15 Articles dans cette catégorie Philippines.

De Corinne Stoppelli le 4. avril 2012 à 16.48  
Catégories: Conseils, Philippines

Si pour vous le concept de vacances inclut les notions suivantes: se dorer la pilule les pieds en éventail sur le sable blanc, prendre part à un doux farniente, voir des poissons tout colorés et se coucher à des heures plus que matinales la tête dans l’éther… alors la petite île de Boracay, dans les Philippines, a certainement été taillée pour vous!

Il y en a pour tous les porte-monnaies… euh, pour tous les goûts! Car bien qu’elle soit bondée de resorts plus ou moins luxueux (dans des standards qui ne sont pas, finalement, vraiment comparables à nos habitudes européennes), il y a raisonnablement de quoi faire pour les petits budgets et les backpackers.

Jetez un oeil à ma carte de Boracay: vous y trouverez les restaurants, cafés et clubs/bars que j’ai pu apprécier. L’île est divisée en plusieurs stations, la plus populaire étant la Station 2.

Afficher Philippines – Boracay sur une carte plus grande

Où dormir pour pas cher à Boracay?

J’ai logé à Trafalgar Cottages, un petit resort tranquille posé dans la Station 2. Il propose de petits bungalows privatifs, avec généralement une terrasse privée et un hamac. Le personnel est amical, souriant et de bon conseil.
Un bungalow pour deux, avec salle de bains commune, vous coûtera environ 9€ (divisez-moi ça par deux)! Vous pouvez aussi investir dans une salle de bains privée, bien entendu.

Oh et, vous savez quoi? Il y a des couchsurfers sur l’île. La communauté Couchsurfing est plutôt impressionnante, aux Philippines.

Boracay sunset

Coucher de soleil sur Boracay

Vous voulez manger à la mode philippine?

Excellent choix! Personnellement, j’adore — et je reviens à chaque fois du pays avec quelques kilos supplémentaires… sur ma personne! Heureusement que ça ne compte pas, dans les avions.

Vous trouverez de bons petits (et modestes) plats chez Big Mamas (juste à côté du Starbucks, sur le bord de mer) et au Zest Restaurant (un peu plus à l’intérieur, presque en face de E-Mall).
Le premier offre une petite sélection bien autochtone. Quant au deuxième, il propose une carte bien remplie de plats philippins comme occidentaux, et des petits-déjeuners complets à s’en pourlécher les babines.

Mes recommandations: Bicol Express chez Big Mamas (piquant!), Bistek chez Zest, et Inasal (poulet au barbecue) un peu partout dans le pays.
N’oubliez pas d’ajouter du kalamansi sur votre poulet, un petit fruit mi-lime, mi-orange: c’est le secret de toute bonne recette aux Philippines!

Mango in Boracay

Une délicieuse salade de mangues fraîches et bien mûres (et du kalamansi!) au Zest

Party party party!

Boracay, c’est un peu ça en résumé: le sable blanc, l’alcool à flots, les couchers de soleil, et les couples de Coréens en lune de miel. Vous y trouverez donc tout un tas de fêtards: un ravissant melting pot des quatre coins du monde, de tous âges et de tous parcours, parfaitement mélangés aux autochtones en vacances et aux habitants de l’île.

Si vous aimez les clubs bondés qui passent les hits de l’été… (en même temps, aux Philippines, la majorité des clubs fonctionne avec ça) (mais sans Justin Bieber quand même) vous apprécierez sans doute Summer Place et Palaw Club. Il y a aussi la version plus classy et renommée: Epic.
Quand même, ne vous attendez pas à une scène avant-gardiste, on fait avec les moyens du bord… et finalement, après quelques Red Horse (l’une des bières locales), on ne sent même plus la différence.

Bon, si vous appréciez quand même plus la musique électronique un poil plus soignée et sélective, il faudra vous exiler de l’autre côté de l’île, au Jungle Bar. Il siège sur une magnifique plage privative, loin des foules, avec un beau jeu de lumières, une chouette ambiance et un service soigné.
À ne pas rater: les full-moon parties!

