237 Articles dans cette catégorie Récits de voyage.

De le 14. avril 2014 à 13.42  
Catégories: France, Général, Pays, Récits de voyage

A moins de 4 heures en TGV Lyria,  Paris est l’une des destinations préférées des Romands pour un week-end ou un séjour prolongé, le temps de visiter une expo tendance, faire les soldes ou assister à un spectacle. Pas étonnant qu’ils profitent des excellentes liaisons ferroviaires (avec plateau repas et journaux offerts en 1ère) pour s’y rendre régulièrement. Cette cadence finit par donner le sentiment de tout connaître de la capitale. Illusion, car même les Parisiens ne viennent jamais au bout de leurs découvertes ! On peut aussi revisiter des quartiers connus sous un angle différent. C’est ce que propose la sympathique équipe de 4 Roues sous 1 parapluie, une société qui invite les touristes à monter à bord de ses 2CV parfaitement entretenues (une cinquantaine au total), le temps d’une balade encore plus agréable quand la météo permet de décapoter le véhicule.

“Où souhaitez-vous aller ?” s’enquiert Thomas, l’étudiant en muséographie jouant au chauffeur quelques heures par semaine. Je choisis l’improvisation, caressant le secret espoir que la course me réservera des surprises. Et je ne serai pas déçu.

Thomas est aussi polyglotte !

Thomas est aussi polyglotte !

Avec une certaine logique, on commence par le cœur historique de Paris, quartier de la Cité avec Notre-Dame, son emblématique joyau. Thomas me rappelle que le parvis abrite le point de repère géographique de la ville, ce fameux kilomètre zéro permettant de calculer les distances de ou vers la capitale. Avant d’entamer notre parcours, je vais vite jeter un coup d’œil au Pont de l’Archevêché, dont la balustrade grillagée est saturée de cadenas scellant l’amour ou l’amitié des couples de passage.

"Ken &t Laura", "Marc &t Louise", etc. Pour la vie ?

“Ken &t Laura”, “Marc &t Louise”, etc. Pour la vie ?

Cette mode est si envahissante sur les différentes passerelles municipales que des voix s’élèvent pour l’interdire, au motif qu’elle enlaidirait les monuments historiques.

C’est le moment de prendre place à bord pour gagner la Rive gauche:  St Michel, St Germain… Je m’amuse à observer les curieux qui pointent leurs objectifs vers notre véhicule, comme si l’invention de Citroën appartenait déjà à l’histoire. Cela ne distrait pas mon guide qui agrémente la balade de mille et une anecdotes sur le passé de sa ville natale.  On s’arrête dans un passage qu’il serait coupable de négliger, puisqu’il abrite le célèbre Procope, l’un des plus anciens cafés-restaurants parisiens, véritable QG des Robespierre, Danton, Marat et autres révolutionnaires.

Une décoration qui date de 1689 !

Une décoration qui date de 1689 !

“Vous avez déjà vu le Palais Galliera ?” demande Thomas, en précisant que cette demeure devenue Musée de la Mode, abrite jusqu’au 25 mai une superbe exposition consacrée à quelques-uns des plus beaux clichés des grands magazines tirés sur papier glacé. Un siècle de publication, l’occasion de redécouvrir le travail de 80 photographes à l’orée de leur carrière. Organisé de manière thématique, le parcours permet de souligner les filiations entre ces photographes qui façonnent, au fil des pages, l’identité et l’histoire de Vogue ou Harper’s Bazar.  

Ce palais abrite l'un des 14 Musées agrées de la ville

Ce palais abrite l’un des 14 Musées agréés de la ville

Tout cela m’a donné un petit creux. Je demande à Thomas s’il connaît une pâtisserie méritant vraiment le détours. Il cite spontanément Angelina, installée sur l’autre rive, Rue de Rivoli, en bordure du Jardin des Tuileries. Mais cette célèbre Maison possède aussi une succursale aux Galeries Lafayette, le lieu le plus couru de Paris après le Musée du Louvre. “Ah bon ? Un grand magasin plus visité que la Tour Eiffel ?”…”Oui, surtout pour sa fabuleuse coupole, et aussi un bon plan que vous découvrirez sur place !” précise malicieusement mon guide-chauffeur. Alors va pour le Boulevard Haussmann, juste derrière l’Opéra ! De fait, cette fameuse coupole est une pure merveille.

