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De Corinne Stoppelli le 27. mars 2012 à 20.21  
Catégories: Récits de voyage, Taïwan

On m’avait dit que tout Taïwanais se doit de le faire au moins une fois au cours de sa vie!
Nous sommes 27’138 ce jour là, à porter le bonnet orange du carnaval de nageurs qui se déroule chaque année au Sun Moon Lake (Swimming Carnival of Sun Moon Lake), l’un des coins les plus pittoresques de la jolie Taïwan.

Le jour précédent, nous passons la nuit chez une amie qui habite pas loin du lac, car il faudra se lever tôt pour être dans les premiers rangs de la course… mais surtout, pour éviter de cuire sous le soleil estival tapant!

Le départ, à la fin de l’après-midi, et les plateformes des maîtres-nageurs.

Le jour fatidique, à 5 heures du matin, on s’engage sur la plateforme de départ. Il y a des milliers de gens! Et parmi ces milliers, il n’y a que moi et mon amie en maillot de bain… La plupart des nageurs portent des combinaisons entières. Certaines filles portent même des masques avec juste des trous pour les yeux, nez et bouche. On ne veut pas brûler au soleil… en fait, on n’aimerait pas trop bronzer, non plus.
Bref, moi, je ne me sens pas trop à mon aise.

La foule s’agite, il y a un discours, et puis pan! Après maintes exultations, les nageurs se lancent par vagues séparées, histoire d’éviter la surpopulation. Il y a là un tas de nageurs très sérieux, et puis il y a tous les autres, comme moi, qui sont là pour le plaisir, l’événement.

Tout le monde doit avoir avec soi une planche flottante de secours rectangulaire, qui rendra les 3.3km de la traversée du lac bien plus plus agréables, il faut l’admettre.
Une bonne partie des nageurs utilise la bouée comme garde-manger! Soigneusement ficelés dans un filet rattaché et des sacs hermétiques, les aliments participent à la course et font office de pique-nique sur l’eau.

Trop bien, j’ai trouvé un Snickers!

Le long du parcours, des plateformes ont été installées qui abritent un ou plusieurs maîtres-nageurs secouristes. On peut grimper sur une plateforme tous les 100 mètres pour se reposer, ou solliciter un rafraîchissement (de l’eau giclée droit dans votre gorge pendant l’effort, comme de vrais pros!) ou même une petite barre énergétique.

Il n’y a pas beaucoup d’étrangers. Du coup j’ai été à quelques reprises l’attraction locale! « Oh Italie! Le pays de la pizza! On aime ça! » « Oui, ben moi je préfère le pays du tofu puant, que j’adore aussi! » Exclamations et applaudissements. Ils en sont fiers, de leur stinky tofu, à Taïwan, et ils ont bien raison, je ne peux plus m’en passer!
Un type me tâtera une fesse dans un mouvement de brasse très professionnel et avec une rapidité et agilité impressionnantes qui me laisseront simplement bouche bée: le temps de réaliser qu’il sera déjà bien trop loin pour que je puisse lui en coller une, ma foi.

L’arrivée

À l’arrivée, on est littéralement recouverts de nourriture. Tout un tas de magasins et de marques accueillent les nageurs pour leur offrir des échantillons. Oeufs au thé, cakes à l’ananas, chocolats fondants et j’en passe. Mince, et l’on pensait avoir brûlé quelque graisse!

On partage une rice box offerte à l’arrivée.

Plus d’informations

Le bateau qui nous ramène à l’arrivée

 

De Corinne Stoppelli le 18. janvier 2012 à 10.25  
Catégories: Récits de voyage, Taïwan

Mes six mois à Taïwan touchent à leur fin. Du toit de mon appartement, je perds mon regard pour la dernière fois sur la montagne Nanshijiao, d’où cet immense bouddha doré a semblé me narguer, m’encourager, me consoler ou encore m’ignorer, à travers toutes les épreuves traversées.

Hualien & Luodong
À la gare de Taipei

Difficile de voir le visage du bouddha de là, en raison de la distance. Je n’avais jamais eu l’occasion d’aller y jeter un oeil de près. Mais hier soir, Luya, ma colocataire, m’a emmenée sur la route tortueuse qui mène au temple et accompagnée sur les fatigantes 300 marches à gravir dans cette quête symbolique d’un brin de vérité intérieure; un bel au revoir, à la ville, à cette amie, aux autres amis, et à un espoir un peu fou que mon esprit avait fomenté à mon insu durant ces dernières semaines.

