). Les amateurs de grands frissons apprécieront!
Et vous? Suivrez-vous ces conseils? Où pensez-vous partir en 2012?
Les musées nationaux du Pays de Galles
Catégories: Conseils, Pays de Galles, Récits de voyage
Un moyen de renforcer une identité culturelle, c’est via les musées… et le Pays de Galles n’est pas en reste avec son réseau National Museum Wales. Au nombre de sept et couvrant des aspects différents de l’histoire et la culture galloise, j’ai pu en visiter trois lors de mon séjour.
Le premier, et pour moi le plus émouvant, est le Musée National du charbon, à Big Pit. Le Pays de Galles est un pays où l’on retire des montagnes leurs entrailles. C’est déjà vrai pour l’ardoise, mais c’est surtout vrai avec le charbon. Big Pit était la plus importante des mines par le rendement, car sa conception permettait de remonter deux wagons au lieu d’un. Elle fut en activité de 1860 à 1980.
Des milliers d’hommes, de femmes et d’enfants y ont laissé leur sueur et souvent leur vie… Les animaux aussi, puisque des chevaux et des poneys, les « pit poneys », étaient aussi employés à la tâche.
En tant que petite-fille de mineur, la descente dans la mine, à 90 mètres de profondeur, fut un moment éprouvant… Essayant de m’imaginer ce que mon grand-père avait pu ressentir, lui qui n’aiment pas en parler.
Équipés d’un casque et d’une lampe, nous descendons à la suite d’un ancien mineur, Robert, qui nous mènera dans les galeries en nous racontant l’histoire de la mine : travail des enfants, qui au début de la mine, commençaient le travail dès l’âge de 6 ans, plongés dans le noir complet pendant des heures, la dangerosité et la pénibilité du boulot d’homme de fond, le traitement des pit poneys, qui vivaient à l’intérieur de la mine et dans le noir 50 semaines par an.
Même si cela fait un moment que Robert a fini de travailler et que les conditions qu’il a connues aient été déjà meilleures que celles de ses prédécesseurs, il garde le visage marqué. Même quand il blague, de la tristesse mais aussi une certaine fierté émanent de sa voix. La visite aura eu un profond effet sur le groupe que commandait Robert et j’ai vu bien des yeux un peu rouges à la sortie!
Le deuxième musée est le St-Fagans National History Museum, l’un des plus importants du Pays de Galles. Situé pas très loin de Cardiff, ce musée à pour but d’illustrer l’histoire des modes du pays. Inspiré du modèle de Skansen en Suède et ouvert en 1948, cet énorme parc expose des bâtiments de toutes sortes littéralement « transportés » sur une terre donnée par l’Earl de Plymouth qui y avait son château.
Venus des 4 coins du Pays de Galles et de toutes les époques, du XVe au XXe siècle: fermes, étables, églises, manoirs, écoles, magasins, ateliers, tous ont été installés chacun dans leur environnement propre (jardins avec légumes que l’on trouve dans la région et à l’époque de la construction, haies ou mur de pierre selon la provenance géographique du bâtiment), et, si besoin, avec mobilier et ustensiles d’époque.
Mais il n’y a pas que des lieux de vie ou de travail dans ce musée. On y trouve aussi des lieux de loisirs, comme une arène de combats de coqs, un passe-temps qui était très populaire.
En plus des bâtiments, le musée conserve également légumes et plantes anciennes, des races d’animaux typiques de la région, mais aussi les traditions et les savoir-faire tels la maroquinerie, l’orfèvrerie et la saboterie. C’est d’ailleurs l’atelier du sabotier qui m’a le plus intrigué… Il n’en reste que deux dans tout le Pays de Galles et vous pouvez lui commander une paire, il vous la fera sur mesure!
Ce que j’ai trouvé le plus fascinant, c’est la « terrace » des ferroniers de Rhyd-y-Car. Cette « terrace » est en fait une petite rue, complètement rebâtie, et qui compte 6 maisons aménagées selon différentes époques de 1805 à 1985, afin d’illustrer les mutations dans le mode de vie des habitants pendant près d’un siècle de révolution industrielle. On y voit l’évolution en confort et le changement de priorités dans la vie des gens…
Enfin, je relèverai aussi l’église de St-Teilo qui fut sauvée des eaux, amenée pierre par pierre, et dont les fresques naïves sont en cours de restauration. Accordez-vous au moins une journée pour tout visiter, ou au moins une bonne demi-journée, tant le site est énorme!
Enfin le troisième musée que j’ai visité est sans doute le plus classique: le Musée National à Cardiff. Son emplacement et son style valent déjà le coup d’oeil! Cardiff s’étant développée surtout au XIXe, le développement y fut plus planifié que dans certaines villes plus anciennes.
Au début du XXe siècle, le Centre civique (ou Cathays Park) était construit, regroupant plusieurs bâtiments d’importance civique: musée, hôtel de ville, court de justice, monument aux morts, parc, différents bâtiment de l’Université du Pays de Galles… le tout dans une belle unité de style qui forme un des plus jolis ensembles urbanistiques de Grande-Bretagne. Le Musée lui-même est un bâtiment à l’air cossu qui regroupe histoire naturelle, histoire du Pays de Galles, archéologie et art.
A côté des dinosaures, des poteries celtes ou des requins empaillés que l’on trouve dans la Mer d’Irlande, vous trouverez aussi une belle collection impressionniste. Comme nous sommes au Pays de Galles, la galerie d’art contemporain est centrée sur les artistes locaux et vaut la peine d’être explorée, pour y découvrir des artistes moins connus.
Le plein de culture est fait, je crois!