Ce chef d'œuvre est constitué de 10 faisceaux de vitraux.

Ce chef d’œuvre est constitué de 10 faisceaux de vitraux.

Oui, mais Angelina ? C’est là, au premier étage, derrière les luxueux accessoires de mode… L’assortiment gourmand ne dépareille pas. On dirait une bijouterie. J’ai tôt fait de repérer l’incontournable spécialité des maîtres pâtissiers: le fameux Mont-Blanc à la crème de marrons ou parfumé au cassis, fourré chantilly.

Irrésistible gourmandise, au dessert ou avec le thé

Irrésistible gourmandise, au dessert ou avec le thé

“Et le bon plan ?” Il va falloir la mériter en grimpant jusqu’au sommet du bâtiment. Récompense: une terrasse offrant l’une des plus belles vues de Paris. On vient s’y désaltérer, croquer un en-cas ou simplement s’offrir quelques minutes de bronzette avant de poursuivre le lèche-vitrines.

Une surprise qu'il faut connaître, véritable plongeon sur les toits de Paris

Une surprise qu’il faut connaître, véritable plongeon sur les toits de Paris

Est-ce qu’on aurait encore le temps de passer par l’ancien zoo de Vincennes, dont notre compatriote architecte Bernard Tschumi vient de signer la spectaculaire restauration, tout juste inaugurée ? Réponse positive. Même qu’on fera halte au Jardin des Plantes, histoire de voir ou revoir son complément logique: la fabuleuse  Galerie de l’évolution, clou du Muséum d’Histoire naturelle.

Le cortège des animaux naturalisés dans un merveilleux écrin

Le cortège des animaux naturalisés dans un merveilleux écrin

Situé dans le 12e arrondissement, le zoo de Vincennes a été fermé en 2008 pour vétusté. Condamnation définitive, craignaient les pessimistes. C’était sans imaginer le partenariat public-privé qui, 3 ans plus tard, allait permettre la vaste opération de rénovation actuellement en phase finale; un concept futuriste au service de la biodiversité, à mille lieues des vieux enclos confinant les animaux dans un esprit de fête foraine. Ils pourront désormais s’ébrouer et se cacher dans des espaces plus conformes à leur biotope naturel.Du côté de Vincennes, cinq « biozones » ont été délimitées: Europe, Sahel-Soudan, Patagonie, Guyane et Madagascar. Ces deux derniers écosystèmes sont abrités sous une vaste serre de verre rappelant celle du zoo de Zürich et affichant 25°; une jungle reconstituée ponctuée de cacaotiers, palmiers ou cecropias pour le confort des tamanoirs, ouistitis et batraciens.

Emblématique du site, le fameux rocher a été conservé

Emblématique du site, le fameux rocher a été conservé

Terminus de la promenade en 2CV: l’ancienne place royale de Paris, rebaptisée place des Vosges en 1800. C’est la plus ancienne de Paname, juste avant la place Dauphine. Ainsi, la boucle est bouclée !

Terminus là où a commencé l'urbanisme planifié, à Paris

Terminus là où a commencé l’urbanisme planifié, à Paris

Ce soir, je m’offrirai encore un parcours sur la Seine, avec Vedettes de Paris, le meilleur moyen de comprendre pourquoi la capitale est aussi appelée Ville Lumière.