Au sommet, nous traversons cinq stations de prière, cinq bâtonnets d’encens à la main qu’il faudra laisser à chacun des bouddhas prêts à nous écouter.
Il y a le bouddha « général », il y celui de la paix, il y a le gardien de la montagne, il y a celui de la prospérité, celui de la maternité.
À chacun je laisse un petit message, un remerciement de m’avoir donné tant de courage et de force; de m’avoir offert ces yeux et jambes qui m’ont emmené au bout du monde, là où peu de gens, finalement, accèdent; une pensée pour tous ces coeurs qui se sont ouverts à moi, ou auxquels je me suis ouverte; un espoir d’avoir pu accomplir quelque chose de bien, malgré ma petite portée, et finalement un voeu de pouvoir continuer à grandir, à apprendre avec reconnaissance.

Plus tard, je recevrai le droit de poser une question au bouddha de la montagne. Je décide de lui parler d’amour: ce garçon est-il le bon? Je prends dans mes mains les blocs de divination qui me transmettront sa réponse une fois lancés au sol.
Ils retombent sur la même face et Luya m’explique: « Cela signifie que le bouddha rit. Reformule ta question. »
Bouddha, pourquoi ris-tu? J’aimerais savoir si, malgré les difficultés, je dois placer ma foi en cette relation.
Cette fois, le bouddha acquiesce. Je relance une troisième fois les blocs, pour savoir si le bouddha souhaite me donner des indications sur la façon de procéder; il acquiesce encore.
Je peux donc tirer un bâtonnet qui porte un numéro correspondant à un tiroir dans lequel je trouverai mon inspiration sous la forme d’une citation.

heart in my tofu
Un coeur que je n’avais pas demandé dans mon tofu.

La lecture n’en est pas très encourageante. Luya m’explique qu’il y a différents degrés de complexité dans les quêtes et que celui que j’ai tiré est le plus difficile. « Tu peux poursuivre cette quête, » me dit-elle, « mais tu te trouves déjà au coeur de la tempête: c’est l’hiver et toutes les feuilles de l’arbre sont tombées. Tu traverseras la peur, les doutes, la douleur. »
Mais n’y a-t-il pas un peu d’espoir? Luya me dit que oui.
Alors, je reprends mes auspices de bois pour une dernière question: Bouddha, est-ce que ça en vaudra la peine?
Le bouddha rit à nouveau; une pointe d’amertume, un sourire nerveux se fige sur mon visage.

Je reformule ma question, mais trop vite, trop vague: Bouddha, dois-je garder la foi?
Bouddha acquiesce. Je sais qu’il ne répondra pas plus loin: les réponses sont déjà toutes en moi.

Cheeses!
À l’hôpital bouddhiste de Taipei

À la base du temple, il y a encore quelques stations: un bouddha de prospérité, un bouddha pour la réussite aux examens, et un bouddha pour l’amour. Et finalement, il y a un petit pont à traverser: on laissera à l’entrée toutes les instances négatives qui nous ont pesé. Cela ressemble un peu à une renaissance.

Je remercie d’avoir reçu la preuve que je pouvais encore aimer, et être aimée. Je remercie d’avoir appris que j’étais prête, enfin, après les épreuves, après la fuite. Je suis reconnaissante d’enfin avoir retrouvé ma confiance en moi, et d’avoir obtenu la preuve que je pouvais placer cette confiance en quelqu’un d’autre, sans attentes, dans la tolérance.

Je reconnais aussi qu’il y a des choses qu’on ne peut demander, qu’elles ne dépendent pas de nous et, dans un dernier salut, je traverse le pont et laisse derrière moi les frustrations, la colère et les incompréhensions.

Il est temps pour moi de reprendre ma route, dans ma quête de vérité et de connaissance.

De Corinne Stoppelli le 9. août 2011 à 15.18  
Catégories: Conseils, Taïwan

Mon samedi à Taipei s’annonce des plus normaux… jusqu’au moment où Yuhao, un ami taïwanais, me propose un plan plutôt particulier: « Et si on se rendait à l’allée des serpents? ».

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Snake Alley, c’est quoi ça? Je m’imagine une suite de magasins d’animaux exotiques, disposés en alternance avec ceux des vendeurs de rats et de sauterelles. « Il y a toutes sortes de serpents là-bas, et tu peux aussi en manger. »

Oh, c’était donc une invitation à dîner. Pourquoi pas? Je n’ai jamais essayé.

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