4 Articles dans cette catégorie Cambodge.

De Michelle Carrupt le 15. février 2012 à 16.02  
Catégories: Cambodge, Conseils

Friends-International a lancé récemment une campagne avec le soutien de l’Unicef. Elle incite les touristes à mettre fin ensemble à ce qu’on appelle le tourisme d’orphelinat au Cambodge.

Qu’est-ce que le tourisme d’orphelinat ?

Les touristes voyageant au Cambodge se font régulièrement accoster par des enfants leur proposant de rendre visite à leur orphelinat. En général, lors de la visite les enfants donnent un spectacle (de danse la plupart du temps) à l’issue duquel ils demandent aux visiteurs de faire un don pour couvrir les frais de fonctionnement de l’orphelinat. Ces milliers de visites de touristes ont permis à une véritable industrie de se développer. C’est ce qu’on appelle le tourisme d’orphelinat.

Pourquoi mettre fin au tourisme d’orphelinat ?

En rendant visite aux orphelinats, les touristes causent plus de mal que de bien, malgré leurs bonnes intentions. Ce tourisme d’orphelinat est souvent organisé par des agences peu scrupuleuses. Il ne respecte pas les standards de protection, d’éducation et les droits de l’enfant… De plus cette industrie contribue à éclater davantage les familles cambodgiennes. Sans qu’on s’en doute, ces pratiques vont aussi contre les Droits de l’Enfant (charte de l’ONU).

Beaucoup de ces centres résidentiels à long terme se qualifient eux-mêmes d’orphelinats. L’expérience montre que ces centres sont plus comme des foyers ou des internats puisque la plupart des enfants rendent visite régulièrement à leur famille pendant les grandes vacances. Le terme « orphelinat » est probablement utilisé parce qu’il résonne auprès des étrangers et facilite la récolte de fonds.

La visite d’orphelinats peut être néfaste

La grande majorité des enfants cambodgiens vivant en orphelinats ne sont pas orphelins, ils ont encore leurs parents. En fait, selon les statistiques gouvernementales, seuls 26% des enfants ont perdu leurs deux parents.

La pauvreté et le manque d’accès à l’éducation sont les principales raisons qui poussent les parents à envoyer leurs enfants en orphelinat. Ceux-ci sont devenus une réponse facile aux problèmes de pauvreté et d’exclusion. Beaucoup d’orphelinats recrutent activement les enfants dans des provinces pauvres en convainquant, forçant ou même payant les parents pour qu’ils donnent leurs enfants. Beaucoup de parents croient que les enfants seront mieux dans ces centres.

Soutenir financièrement ces centres entretient la dépendance et n’aide ni les parents, ni les enfants.

Touristes, n’allez pas dans les orphelinats

Voyageur au Cambodge, vous serez sans doute sollicité pour aider financièrement ces « orphelins ». Face à l’extrême pauvreté des enfants, il est difficile de rester indifférent. Apitoyé, vous serez peut-être tenté de donner quelques jours de vos vacances pour participer à la vie d’un de ces orphelinats, pensant bien faire et encouragé par des responsables insistants rencontrés dans des lieux touristiques.

S’il vous plaît, n’en faites rien. Ne donnez pas d’argent au premier orphelinat venu. Ne faites pas de tourisme d’orphelinat.

A la place, soutenez une organisation locale qui propose des activités aux enfants dans la journée mais où les enfants rentrent chez eux le soir. Soutenez des organismes dont l’action est pérenne et qui prennent vraiment en compte les Droits de l’enfant.

Avant de visiter un orphelinat, posez-vous les questions suivantes :

  • En quoi ma visite peut-elle faire du tort aux enfants ?
  • Dans mon propre pays est-ce que j’envisagerais de visiter un foyer pour enfants durant ma journée ? Aimerais-je que mes enfants soient pris en charge par du personnel étranger, non qualifié et qui change chaque jour?
  • Ma contribution est-elle pérenne ?

Evitez d’acheter aux enfants et évitez de donner de l’argent aux enfants mendiants.

Donner de l’argent aux enfants les encourage à rester dans la rue et les maintient dans une situation de danger. Si vous voulez les aider, ne donnez pas d’argent directement aux enfants. Au lieu de cela, vous pouvez soutenir les organisations qui aident ces enfants à construire un futur meilleur.

Soyez attentifs!

Si un enfant vous semble en danger, informez la police, les services hospitaliers ou une organisation de protection de l’enfance.
En Suisse, vous pouvez annoncer des soupçons de tourisme sexuel en remplissant ce formulaire.

