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De le 5. janvier 2013 à 8.00  
Catégories: Argentine, Général, Pays

Étymologiquement, Mésopotamie signifie territoire entre deux fleuves. On pense surtout à la région actuellement occupée par l’Irak. Mais aux antipodes du Tigre et de l’Euphrate, je pars à la découverte d’autres cours d’eau — argentins — qui sertissent d’incroyables joyaux naturels et culturels. C’est une langue de terre étranglée aux confins de l’Uruguay, du Brésil et du Paraguay, entre les fleuves Uruguay et Paraná. La taille d’une nation à l’échelle européenne, les dimensions d’une simple province sur la carte du 8ème plus vaste pays du monde, grand comme cinq fois la France. Je rencontre ces fameux gauchos qui sont à l’Argentine ce que les cow-boys sont à l’Ouest américain.

Avant tout employé de ferme, le gaucho cultive son image emblématique

La tradition de confectionner soi-même son attirail traditionnel demeure vivace parmi ces lève-tôt. Je suis admiratif face à la belle exécution de leur panoplie !

Un bel usage du cuir

Ces garçons ont un solide appétit. Du petit-déjeuner au repas du soir, ils sont capables de dévorer des kilos de viande grillée: le fameux asado argentin accompagné par de la salade — par exemple de laitue — oignon, tomate et œufs durs, assaisonnée par du vinaigre de vin et de l’huile. En Amérique du Sud, j’ai noté que le terme asado se réfère non seulement à la grillade, mais aussi à l’acte social, à la réunion où l’on mange de la viande (blanche ou rouge) ou des choripanes (sandwiches avec une saucisse).

Végétariens, s'abstenir !

Cette campagne m’apparaît si séduisante que j’ai envie d’y séjourner dans l’ambiance d’une véritable estancia familiale. Ce n’est pas compliqué: la plupart se sont ouvertes, comme Santa Cecilia, au tourisme rural.

Une adresse de charme

Mais revenons à l’Histoire ! De 1550 jusqu’au début du XXe siècle, les rivières constituent le moyen le plus sûr et le plus rapide pour pénétrer ces territoires sauvages. Pendant plus de 350 ans, explorateurs et colons vont donc s’y aventurer à travers une jungle épaisse dont ne subsistent aujourd’hui que quelques portions protégées. Un hôtel installé au milieu de la forêt primitive donne un bon aperçu de cet environnement: Tacuapi Lodge, dont j’apprécie le confort sans chichis.

Une immersion dans un cadre quasi amazonien

Harcelés par les indiens et les trafiquants d’esclaves, les jésuites installés au voisin Brésil de puis le début du XVIIe siècle vont aussi utiliser les voies navigables pour se replier dans le fief des indigènes Guaranis, où ils établiront leurs paroisses. De la trentaine de misiones historiques ne subsistent aujourd’hui que quelques ruines. Pour moi, celles de San Ignacio Mini, sur les rives du Paraná, sont les plus spectaculaires. L’Unesco les a classées au patrimoine mondial.

Un vrai décor de cinéma !

Je pénètre sur le site par une large avenue bordée d’arbres. Je découvre les murs imposants en grès rouge de l’église et des bâtiments adjacents. La végétation enveloppe toujours les vestiges les plus éloignés. De nuit, un étonnant spectacle son et lumière ressuscite les fantômes du passé par projections sur écran de brume. J’y apprends comment cette mission s’est développée au point de devenir l’une des plus importantes de la région, juisqu’à son déclin après l’ordre d’expulsion des religieux et, finalement, sa destruction au XIXe siècle. Et maintenant, suivez-moi sur place pour une exploration de 65 secondes !

Iguaçu, en langue guarani signifie grande eau…un bel euphémisme pour qualifier cette concentration de 200 chutes sur un front de 2,7 kilomètres, dévalant au cœur d’une fougueuse végétation ! Perçant à travers le manteau vert — tantôt en minces cascades, tantôt en larges cataractes — le fleuve déverse à la seconde des centaines de milliers de litres dans un fracas étourdissant.