Les Vedettes de Paris embarquent leurs passagers au pied de la Tour

Les Vedettes de Paris embarquent leurs passagers au pied de la Tour

Ensuite, la tête remplie d’étoiles, j’irai retrouver ma chambre à l’Hôtel Fabric, l’une de mes adresses favorites. On trouve plein d’autres hotels sur ebookers, évidemment! Les sites de promotion touristique Rendez-vous en France et visit Paris region,  regorgent d’infos essentielles. A bon entendeur…

 

 

 

 

 

De le 2. avril 2014 à 18.00  
Catégories: Angleterre, Général, Pays, Récits de voyage

Savez-vous que la capitale britannique a attiré 2 millions de touristes en 2013 et qu’elle s’affirme de plus en plus comme l’une des destinations préférées des Romands ? Il suffit, pour s’en convaincre, de relever le nombre incroyable de vols quotidiens entre Genève et Londres : plus d’une trentaine, répartis sur les différents aéroports auxquelles ebookers donne accès. Personnellement, j’ai choisi de me poser à London-City, qui me semble le plus pratique pour relier directement le centre en métro. Les formalités y sont- par ailleurs – moins fastidieuses…question de taille, sans doute.

Dès la procédure d’approche, un coup d’œil sur les buildings de Canary Warf démontre que la mégapole s’inscrit désormais dans la course au gigantisme. De nombreux totems - comme le Shard, le Gherkin en forme de cornichon – lui avaient déjà permis de rejoindre le club des métropoles fières de leur verticalité: Dubaï, Shanghai et autre Taipei. D’autres projets urbanistiques continuent de distinguer la principale rivale de Paris, au coude à coude dans le palmarès de l’attractivité touristique. La dernière en date se situe sur le site des J.O de 2012, au recyclage semble-t-il moins hasardeux qu’à Sotchi. La zone a retrouvé les bulldozers du chantier préolympique, avec, cette fois-ci, la mission de convertir tout cet espace en zone verte et conviviale. Le parc devrait, dès cet été, offrir aux sujets de Sa Gracieuse Majesté une verdoyante alternative aux populaires jardins du centre-ville: Kensington, Hyde et Regent’s Parks, notamment.

De grandioses perspectives pour le site des J.O

De grandioses perspectives pour le site des J.O

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De le 10. mars 2014 à 20.05  
Catégories: Allemagne, Général, Pays, Récits de voyage

A Berlin, on me dit qu’il suffit d’une heure de train pour gagner Leipzig, l’une des perles de l’ex-RDA. Chiche ! C’est l’occasion à saisir, vu que l’accès aérien à cette destination n’est pas idéal au départ de la Suisse.

Un panorama qui invite à l'exploration.

Un panorama qui invite à l’exploration.

Mon étonnement commence à la Leipzig Hauptbahnhof qui aligne pas moins de 27 quais. Grandiose, celle qui fut longtemps la plus grande gare d’Europe s’affirme d’emblée comme un haut-lieu de la deuxième ville de l’es-RDA, avec ses impeccables restaurants, boulangeries, charcuteries, magasins ouverts tous les jours de 9h à 22h. Elle préfigure ce qui m’attend au voisin centre historique: un unique réseau de passages et places couvertes dédiées au shopping.

Leipzig Hauptbahnhof

Leipzig Hauptbahnhof, un lieu convivial à toute heure!

Faut-il voir dans cette apparente boulimie consumériste une sorte de revanche sur un passé marqué par la faucille et le marteau, à l’ombre du sinistre Rideau de fer ? De quoi faire se retourner dans leurs tombes Rosa Luxembourg (célèbre pour sa publication anticapitaliste) et Lénine lui même qui imprimait à Leipzig le premier numéro de son journal révolutionnaire ! Mais c’est aussi dans ce traditionnel foyer d’agitation que se produisirent en 1989 les plus grandes manifestations antisoviétiques: 300’000 citoyens défilant pour réclamer des réformes ! L’histoire les a entendus.

Auerbachs Keller, Leipzig

Auerbachs Keller, un lieu chargé d’histoire.

Je dépose mes valises à l’ Hôtel InterCity, idéalement situé à 50 mètres de la gare, et où ebookers propose des chambres tout à fait confortables pour un prix moyen d’environ CHF 100.-. Ce tarif donne le ton d’une ville où le budget du touriste n’est pas pressé comme un citron. On traverse la rue, et c’est déjà l’immersion dans des rues chargées d’histoire. Adorée de Goethe, la ville des premiers libraires allemands entretient aussi une flamme culturelle bien vivace, nourrie en particulier par la mémoire de Wagner et Bach, dont on peut visiter le musée. Un festival lui sera consacré du 13 au 22 juin. L’Opéra monte des spectacles généralement de grande qualité, à des prix restés populaires.