Pour en savoir plus

De Michelle Carrupt le 6. janvier 2011 à 9.13  
Catégories: Cambodge, Kenya, Madagascar, Suisse, Thaïlande

En novembre dernier, la Suisse, l’Allemagne et l’Autriche ont lancé une campagne pour protéger enfants et adolescents de l’exploitation sexuelle dans le tourisme.

« Ne détournons pas notre regard, nous pouvons prévenir l’exploitation sexuelle des enfants »

c’est le slogan de la campagne. Un spot vidéo en allemand a été diffusé dans ces trois pays et un site internet est ouvert pour faciliter la dénonciation des cas suspects, via un simple formulaire.

Les Suisses sont concernés, comme le souligne Swissinfo:

Au Kenya, selon une étude de l’UNICEF [...] en 2007, uniquement sur les régions côtières, 3’000 mineurs ont été exploités sexuellement au quotidien. 70% des coupables n’étaient pas Kenyans. Ils venaient pour 18% d’entre eux d’Italie, 14% d’Allemagne et 12% de Suisse»

J’ai déjà été interpellée par certains comportements lors de mes voyages et j’aurais bien aimé pouvoir utiliser un tel site pour le signaler. Que ce soit à bord de certains vols à destination de l’Asie, dans des hôtels ou des restaurants, sur des plages ou dans certaines rues le soir. Je me souviens très particulièrement d’un groupe d’enfants accompagné d’un adulte, sur une terrasse de café en France voisine. L’adulte avait notamment envers un enfant du groupe un comportement des plus étrange qui m’avait laissée très mal à l’aise. Un autre cas aussi d’un adulte accompagné d’un jeune enfant, obèse, dans un hôtel de Hanoi. Il n’était visiblement pas le père, et n’avait pas un comportement adéquat avec cet enfant. Dans les environs d’Angkor au Cambodge, à la nuit tombée, les hommes seuls qui rôdent dans les rues de Siem Reap n’ont pas tous, et de loin, de bonnes intentions.

Toutefois, ne tombons pas dans la paranoïa. Il m’est déjà arrivé d’avoir à subir des regards suspects et de devoir me justifier lorsque je voyageais avec des enfants n’étant pas visiblement les miens! Tout est dans la nuance, j’espère que cette campagne sensibilise les voyageurs. L’exploitation de la misère et de la grande pauvreté des enfants par des prédateurs adultes et riches n’est pas tolérable.

Liens utiles

De Michelle Carrupt le 5. février 2010 à 12.04  
Catégories: Cambodge, Littérature

J’écoutais cette semaine l’émission Rien n’est joué, de Madeleine Caboche sur la RSR. Elle recevait la biographe Dominique Bona qui présentait son ouvrage consacré à la biographie de Clara Malraux « Nous avons été deux« . Elle en a parlé si bien que je me suis mise à voyager dans ma tête.

Dominique Bona évoque le périple cambodgien du couple Malraux, durant lequel ils ont découvert (et pillé!) le magnifique temple Banteay Srei dans la citadelle d’Angkor. J’ai eu la chance de le visiter en 2007, dans de bien meilleures conditions que Clara Malraux sans doute! Aujourd’hui on accède aux temples d’Angkor en voiture ou bus, les temples sont restaurés et accessibles. On peine à imaginer ce que pouvait être à l’époque la découverte de ces ruines envahies par la végétation et les conditions d’accès à dos de buffle ou d’âne ne devaient pas être très aisées.

De Michelle Carrupt le 9. septembre 2009 à 5.36  
Catégories: Cambodge, Conseils

Plus de deux millions de touristes découvrent chaque année les vestiges archéologiques des fabuleux temples d’Angkor, patrimoine mondial de l’Humanité protégé par l’Unesco. Il faudra encore bien des années pour que cette civilisation dévoile tous ses secrets et qu’on comprenne pourquoi elle a disparu.

Les visiteurs débarquent à Siem Reap, la ville d’où partent toutes les visites. Ils ont souvent assez peu d’idées sur ce qu’ils vont voir. Angkor est un parcours quasi obligé, proposé par tous les tours opérateurs de l’Asie du Sud Est. Les cars déversent leur quota de touristes tous les jours devant les mêmes temples, au même moment, et ils tournent tous dans le même sens. Les visites des temples principaux se font au pas de charge. Les touristes se retrouvent un peu piégés sans pouvoir s’éloigner de la boucle. Accablés de chaleur, on les voit déambuler plus ou moins hébétés et plus ou moins intéressés par les informations que débitent des guides récitant fidèlement un texte souvent appris par cœur. Ah, les joies du tourisme de masse!