Si vous n’avez pas vraiment envie de vous joindre à la foule en délire, essayez peut-être Pat’s Creek ou Bom Bom Bar. Proches l’un de l’autre, ils se partagent un groupe de musiciens enthousiastes dont le répertoire jongle entre rock old school et reggae philippin.

Et au milieu de tout ça, il y a aussi Le Soleil de Boracay, sur le toit d’un hôtel qui donne sur la plage. Je l’aime bien, moi, même s’il n’y a pas une foule terrible: de la terrace, on peut observer les gens passer. La musique, c’est aussi les hits du moment, mais mixés de façon plus soignée (si tant est qu’une telle notion existe). Bref, c’est l’idéal pour profiter de l’ambiance relax sans le bain de sueur.

White sand of Boracay

Ah, le sable blanc de Boracay!

De Corinne Stoppelli le 23. janvier 2012 à 6.32  
Catégories: Philippines, Récits de voyage

Pour économiser un peu sur mon vol vers Hong Kong, j’avais prévu une escale à Manille. L’heure et demie qu’aurait pu durer mon trajet s’est inexorablement allongée jusqu’à atteindre… les huit heures. Non satisfaite de cumuler tant de voyage, j’ai pris un vol qui a décollé au beau milieu de la nuit: 1:25 du matin.

Un lever de soleil à Taïwan

Si vous êtes en train de vous dire que je pouvais en profiter pour dormir… et bien non. Parce que les vols sur la compagnie philippine Cebu Pacific (qui est sur liste noire en passant, mais bon, je ne me suis jamais écrasée), sont bondés d’une foule placide qui avance sans engouement vers le comptoir à la dernière minute. Ben quoi, vous diront-ils, ça sert à quoi de prendre de l’avance? Et je suis d’accord avec eux. C’est pourquoi je me retrouve là, dans le hall, avec les 299 autres passagers de mon vol.

Quand je demande au steward de me désigner la file, ses yeux se plissent et son bras s’allonge dans un geste dramatique: là-bas! s’écrie-t-il. Il semble vouloir crier « Terre, mes amis! Terre! ».

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De Corinne Stoppelli le 12. décembre 2011 à 12.31  
Catégories: Philippines, Récits de voyage

Après notre première charmante nuit à Bacolod, nous nous sentons tout à fait démotivées. Nous parlons de prendre un bus en direction de Dumaguete, voire tout droit vers Cebu, et d’oublier le festival MassKara pour lequel nous étions venues.

MassKara, Bacolod

Mais une fois l’estomac plein, la donne change: non, il faut qu’on y soit. Et puis, c’est une chance: certains de nos amis philippins nous proposent de couchsurfer dans leur chambre d’hôtel. Ce n’est pas très grand, et je suis au sol, mais c’est propre (et tant qu’il n’y a pas de cafards, moi, ça ne me dérange pas).

MassKara @ Bacolod

La Maison Blanche de Bacolod et ses décorations MassKariennes.

Les couchsurfers ont décidé de créer un événement Free Hugs au festival ce soir là. Cristine et moi on court à l’autre bout de la ville pour dégoter de quoi nous créer de jolies pancartes, ainsi qu’un masque qui sera notre laisser-passer pour la fête au Quartier des Artistes.

Malheureusement mon argent, qui restera coincé dans un distributeur, et la panique que cela engendrera (plus les interminables coups de fil) nous feront manquer cette occasion.

Nos minois boudeux seront néanmoins accueillis par quelques hugs sympathisants en guise de réconfort.

Concept très philippin: voitures de particuliers avec sono de fous. Une disco privée ambulante à poser légalement dans n’importe quel parking du coin.

Après un délicieux poulet inasal (barbecue) à même la rue que j’ai cédé à ces gamins qui ramassent les restes des gens (pas facile d’avoir de l’appétit face à cette misère) je me console dans ce qui doit être l’une des pâtisseries les plus en vogue de toutes les Philippines: Calea (voir ma carte de Bacolod).

