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3 Articles dans cette catégorie Moldavie.
Vers le Nord et Soroca
Catégories: Conseils, Moldavie, Récits de voyage
En arrivant à l’autogara de Nord de Chișinău, je suis un peu déboussolée… le monde, la musique… Chișinău compte trois gares routières: celle du Nord, la Centrale et du Sud. Ma destination du jour est Soroca, une ville historique et “capitale des Tsiganes moldaves” à la frontière ukrainienne.
En fait de bus, ce sont des minibus (ou plutôt des maxitaxis) qui se pressent les uns contre les autres. C’est le moyen le plus utilisé, le plus efficace et le meilleur marché pour se déplacer. Il suffit simplement de se rendre dans une des gares un peu avant l’heure précise et vous ne devriez pas attendre plus de 15 minutes avant d’embarquer. Ces maxitaxis ont normalement une heure de départ mais ils partent généralement le plus plein possible. Vous paierez au guichet ou au chauffeur lui-même (vous pouvez aussi réserver votre ticket pour un autre jour). Petit conseil: veillez à vous munir de petites coupures car les chauffeurs n’auront en général pas la monnaie nécessaire pour vous rendre la monnaie sur un billet de 100 ou 200 lei (c’est valable pour presque tous les achats que vous ferez en Moldavie).
En route donc! A peine sortis de Chișinău, nous voilà en pleine campagne et je découvre les joies et soubresauts des routes moldaves sur fond musical russe… Le paysage se déroule doucement… une suite de collines qui vallonnent gentiment, couvertes de cultures et de vignes et qui deviennent de plus en plus langoureuses au fur et à mesure que l’on monte vers le nord. De temps en temps, nous croisons une charrette tirée par des chevaux.
Trois heures plus tard, le maxitaxi débarque ses passagers à la Gare routière de Soroca. Je suis toute endolorie par le voyage. Mon dos et mes fesses n’ont pas apprécié du tout! Le centre ville est à un petit kilomètre de marche juste tout droit, en suivant la “rue de l’indépendance”, qui semble être l’axe central de Soroca. Bordée de petites maisons et de marronniers qui ont déjà pris les couleurs de l’automne, cette rue respire le calme… Tout d’ailleurs semble paisible ici. Ca doit tenir de tout ces arbres et des parcs… J’atteins d’ailleurs celui du centre-ville ou quelques ados sont, comme dans la capitale, branchés sur leurs ordinateurs, et quelques jeunes mamans promènent des landaus.
De l’autre côté de la rue, un autre parc et à travers les arbres: le toit de ce que je suis venue voir: sa citadelle fortifiée! Placée face au Dniestr et à l’Ukraine, la citadelle domine le fleuve de sa belle masse harmonieuse. C’est Stefan cel Mare (qui d’autre) qui fit bâtir une première forteresse en bois pour défendre ses frontières avant que son fils ne construise celle que nous voyons vers le milieu du XVIe. Malheureusement, alors que les renseignements pris signalaient que la forteresse était ouverte tous les jours sauf le lundi, celle-ci est fermée… Et le restera puisque le panneau m’indique qu’elle n’est ouverte qu’à partir de mercredi. Je peste mais cela ne m’empêche pas d’en faire le tour et de regarder l’intérieur par les interstices de la porte principale. Je fais contre mauvaise fortune bon cœur et vais me balader du côté du Dniestr.
Le soleil brille, les rives vertes sont tranquilles. De l’autre côté, des vaches ukrainiennes broutent paisiblement et sur chaque rive, des pêcheurs sont à l’œuvre. Je pars me balader dans des petites rues de sentiers battus, tortueuses, ou se mélangent maisons anciennes et mini-palais en cours de construction mais pourtant, je ne croise personne! Après une petite heure de balade, je retourne vers le parc qui entoure la citadelle. J’y ai remarqué un bar-restaurant qu’il me tentait bien d’essayer, d’autant plus que j’ai l’estomac dans les talons. Malheureusement, seul le bar est ouvert. J’observe les jeunes filles qui sont à la terrasse et la serveuse. Apparemment, ici, la population à plutôt l’air russe ou ukrainienne! Changement de région, changement de langue!
Finalement, je me laisse gagner par l’atmosphère paresseuse de la ville et y prends tout mon temps… tellement de temps qu’il est trop tard pour visiter le quartier rom. Les Roms sont une partie importante de Soroca. Rassemblés sur une colline, ils y ont construit des résidences qui rivalisent d’extravagance. Par définition nomades, ils travaillent à l’Ouest ou en Russie et l’argent gagné part à la construction de ces mini-palais. Il faudra que j’y retourne pour découvrir ce que ce blogueur y a vu.