Empruntez le passage...et vous découvrirez des trésors !

Empruntez le passage…et vous découvrirez des trésors !

Je me dis qu’il ne faut jamais se fier aux apparences: l’ancienne Baumwollspinnerei a conservé ses allures d’austère complexe industriel, avec sa haute cheminée et son interminable alignement de dépendances de brique rouge noircie par le temps, traversé par des rails menant à une sorte de no man’s land. Pour peu, on y chercherait le slogan Arbeit macht frei, de sinistre mémoire. Mais ce n’est que l’extérieur d’une coquille désormais squattée par tous les bernards l’hermite de la créativité alternative et du design tendance: bureaux de stylistes, galeries d’art, et même ateliers de bicyclettes artisanales.

Baumwollspinnerei, Leipzig

Exposition organisée dans la Baumwollspinnerei.

Cette friche récupérée est bien le reflet d’une communauté urbaine contaminée par le virus de la réhabilitation. Au centre surtout, on ne cesse d’inaugurer de nouveaux bars, cafés et restaurants. Damant le pion à la rivale Dresde, on rénove les superbes façades de tous styles, on modernise et agrandit les musées.

Leipzig centre

Architecture de Leipzig: un patrimoine bien restauré.

Après avoir visité ceux dédiés aux instruments de musique, à l’ethnologie et aux arts décoratifs (trois disciplines réunies au Grassimuseum), et que j’ai frissonné à celui de la sombre Stasi, je peux bien aspirer à un changement d’air. C’est là qu’il faut prendre la direction du zoo !

Zoo de Leipzig

Au zoo, un cadre rêvé pour jouer à l’explorateur !

Héritiers d’une longue tradition, les actuels responsables du Jardin zoologique semblent bien décidés à adapter, eux aussi, les anciennes installations aux normes contemporaines de la détention animale. Les gorilles, orangs-outangs et autres primates du secteur Pongoland s’en réjouissent, qui disposent désormais de vastes espaces propices à leur égaiement. La reproduction en captivité étant toujours signe de réussite, l’institution s’enorgueillit régulièrement de nouvelles naissances, comme celle de ce girafon, déjà star de l’année. Suivez-moi pour un plongeon de 60 secondes dans la touffeur de la forêt primaire !

Oui, le plus spectaculaire réside sans doute dans cette serre surdimensionnée qui – un peu à la manière de la forêt malgache reconstituée à Zurich – offre au visiteur une véritable immersion dans les jungles de la planète, africaines ou asiatiques. Je n’ai pas vu le temps passer. C’est le moment de regagner le centre-ville pour un peu de lèche-vitrine avant la fermeture des magasins.

Shopping à Leipzig

Leipzig est aussi un paradis du shopping.

…et quand les magasins seront fermés, resteront encore les ruelles animées où la bière coule à flot !

Boire une bière à Leipzig

Ambiance garantie dans le quartier des pubs de Leipzig !

A Leipzig, 2014 marque le 25ème anniversaire des soulèvements d’automne, partiellement à l’origine de la chute du Mur et de la consécutive réunification allemande. La ville s’en souviendra au mois d’octobre. Point culminant des commémorations: un Festival des lumières (le 14) auquel seront conviés des milliers de participants du monde entier. Concerts, démonstrations audiovisuelles et autres expositions rendront hommage à celles et ceux qui, narguant le couvre-feu, prirent la direction des églises, bougies en mains, pour défier le régime au pouvoir.

Bougies à Leipzig.

Pour finir sur une note d’espoir: la fête de la lumière.

De le 5. mars 2014 à 8.00  
Catégories: France, Pays, Récits de voyage

Oui, c’est loin, la Nouvelle Calédonie. Si loin qu’avant d’y aller, j’avais du mal à la localiser sur la carte, au-delà de l’Australie. Pour découvrir ce territoire du bout du monde, j’ai emprunté les lignes d’Air-France de Genève à Paris, puis de Paris à Séoul. Ensuite, la compagnie affiliée Aircalin a pris le relais pour encore 8 heures de vol jusqu’à Nouméa. On peut aussi transiter par Tokyo.