Une impression de création du Monde...

Les soirs de pleine lune, un accès à cet amphithéâtre démesuré offre le plus fabuleux des spectacles: dans un éclairage argenté, l’eau déferle sous les passerelles vers un gouffre obscur dont on ne perçoit pas le fond et d’où émanent des nuages de brume. Aucun site comparable au monde — pas même le Niagara — ne m’impressionne autant par sa puissance. Minuscule sous les étoiles, je me sens comme aspiré dans un entonnoir mystique…Enfilez votre imper et suivez-moi pendant 65 secondes dans le fracas d’Iguaçu !

…et voilà. Ce ne sont quelques impressions d’un territoire vraiment attachant dont je vais poursuivre l’exploration avec les moyens locaux

Le taxi local ?

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

De le 17. Octobre 2012 à 8.00  
Catégories: Argentine, Pays
“Les Mexicains descendent des Aztèques, les Péruviens descendent des Incas, les Argentins descendent…du bateau”, sourit mon guide en précisant que les porteños (habitants de la capitale argentine) adorent fréquenter le lieu de débarquement de leurs ancêtres: Puerto Madero, là où - logiquement - je commence ma visite.
Les anciens docks sont aujourd’hui le quartier tendance, aussi huppé que les wharfs de Cape Town, de Londres ou Oslo. Y fleurissent les restaurants design, les immeubles de standing. Certaines stars de l’architecture contemporaine ont laissé là leur empreinte, comme l’Espagnol Santiago Calatrava (un ancien de l’EPFZ!) avec l’un de ses ponts aux allures de harpe, comme d’autres déjà implantés à travers le monde. Celui-là s’appelle Puente de la Mujer (le Pont de la femme). Politiquement correct: toutes les avenues voisines portent des noms de femmes argentines célèbres.

L'élégant Puente de la Mujer de Calatrava

A quelque distance, un prédécesseur: le fameux pont transbordeur rouillé qui ne sert plus que de toile de fond aux cartes postales. Il inspire aussi les tagueurs qui trouvent sur les façades portuaires des espaces propices à l’expression de leur art.

Nostalgies à Puerto Madero

Souvent jugée tapageuse, l’architecture-spectacle irrite bon  nombre d’Argentins, comme Alejandro Frango, professeur de littérature et de philosophie, artiste et écrivain : “Dans la transformation du port, on a sacrifié un gigantesque silo qui faisait l’admiration du Corbusier et qu’il était question d’inscrire au Patrimoine mondial. Ce pays a du mal à défendre l’héritage de son passé glorieux. Les propriétaires démolissent les hôtels particuliers pour construire des immeubles de rapport: ils préfèrent investir dans la pierre plutôt que de conserver leurs avoirs en produits financiers que les crises dévaluent systématiquement (…) Quoi qu’il en soit, le destin de l’Argentine s’inscrit toujours entre civilisation et barbarie”, ajoute Alejandro en pointant son regard sur la Boca, une zone toute proche dont les couleurs attirent mon attention.

Les couleurs de la Boca

A la fin du XIXème siècle, ce fut le fief des immigrants italiens, génois surtout. Ce fut aussi le berceau de toute une bohème qui assista à la naissance du tango dans ses maisons closes. Cette pensée triste qui se danse - comme la définissent certains de ses aficionados – s’est aujourd’hui assagie jusque dans les théâtres et les festivals qui lui sont dédiés, à l’exception de quelques milongas plus interlopes, des boîtes comme Catedral, où quelques accents canaille peuvent encore émaner d’un bandonéon.
Les couleurs de la Boca se retrouvent sur d’autres murs de la mégapole aux plus de 10 millions d’habitants, notamment du côté de Palermo Chico, devenu le secteur le plus élégant de la capitale.