Je me balade donc le long du Dniestr, à regarder de tout petits poissons qui s’enfuient à toute vitesse dès que je m’approche, un pêcheur tente de me faire la conversation… mais je ne parle ni roumain, ni russe… et il en rit! La douce lumière d’un soleil déclinant conspire à rajouter une couche de langueur à ce décor si calme. J’ai l’impression de fonctionner au ralenti, comme les canards qui se laissent glisser sur l’eau. Il faudra mon retour sur la rue principale pour me sortir de la torpeur. Les enfants sortent de l’école et c’est une joyeuse cohue aux arrêts de bus.
Arrivée à l’autogare, je trouve un maxitaxi en partance pour la capitale. J’observe les autres passagers. Parmi eux, une jeune Américaine qui accompagne deux pré-ados. On réalise vite qu’en Moldavie, pays le plus pauvre d’Europe (du moins en terme de PIB/personne), le voyageur rencontrera souvent de jeunes Occidentaux venus travailler, bénévolement ou pas, dans la coopération. Dans les abords immédiats de Soroca, le maxitaxi s’arrête souvent pour laisser descendre enfants et ados, quelque fois au milieu de nulle part. Les plus chanceux tombent sur une voiture qui va dans leur direction. Un pouce levé et hop, vous voilà pris en charge (la Moldavie et la Roumanie sont d’ailleurs connus pour être d’excellent pays où faire de l’auto-stop). Dans un voile doré, nous dépassons un petit garçon blond monté sans selle sur un cheval blanc, et je tombe dans une somnolence qui me fait sembler le voyage beaucoup plus calme et court (la suspension de la camionette d’une célèbre marque allemande a dû aider).
J’ai en effet besoin de récupérer! Demain, je me rends dans mon premier “non-Etat”: la Transnistrie. Et vu ce que j’en ai entendu, ça promet!
Balade à Chișinău
Catégories: Conseils, Moldavie, Récits de voyage
Ses rues portent les cicatrices mal refermées de l’histoire… Les planifications de la fin du 19e siècle, l’invasion roumano-allemande de 1940 suivie d’un tremblement de terre qui laissa 70% de la ville détruite, la reconquête par l’armée rouge puis les années de communisme jusqu’à l’indépendance en 1991 et un capitalisme sauvage.
Et voilà Chișinău, ville aux allures provinciales, qui se retrouve propulsée au rang de capitale. Il y règne une espèce de bouillonnant chaos. Sur un arrière-plan de bâtiment classique, une statue communiste monumentale trône sur une place. Au coin de la rue, une pub géante pour une marque de vêtements branchée sous laquelle défilent de jolies moldaves en hauts talons, qui font le slalom entre les trottoirs défoncés. Tous les 10 mètres, on trouve une boutique de téléphonie mobile, ou un kiosque vendant snacks et boissons. C’est que l’été s’est attardé sur la Moldavie!
La plupart des monuments se trouvent le long du Boulevard Stefan cel Mare, l’artère principale de la ville. Toujours pleine de monde, toujours en mouvement! Première étape au début du boulevard, le Monastère Sf. Teodor Tiron dont les bulbes bleus et or sont en train d’être restaurés. Dommage pour moi et mon appareil qui devra trouver un petit angle de prise de vue.
Je rejoins l’avenue et passe devant nombre de bâtiments. Certains sont des ministères ou des bâtiments gouvernementaux comme le Parlement. D’autres sont des lieux de culture: la fantaisiste “Maison de l’orgue” où l’on peut écouter des concerts, l’élégant théâtre national Mihai Eminescu ou l’Opéra et Ballet National, qui est ce que les Soviétiques ont laissé de plus joli. Mais ce qui fait le charme de Chișinău, ce sont ses parcs.
La Moldavie aime la verdure! La plupart des grandes artères sont bordées d’arbres et Chișinău est parsemée de parcs et de jardins, petits et grands, où, comble du rêve de nomade numérique, le wi-fi y est proposé gratuitement! C’est là que semble battre le coeur de la ville. Les personnes âgées se reposent, des jeunes mères y promènent des landaus tandis que des ados équipés de portables travaillent, écoutent de la musique ou regardent des vidéos en groupe.