Une fleur d'Océanie en guise de bienvenue...

Une fleur d’Océanie en guise de bienvenue…

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De le 19. février 2014 à 20.10  
Catégories: France, Pays, Récits de voyage

S’il vous plaît, faites savoir que notre région n’est pas le bagne tristounet que redoutait Kad Merad dans le film de Dany Boon, même si son incroyable succès a vraiment boosté le tourisme local !”… une supplique d’Audrey, qui m’accueille à Lille, où elle s’est installée il y a quelques années, “suite à un coup de foudre pour le charme de la ville et sa qualité de vie“. Vérifions !

Un vrai décor de cinéma !

Un vrai décor de cinéma !

De fait, un rayon de soleil s’applique aujourd’hui à dorer l’élégante Place Rihour, dont les terrasses voisines se donneraient presque des allures printanières, buveurs de bière et amateurs de pâtisseries entretenant une atmosphère bon enfant non loin du beffroi classé au patrimoine mondial. Son carillon ne va pas tarder à entonner quelques notes de l’Hymne à la joie ou de l’i9ncrevable P’tit Quinquin, la berceuse si populaire  – depuis sa création au milieu du XIXe siècle – qu’une statue a été érigée en son honneur, évoquant la tendresse d’une mère ouvrière pour son rejeton.

Une figure emblématique de la culture lilloise.

Une figure emblématique de la culture lilloise.

Dans la foulée, je me surprendrais presque à fredonner “Les gens du Nord ont dans leurs yeux le bleu qui manque à leur décor, les gens du Nord ont dans le cœur le soleil qu’ils n’ont pas dehors…” Mais ces couplets de Macias contrarieraient la détermination d’Audrey à minimiser les rigueurs du climat. N’ai-je pas affaire aux descendants d’un peuple marchand, à l’esprit tourné vers la mer, jadis soumis à l’exubérance espagnole ? Pour visiter la ville, je remarque la mise à disposition de bicyclettes disponibles selon le principe des Vélib’…

Découvrir Lille en pédalant ? Pourquoi pas...

Découvrir Lille en pédalant ? Pourquoi pas…

Alternative : cette petite entreprise qui propose de quadriller les différents quartiers en 2cv.

Ca devrait plaire aux nostalgiques de la "deuche" !

Ca devrait plaire aux nostalgiques de la “deuche” !

Plutôt sympa, non… vous montez ?

Suivez-moi pour une minute à travers Lille !

Lieu de rencontre des marchands médiévaux, le centre historique constitue le point de départ de ma visite lilloise. Les amateurs de lèche-vitrine (ah, les coquettes boutiques !) se baladent le nez en l’air à travers les rues piétonnes de la vieille-ville, si joliment nommées Grande Chaussée, Esquermoise ou Chats bossus. La variété architecturale attire le regard jusqu’aux toitures.

Photo prise de la fameuse "suite DSK" du Carlton. Ca ne s'invente pas...

Photo prise de la fameuse “suite DSK” du Carlton. Ça ne s’invente pas…

Il faut encore poursuivre vers la Maison Coilliot (14, Rue de Fleurus) pour revivre en grandeur nature les frivolités de l’Art Nouveau. Un éclectisme formel décliné en constructions hausmanniennes et maisons Folie autrefois dévolues à l’industrie et aujourd’hui reconverties en galeries. Pour les influences flamandes, je remarque la Vieille Bourse aux pilastres à chapiteaux, figures et masques grotesques.

L'architecture flamboyante de la Vieille Bourse.

L’architecture flamboyante de la Vieille Bourse.

Avec un tel patrimoine – ramenant aux Ducs de Bourgogne (Palais Rihour, au Gothique flamboyant), au Roi Soleil (Grand’ Garde, Porte de Paris, citadelle Vauban) ou au siège autrichien (colonne de la déesse) – pas étonnant que Lille ait obtenu le label Villes et Pays d’art et d’histoire ! Cet hôtel – l’Hermitage gantois – a trouvé une façon plutôt plaisante d’en tirer parti.