Libre cours à l'imagination

Une exploration des environs me conduit jusqu’à Alto Palermo est l’un de ces shoppings – comme on appelle ici ces temples modernes de la consommation. On y trouve aussi des multiplex de cinémas et des chaînes de restauration.
En consultant le plan de la ville, je note que Buenos Aires s’est lancée en damier à travers la pampa, faisant de l’angle droit sa philosophie. A la différence de nombreuses cités européennes, elle ne s’est pas développée à partir d’un petit centre historique, de façon organique, avec des rues biscornues et des monuments serrés comme à la parade.
Ah, les monuments…Ceux offerts à l’Argentine à l’occasion de son centenaire (1910) ont été diversement appréciés. Alors que certaines fontaines et statues venues de loin ornent encore bon nombre de squares, le cadeau de la Suisse a été discrètement relégué dans un parc de seconde zone. Au vu de cette lourde allégorie d’une Mère Helvétie étreignant son homologue argentine, on ne saurait trop en vouloir aux signataires de cet exil.

Un cadeau (?) helvétique...

On me dit partout que les Argentins ont une solide propension à l’admiration. De fait, je relève un peu partout des hommages aux stars nationales. MaradonaCarlos Gardel (le roi du tango) et surtout Evita Perron, idéalisée à grands frais jusque sur les façades de certaines administrations.

Une figure emblématique qui s'illumine la nuit...

Ce ne sont là, bien sûr, que quelques impressions d’une mégapole où je suis impatient de vous emmener par la vidéo (voir plus bas). A propos d’Evita, impossible de faire l’impasse sur la Casa Rosada, le palais présidentiel d’où les Perón aimaient s’adresser aux porteños rassemblés sur la célèbre Plaza de Mayo.

Un balcon historique

Bon nombre d’habitants ont considéré comme sacrilège l’apparition de Madonna sur ce célèbre balcon, lors du tournage du film musical Evita, dont elle incarnait l’héroïne.
Et maintenant, prenez 65 secondes pour me suivre par la vidéo à travers la deuxième ville la plus peuplée d’Amérique du Sud (après Sao Paulo) !


Terra Sacra

Terra Sacra (Sean F. White)

J’adore les time-lapses, non seulement parce qu’ils sont généralement composés d’images magnifiques, mais qu’en plus ils nous font aussi voyager à travers le monde grâce à l’oeil d’un appareil, encore mieux que si on regardait une simple photo. Celui-ci, fait par Sean F. White, est tout simplement époustouflant.

Quels sont vos time-lapses préférés? Partagez-les dans les commentaires, qu’on puisse tous en profiter!

Kien Lam a quitté son travail pour partir faire un voyage autour du monde. Il a parcouru 40000 kilomètres, en prenant au total 19 avions, 18 bateaux et 58 autobus. Son voyage a duré 343 jours, et il est passé dans 17 pays différents.

Son voyage a été plutôt low-cost, puisqu’il s’est arrangé pour que les trajets, hôtels et nourriture ne lui coûtent pas, au total, plus cher par mois que de vivre à San Francisco. Cela veut sans doute dire qu’il a passé aussi quelques nuits à la belle étoile, mais en plus de voyager il compte aussi dans son budget les nombreuses activités qu’il a pu faire sur place.

Pendant ce long voyage, il a pris plus de 10’000 photos en timelapse (séquences rapides). Il en a mises 6237 de côté en particulier, présentées les unes après les autres dans cette vidéo, grâce à laquelle vous pourrez faire un tour du monde avec lui en moins de cinq minutes.

Vous pouvez retrouver plus d’informations sur son site:

De le 4. Octobre 2010 à 11.43  
Catégories: Argentine, Chine, Conseils, Espagne, Etats-Unis, France, Israël, Italie, Ukraine

Je cherche parfois, pendant mes moments de réflexion sur le voyage, des manières un peu différentes de se dépayser. L’idée d’aller visiter les villes qui ont un accord de jumelage avec la mienne m’est venue à l’esprit récemment. Le jumelage est un accord socio-culturel bénéfique pour chacune des villes.

Voici ce que j’ai découvert par rapport à mon ancienne ville, Toulouse: elle est jumelée avec un paquet d’autres villes! J’ai visité, via le net, chacune d’entre elles, et voici ce que j’en ai appris…

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