Calea cakes

Les gâteaux de Calea, Balay Quince. La foule se presse dehors!

Et puis, place à la fête! Après une balade sur Lacson Street, sur-bondée d’une foule hyperactive, un peu saoule, masquée et amusante, nous nous rendons au Quartier des Artistes.


Nos amis et nous, dans le jeepney qui nous mènera au Art District (photo par Donna Mae)

Sur place, plusieurs shows et concerts, mais surtout les boissons les moins chères de la ville: 32PHP (0.55€) pour une bière Red Horse qui ne lésine pas sur le pourcentage d’alcool. Bref, c’est là que se retrouve la jeunesse étudiante sans le sou, et on la comprend.

Show au Quartier des Artistes.

Après quelques jours de remplissage de panse en bonne et due forme et de fête folle, il est temps de poursuivre notre itinéraire: ce sera droit vers Cebu.

De Corinne Stoppelli le 2. novembre 2011 à 10.08  
Catégories: Philippines, Récits de voyage

À Boracay, les journées passent, lentes, et l’on se demande quand on devrait lever l’ancre. Il n’y a pas grand chose à faire, mais on espère comme un retournement de situation improbable, et finalement, on s’abandonne à la paresse.

Boracay
Le sable blanc de Boracay… si léger et pailleté qu’on aime le garder sur ses pieds.

Un soir, on rencontre un blogueur-étoile philippin: James voyage grâce au revenu de son blog, avec un tout petit sac à dos. Il nous annonce que, quelques centaines de kilomètres plus loin, un festival va avoir lieu. Le MassKara est une mascarade carnavalesque qui se célèbre sur plusieurs jours dans la ville de Bacolod. Une étincelle s’allume dans nos regards: il faut qu’on y soit.

Nous plions donc bagage pour notre prochaine destination: Iloilo. C’est juste à côté de Bacolod (une heure et quelques de ferry). On n’a aucune réservation, mais James nous a recommandé une guesthouse à laquelle nous nous rendons sans hésiter.

Surprise! La place est quelque peu insalubre et ressemble à un ancien pénitencier… Pas chère, la chambre: on obtient ce que notre argent mérite. On ose à peine s’assoir sur le lit propre, ou toucher les objets dans la pièce. On est prises de démangeaisons soudaines (psychologiques). On décide de quitter les lieux. La madame, à la réception, nous demande pourquoi nous n’avons pas aimé… que dire? Elle nous signale qu’elle ne peut pas nous rembourser. Peu importe, on s’enfuit.

Plus tard on atterrira dans une charmante pension, DB’s Hometel, où l’on prendra soin de nous (jusqu’à ranger nos habits sur des cintres). On paie plus cher, mais on s’en fiche, au moins on dormira. Qui plus est, on nous gâte d’un excellent petit-déjeuner local.

Iloilo

On continue de travailler la journée et sortir le soir… pas beaucoup d’exploration touristique, mais on rencontre les locaux. Quelques Couchsurfers nous emmènent dîner et danser. L’ambiance est bonne, la nourriture délicieuse, les gens adorables — on est au coeur d’Iloilo.

Iloilo
Une partie des Couchsurfers, d’Iloilo et de Mindanao

Et puis il faudra repartir. À Iloilo, on nous avertit: tout va être booké pour le festival… personne, cependant, ne tente de nous décourager. C’est un pari un peu fou, que de nous y rendre avec notre pile de bagages sans idée d’où atterrir, mais nous voulons absolument y être.

Peu importe s’il faudra dormir sur un banc, notre portable dans les bras. Nous sautons dans le ferry.