Une intéressante confrontation de l'ancien et du contemporain.

Une intéressante confrontation de l’ancien et du contemporain.

Au-delà de leurs façades, l’esprit batave semble avoir imprégné jusqu’aux cuisines des vénérables bâtisses. Pour découvrir le potjevleesch (terrine de viandes blanches en gelée) ou le waterzoï (poissons ou volaille mijotés avec des légumes), je choisirai un estaminet, une taverne ou brasserie servant aussi bien le traditionnel poulet à la bière que le lapin aux pruneaux, dans un décor à la Breughel.

La spécialité locale...avec des frites, bien sûr !

La spécialité locale…avec des frites, bien sûr !

Au dessert ou à l’heure du goûter, Meert s’imposera comme l’adresse incontournable: une superbe salon de thé  à l’ancienne, où la bonne société lilloise se régale de friandises maison…surtout les fameuses gaufres, si prisées par le Général de Gaulle, natif d’une rue voisine. Référendum superflu pour les adopter sur le champ !

Qui résisterait à une telle délicatesse ?

Qui résisterait à une telle délicatesse ?

Lille jouxte Roubaix. Rien de plus facile, donc, que d’y aller faire un saut (métro bien commode). Frappée de plein fouet par la crise industrielle, la ville du textile avait touché le fond de la piscine. Miraculeusement, c’est de là qu’elle émerge aujourd’hui. Pour rien au monde, je ne manquerais le Musée d’Art et d’Industrie, qui expose ses richesses sur un espace de 10’000m2, autrefois dévolu aux bains publics.

Un miroir idéal pour les œuvres d'art.

Un miroir idéal pour les œuvres d’art.

Transformer une piscine municipale Belle Époque en musée d’art, l’idée peut sembler saugrenue… pas pour l’architecte Jean-Paul Philippon, déjà associé à la transformation de la Gare parisienne d’Orsay. C’est lui qui – sur concours – fut choisi pour réhabiliter la piscine roubaisienne, un splendide édifice Art Déco fermé pour cause de vétusté, mais fortement ancré dans la mémoire collective. Créé dans la foulée du Front populaire, c’était le seul lieu de mélange social où fils de patrons et d’ouvriers s’en allaient tremper dans le même bain, à la romaine.

Un rappel des influences orientalistes à la Belle Epoque.

Un rappel des influences orientalistes à la Belle Époque.

Avec ses allures de basilique, ses arcs de béton, ses vitraux en éventail, l’édifice devait conférer aux banales immersions une allure de cérémonial. J’imagine les baigneurs – serviette sous le bras – franchissant le porche de style byzantin pour se retrouver à portée du bassin de 50 mètres, bordé de deux niveaux de cabines. De l’espace aquatique ne subsiste aujourd’hui qu’une étroite bande immergée servant de miroir aux statues de marbre sagement alignées sur le parquet. Mises en caisses au début de la dernière guerre, les naïades dévêtues paraissent s’en contenter, trop heureuses d’avoir enfin retrouvé la lumière après des années de confinement.

Offrez-vous une immersion de 65 secondes à la Piscine de Roubaix !

…en conclusion: une escapade qui laissera le souvenir d’une destination où l’art de vie fleure bon la convivialité.

Un dernier verre de Risling pour la route ?

Un dernier verre de Riesling pour la route ?

De le 10. février 2014 à 14.40  
Catégories: Conseils, Malaisie, Récits de voyage

“Quel temps fait-il en Malaisie en mars”? Une question qui turlupine des amis voyageurs qui vont passer le printemps en Asie. Voici ma réponse détaillée.

Tout d’abord, il faut savoir qu’il n’y a pas une mais deux Malaisie: la péninsule malaise, au sud de la Thaïlande et deux États , le Sabah et le Sarawak, au nord de l’île de Bornéo, plus quelques îles au large dans la mer de Chine.