J’y ai trouvé mon coin préféré de la ville, le Parc de la cathédrale de la Nativité, dont l’entrée est marquée par un petit Arc de Triomphe. Sur la terrasse du Café Régal sous l’ombre des parasols, il fait bon déguster un petit plat et boire une Chișinău Aura bien fraîche (une des nombreuses bières locales)! Si vous sortez du parc vers la gauche, tout le côté est rempli par les échoppes des fleuristes. Ce sont les roses qui ont la place de choix! Des roses aux boutons énormes et aux couleurs chatoyantes qu’achètent d’élégants jeunes hommes en costume. Un plaisir pour le nez et les yeux! De l’autre côté du boulevard, dans le dos du Monument à Stefan cel Mare, un autre parc du même nom où, après avoir traversé une allée d’auteurs et savants connus dans l’allée des classiques, on peut saluer la statue d’Alexandre Pouchkine qui fut envoyé à Chișinău en exil intérieur.
Les rues parallèles à droite de Stefan cel Mare sont tout aussi bordées d’arbres, mais l’ambiance est différente. Les maisons ont été plus ou moins préservées et ont presque l’air coupées de toute l’agitation à peine quelques mètres plus loin. On est dans le quartier des écoles, des universités et des ambassades… Une petite promenade entre les rues Bucuresti, Alexei Sciusev, Mihail Kogalniceanu et Alexei Mateevici fera une charmante pause avant la prochaine étape…
Je termine mon exploration par la Piata Centrale. Un concentré d’ambiance moldave! L’espace est partagé entre un marché aux légumes (les légumes les plus gros que j’aie jamais vus, vraiment), une halle aux viandes (nez et cœurs sensibles, abstenez-vous), les innombrables kiosques, les vendeurs de CDs de musique Manele ou russe mais surtout les tonnes de taxis, de maxitaxis et de minivans, car c’est également ici que se trouve une des gares autoroutières (l’essentiel des déplacements en Moldavie se fait en maxitaxi). Si vous vous sentez fatigués, un petit tour par là et vous êtes requinqués par l’énergie qui s’en dégage…
Juste parfait pour trouver le restaurant où aller dîner ce soir!
En route pour la Moldavie…
Catégories: Moldavie, Récits de voyage
Ne me demandez pas pourquoi j’ai décidé d’aller en Moldavie…
Peut-être parce que cela rime avec Syldavie (en bonne Tintinophile que je suis…) ou alors ce sont les prestations des groupes moldaves à l’Eurovision de la chanson qui m’ont poussée à aller humer un air apparemment stupéfiant… Bref!
Pour y arriver, en Moldavie, il y a bien sûr l’avion (via de nombreux autres pays de l’est) mais plus romantique, il y a aussi le train, c’est-à-dire un train de nuit qui fait la route entre Bucarest et Chisinau, la capitale moldave.
On achète son billet le jour même, à la Gara de Nord de Bucarest, et on choisit si l’on veut partager un compartiment de 2 ou 4 couchettes. Un peu avant 19h10, vous aurez découvert votre cheval de fer: un vaillant rescapé d’un temps révolu: celui de l’URSS. L’accompagnateur de train vérifiera votre billet et viendra vous apporter serviettes et draps pour la nuit… Problème: pas de douche… juste une toilette exigüe et qui n’incite pas vraiment à y passer plus que le temps nécessaire. Bon…
Vous découvrirez l’intérieur désuet, les tapis couvrant le couloir et votre compartiment et comme le veut la tradition, un petit pot de fausses fleurs ayant connu des jours meilleurs viendra égayer votre tablette, déjà un peu branque.
Ça y est, vous êtes déjà dépaysé!
A travers les petits rideaux, vous regarderez le train s’ébranler et se lancer dans le soleil couchant, vers l’est. Pas de wagon-restaurant: vous aurez prévu votre casse-croûte pour la soirée. Vous aurez également prévu vos boules Quiès. Parce qu’oubliez le fantasme du bercement du doux rythme du train: c’est loupé! Ces vieux trains grincent de partout et même si les matelas et oreillers sont confortables, ça va être dur de dormir.
Le train filera dans la nuit, s’arrêtant de temps en temps, jusqu’à 3 heures du matin ou l’accompagnateur vous réveillera: “passeport!”. C’est la frontière roumaine puis après, deuxième arrêt à la frontière moldave (pas besoin de visa pour les citoyens suisses) et normalement, vous devriez être admis sans problèmes.
Ne pensez pas vous rendormir, il faut encore changer les roues du train, vu la différence de largeur des rails entre pays ex-URSS et européens. Une opération qui prendra sans doute une heure.
Le soleil devrait se lever sur la Moldavie un peu plus tard et vous découvrirez un paysage fait de collines, de champs et de bosquets… Pastoral à souhait et reposant avant d’arriver à Chisinau et sa jolie gare…
A suivre!