Iloilo

De Corinne Stoppelli le 24. Octobre 2011 à 18.49  
Catégories: Philippines, Récits de voyage

Boracay, la terre promise? On vante cette petite île philippine de posséder l’une des plus plages au monde. Cristine et moi ne voyons pas l’heure… vacances, enfin? Non, pas vraiment. Comme à mon habitude, le travail me tombe dessus pile poil au moment fatidique. Je ne devrais pas me plaindre, c’est ce qui me permet de voyager, mais au final on n’aura pas beaucoup profité de l’île.

Boracay

Cependant, qu’y avait-il de mieux à faire? Nous sommes restées parquées près de White Beach, le coin touristique, près des cafés wi-fi (pas nombreux). Le travail, mais pas seulement: la pluie aussi, on est hors saison.

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De Corinne Stoppelli le 23. septembre 2011 à 9.52  
Catégories: Philippines, Récits de voyage

Adieu, Philippines! Je vous aimais.
La Thaïlande m’attend, inconnue, pleine de surprises, probablement très douce.

Le fameux fast food Inasal et un échantillon des moyens de transport les plus utilisés.

Je quitte les îles pour la capitale, Manille, où je devrai passer une nuit. J’ai réservé un lit dans un dortoir, quelque part. À mon atterrissage, je saute dans un taxi, à l’autre bout de l’aéroport: ceux qui sont stationnés en face vont m’embrouiller, tout le monde me l’a dit.

Le conducteur n’a pas vraiment d’idée concernant ma destination, mais il se rend dans la bonne direction. On arpentera quelques rues avant de dénicher la guesthouse, derrière un portail massif cadenassé à triple tour…

Dans le voisinage, on me dévisage. J’ai l’impression d’être un filet juteux. Je sonne, rentre, on m’ouvre et on referme derrière moi avec la même précaution immédiatement. » lire la suite

De Corinne Stoppelli le 19. septembre 2011 à 10.20  
Catégories: Philippines, Récits de voyage

Dans le taxi qui m’emmène à l’aéroport de Dumaguete, Carlo sait qu’il ne me reverra probablement jamais, mais il se fait positif.

Un papillon philippin

« Alors, quand reviendras-tu? »
« Bientôt! J’ai encore des choses à voir et puis je viendrai vivre ici. »

Carlo est enthousiaste.

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De Corinne Stoppelli le 12. septembre 2011 à 16.38  
Catégories: Philippines, Récits de voyage

Parmi les activités phare autour de la belle Siquijor et de l’effervescente Dumaguete, il y a évidemment la plongée*. Il y a de tout à voir: requins, raies, tortues, coraux, nudibranches, poissons tout colorés et j’en passe.

Petite joueuse, j’ai tenté le snorkeling histoire de me ré-apprivoiser au contact des profondeurs effrayantes. Je n’ai pas été déçue: j’ai même eu du mal à m’imaginer qu’il puisse y avoir quelque part une vie sous-marine plus belle que là-dessous.

Lors de ma croisade-croisière (toujours à lutter contre ma peur de l’eau) à Apo Island, une petite île au large de Dumaguete, j’ai nagé avec des bancs de poissons énormes, effleuré des créatures que j’aurais mieux fait de laisser tranquilles… et suis partie à la chasse (visuelle!) de tortues marines.

Sur le petit bateau, le maître-plongeur me recommande d’aller nager en eaux peu profondes (parfait!) pour trouver les tortues. Alors je nage, nage, nage avec précaution: peut-être dois-je être attentive et discrète pour apercevoir ces petites bestioles dans les algues.

Au bout d’une vingtaine de minutes, je désespère… pas passionnants, les rivages de cette île. Je lève la tête et… Oh, une tortue grosse comme une maison apparaît face à moi et semble me lancer un clin d’oeil avant de s’éloigner.
Certes, j’exagère un peu, mais oui, c’était grand cette bestiole-là. J’en ai croisé une dizaine, ou alors peut-être toujours les mêmes qui vaquaient au hasard juste comme moi… J’ai nagé au-dessus, au-dessous, à côté d’elles qui, peu intéressées voire un peu narquoises, me laissent approcher, mais jamais les toucher.