Si vous voulez éviter cette foule bruyante et encombrante, voici quelques trucs que j’ai testés lors d’un voyage à Angkor. Fuyez les groupes, documentez-vous un peu avant la visite et surtout prenez le temps de découvrir les lieux et les gens. On peut tout à fait visiter Angkor seul. Le site est très vaste, les temples très nombreux. Il est facile de trouver un moyen de locomotion individuel à des prix très abordables.
Angkor-57

Billets d’entrée

Pour visiter le site, il faut acheter un pass à l’entrée du parc. Le prix est de $20 (US) pour un pass d’un jour, $40 pour 3 jours consécutifs, $60 pour 7 jours consécutifs. La durée est fonction de votre emploi du temps, mais un jour n’est pas suffisant. Si vous arrivez le soir, vous pouvez acquérir le pass pour le lendemain, histoire de ne pas perdre du temps dans les files d’attente.

Moyen de locomotion

Évitez les cars et bus pour les groupes ainsi que les vélos: les cars pour d’évidentes raisons et le vélo parce qu’il fait trop chaud. De plus, en cas de pluie, les chemins deviennent vraiment boueux et glissants et une crevaison loin de votre lieu de résidence peut s’avérer dangereuse. La nuit tombée, il veut mieux ne pas se trouver hors de la ville de Siem Reap.

Tuk-tuk d'AngkorPrévilégiez le tuk-tuk, tricycle à moteur avec cabine, la moto ou la voiture climatisée avec chauffeur. Il faut compter environ $35 pour la journée pour une voiture avec chauffeur. Il y a toujours un supplément pour les temples les plus éloignés. L’essence coûte cher, c’est donc tout à fait normal. Le chauffeur vient vous prendre à votre hôtel et vous y ramène le soir. Il peut vous faire découvrir des endroits moins courus que d’autres. S’il parle anglais, vous pourrez discuter avec lui et connaître un peu des conditions de vie des Cambodgiens d’aujourd’hui.

Horaires

Le site ouvre à 5h et ferme à 18h. Il faut donc se lever très tôt pour voir le lever du soleil et arriver sur les lieux avant les groupes de touristes. Tous les groupes vont au même point voir le lever ou le coucher du soleil. Si vous n’aimez pas faire le mouton, attendez qu’ils aient quitté le temple. Certes, vous n’aurez pas « la » photo du lever de soleil derrière « la » bonne pierre, mais le plaisir de la visite sur un site quasi désert et silencieux est incomparable!

Quels temples visiter

Les temples les plus spectaculaires, les mieux restaurés sont les plus visités. En s’éloignant un peu des grands circuits, on peut faire de très belles découvertes en évitant la foule. Cette liste complète des temples et de leur emplacement sur le site vous aidera à planifier vos visites. Il faut prévoir du temps sur chaque site, les visites au pas de charge n’ont que peu d’intérêt et vous laisseraient un mauvais souvenir. Mon temple préféré: Banteay Srey, visité en fin de journée, dans une belle lumière, avec peu de monde.
Banteay Srey
Préparer son circuit en allant dans le sens inverse des groupes. Tous les bus arrivent en même temps et commencent le circuit au même endroit, en général au début du site. Si vous disposez d’un véhicule individuel, allez au temple le plus lointain et faites le circuit dans le sens inverse des foules.

Vendeurs de souvenirs

Le Cambodge est un pays très pauvre et le maigre salaire de ces jeunes est souvent la seule ressource pour toute une famille. Leur acheter quelque chose ne vous coûtera que quelques $ avec lesquels ils pourront vivre mieux. N’exhibez toutefois pas vos valeurs, soyez fermes si vous ne voulez rien acheter, ne marchandez pas pour quelques centimes mais ne soyez pas naïfs non plus. Ne les regardez pas comme des ennemis, des arnaqueurs, mais plutôt comme des jeunes luttant pour leur survie. Échangez quelques mots en anglais avec eux, parlez de leurs conditions de vie quotidiennes — c’est enrichissant pour vous comme pour eux.

Guides touristiques

Faut-il un guide touristique pour visiter Angkor ? Tout dépend de vos envies, de vos connaissances, de votre intérêt pour l’archéologie et pour l’histoire de cette région. Ça dépend aussi des guides, car il y a guides et guides. On peut tout à fait se débrouiller par soi-même, avec des guides papier qui décrivent les endroits à visiter et en préparant ses visites. Les bons guides francophones sont très rares, à moins d’avoir affaire à un organisme spécialisé.

Pour aller plus loin