Juste moi et les tortues!

Plus tard il y a aussi ma rencontre avec un beau reptile, élégamment strié de noir et de blanc (j’adore les rayures!). Reposant d’abord au creux des algues, il se lève et ondule jusqu’à la surface pour prendre un peu d’air, puis redescend, calmement. Je suis tout près et j’esquisse un ‘ouah!’ difforme (le tuba dans ma bouche). Je l’observe durant quelques instants et puis je reviens au bateau.

Mes compagnons plongeurs n’auront pas été aussi chanceux, juste une tortue! Je leur raconte excitée toute l’histoire et je boucle avec l’épisode du serpent. Les bouches s’arrondissent et les yeux sont près de sortir de leurs orbites. Mon copain, c’était un tricot rayé, dont le venin est dix fois plus puissant que celui d’un cobra royal… rien que ça!

Juste moi et le serpent!

*Malheureusement pour moi, la plongée ce n’est pas encore trop ça… mais si ça vous botte, je vous recommande l’excellent blog de l’autre Corinne, Petites Bulles d’Ailleurs.

De Corinne Stoppelli le 7. septembre 2011 à 9.02  
Catégories: Philippines, Récits de voyage

Fini, le calme un brin mélancolique de la belle Siquijor. Finis, les airs de vacances! Dumaguete City, c’est une vraie city… aux allures philippines, bien entendu: bric-à-brac des marchés bondés et parfois improvisés, bourdonnement constant des étudiants de tous âges dans les quartiers universitaires, musique R&B assourdissante et répétitive, de-ci de-là… Une charrette tirée par un cheval passe parfois, au bord de la mer, sur la jetée qui mène au port.

Loterie philippine

Loterie philippine, au coin d'un marché.

Je me souviens de mon arrivée en bateau, accueillie en fanfare par tous les gaillards de la marine, avec lesquels je m’étais arrêtée faire causette… en attendant Carlo, mon taxi driver de choix. Ma copine danoise est tout aussi ravie et ensoleillée que moi: il va y avoir de l’action par ici.

Nous passerons les premiers jours dans un hôtel pas trop cher, recommandé par le staff de notre resort sur Siquijor… Et puis on se déplacera à la Harold’s Mansion, la guesthouse qui est sans aucun doute l’attraction phare de la ville. Philippins comme voyageurs, tout le monde semble s’être arrêté ici à un moment donné, et pour cause: les prix sont très bas, les chambres correctes mais surtout il y a Harold, propriétaire chaleureux, lumineux même, qui s’occupe et s’intéresse de chacun. On s’y sent un peu comme en famille.

Whoops

Oups, pas une bonne idée de laisser traîner une pâtisserie philippine sur son lit...

Au menu de nos journées… ou devrais-je dire de nos soirées (après l’île aux black-outs, les sorties nocturnes nous avaient manqué): sillonner le bord de mer, qui regorge de restaurants en tous genres, de bars à l’ambiance festive et même d’un club.

Satisfaites par le rhum local, le Tanduay, nous arrosons nos discussions de musique philippine unique en son genre: du reggae aux paroles les plus mielleuses possible (« sois mon papillon, sois ma chute d’eau, oh mon amour, je ne t’oublierai jamais ») aux impressionantes performances mélangeant feu et percussions et générant des oh! et ah! à tout va.

Et puis, en début de matinée, tout le monde se rend au Camino Blanco, la discothèque de la ville, où de jeunes philippines curieuses et enjouées échangent leurs rêves d’escapade avec nous: « un jour, je me rendrai en Espagne pour travailler ».

Filippino friends

Amis philippins d'un soir, au Camino Blanco

Il se passe aussi des choses durant la journée, croyez-moi! À part la folie des marchés et les options de shopping très limitées (tous les magasins ressemblant à des arrières-boutiques et ne proposant qu’une marchandise de qualité plutôt douteuse), les raids sur les pâtisseries (ils ont du goût, ces philippins), et les balades aux hasard des rues (mais avec quelques précautions)… il y a aussi les aventures inattendues qui animent facilement toute une journée: les black-outs (encore)!

tongue

Une tongue faite main.

Si ce n’était que l’électricité… À Dumaguete, c’est aussi l’eau de notre bâtiment qui est coupée. En Europe, on ce serait simplement passé de la douche, ma foi, mais ici, c’est difficilement imaginable.

C’est donc tout un ballet de seaux d’eau qui s’organise dans la guesthouse, empruntant les nombreux escaliers pour rafraîchir les voyageurs: une douche originale, pour laquelle il faut avoir du bras et peu de pudeur… les portes s’entrouvrant discrètement pour proposer un deuxième seau d’eau salutaire.

De Corinne Stoppelli le 29. août 2011 à 10.40  
Catégories: Philippines, Récits de voyage

Non, on n’est pas sur l’île de la schizophrénie, quoique…

Sandugan Beach

Siquijor a une étrange réputation. Peuplée de mystiques (shamans, guérisseurs et diseurs d’avenir), l’île est évitée et même crainte. On parle de magie noire.

- Où étais-tu, avant d’arriver ici? Me demande un jeune homme à Manille.
- Siquijor!
- Oh…

Une évidente expression troublée s’affiche sur son visage.

- Les as-tu vues?
Il fait de grands gestes avec les mains. Il parle des lumières. Il paraît que des millions de lucioles s’essaiment autour de certains arbres. C’est d’ailleurs ce qui a donné son nom à l’île, Siquijor, ou l’île de feu: les colons Espagnols auraient été attirés par leur lumière.

Oiseau aux Philippines

Petit oiseau libre que je suis...

Non, hélas, je ne les ai pas vues. Mais il y a tant d’autres choses à y voir, ne serait-ce que l’azur délicat tout autour, les peuples d’oursins et d’étoiles de mer rivalisant pour un peu de place une fois la marée basse venue, les oiseaux multicolores et un brin timides, les pêcheurs traînant leur barge à toute heure, les cris joyeux des enfants curieux mais distants… et puis les sourires colorés, le charme invitant des habitants.

Oiseau dans la mangrove philippines

Un échantillon de la faune colorée de Siquijor

Ma retraite sur la plage est une première tentative de littéralement plonger dans une vie de rêve: je vais travailler à même le sable, ou plutôt, sur le hamac… avec, à mes côtés, une délicieuse salade de mangue et papaye, un jus de calamondin, et un pancake encore fumant.

Petit-déjeuner aux Philippines

Mon petit-déjeuner...

Mais pas de chance, le courant saute, et avec le courant, la connexion. Inquiète, je m’enquiers de la situation. On ne sait pas. Ici le courant saute tout le temps, sans prendre la peine d’avertir qui que ce soit. Il y a bien un générateur, mais bon, on en a besoin pour la cuisine et la lumière…

Que faire? J’attends une heure, puis deux. Et au final, je n’en peux plus: je suis littéralement au paradis, à m’énerver contre une défaillance technologique. Tout cela n’a aucun sens.

J’enfile mon maillot et je saute à l’eau. Même si sauter n’est pas vraiment le terme approprié: il me faudra d’abord zigzaguer avec attention entre les épineuses bestioles et les immenses étoiles. Je n’ose pas trop m’avancer dans le courant car j’ai un vilain traumatisme: j’ai trop vu d’enfants noyés (deux, mais c’est suffisant).

Etoiles de mer aux Philippines

Les étoiles constellent le sable

J’essaie de profiter de ces eaux cristallines qui feraient tant rêver tous mes amis coincés sous les pluies européennes, mais je dois admettre que j’ai du mal: certes, c’est beau, mais baigner dans de la soupe sous un soleil qui pourrait faire cuire des oeufs dans la paume de votre main, ça me paraît plutôt infernal que paradisiaque.

Enfin, j’aurais essayé.

À lire aussi, un joli article sur la magie de Siquijor.