Carte Malaisie

Dans la péninsule malaise, on trouve un climat équatorial marqué par de la chaleur et de l’humidité durant toute l’année. Il y a deux périodes de mousson en Malaisie, à des périodes différentes selon les zones:

  •  la mousson d’hiver entre novembre et mars. Cette mousson intense touche toute la côte Est de la péninsule et les régions littorales du Sabah et du Sarawak. Le centre et la côte ouest peuvent être également atteints, mais plus légèrement.
  • la mousson d’été de fin mai à septembre sur la côte ouest. Elle est toutefois moins importante que la mousson d’hiver.

Vous allez en Malaisie au printemps? Vous êtes chanceux, c’est la saison idéale, vous pourrez aller partout: pas de mousson, hors des périodes du nouvel an chinois, du ramadan et des vacances scolaires des pays asiatiques. Ce sera le début de la saison sur la côte Est, les resorts sont fermés jusqu’à fin février. Toutefois, il est impératif de consulter la météo locale avant de vous embarquer sur une île, il peut y avoir quelques phénomènes locaux. En début de saison, il est plus facile de changer de plans rapidement en cas de mauvais temps.

N’oubliez pas un imper et une petite laine pour les nuits qui peuvent être fraîches, surtout si vous allez en altitude et de bonnes chaussures de rando pour la jungle, sans oublier l’indispensable moustiquaire.

Suggestion d’itinéraire

Une fois les conditions météo connues, voici ce que je ferais comme circuit durant un mois:

  1. Singapour (3 jours)
  2. Singapour – Johor Bahru – Mersing – Île Tioman:  3 jours sur place – compter 1 jour pour  aller et 1 jour pour en repartir en train/ bus / bateau ou bus /bateau(5 jours)
  3. Îles Perhantian (7 jours )
  4. Sarawak / Sabah (10 jours)
  5. Kuala Lumpur (3 jours)
  6. Retour à Singapour (2 jours)

Je laisserais la côte ouest pour un prochain séjour, histoire de profiter à fond des Îles et de Bornéo et pour éviter des trajets fastidieux entre les régions. Mais vous pouvez raccourcir le séjour sur les îles et passer par Langkawi sur le chemin du retour de Bornéo. Votre itinéraire va dépendre de vos envies, si vous souhaitez faire plus de plongée / snorkelling ou plus de randonnées dans la jungle!

De Singapour, j’irais à l’Île de Tioman en bus et ferry depuis Mersing, ou en train de Singapour à Johor Bahru, puis le bus jusqu’à Mersing, d’où on prend le ferry. Conseils: partez tôt de Singapour, le dernier ferry est à 17 heures. Il vaut mieux réserver votre resort sur Tioman avant d’arriver, certains ne sont accessibles que par bateau. Une fois sur l’ile, baladez-vous à pied ou en bateau, vous découvrirez des coins encore sauvages de l’autre côté de l’île. Préparez votre séjour via Google Earth, en repérant les zones habitées et les plages désertes.

On peut aussi aller de Singapour à Tioman en avion, mais c’est réservé aux gens pressés et argentés ;-) (40 minutes de vol, 210 $)


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Variante

Une autre possibilité  serait d’aller directement au nord à Kota Kinabalu depuis Singapore avec Air Asia, (70 CHF) compagnie low cost qui désert les villes de Kota Kinabalu, Kuala Lumpur, Kota Bharu (pour les Perhantian), Kuching.

Un trajet Kota Kinabalu à Kota Bharu pour les Perhantian coûte environ CHF 36.- , et un Kota Bharu – KL 16 CHF, un Singapore – Kuching CHF 44.- ça vaut la peine. Mais attention, pas de vol tous les jours, il faut bien programmer vos déplacements et le prix indiqué ici peut fortement changer, comme sur toutes les compagnies low cost. Compter également avec les retards et le temps d’attente aux aéroports.

Contrairement aux déplacements en bus/train/bateau, cette variante demande plus d’organisation et de planification pour pouvoir bénéficier de tarifs intéressants, et n’est pas au final plus rapide. A vos agendas et vos guides!

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Pour en savoir plus

 

De le 7. février 2014 à 20.00  
Catégories: Général, Pays, Pérou, Récits de voyage

Chaque destination trimbale sa valise de clichés. Dans mon baluchon péruvien, j’avais fourré pêle-mêle: un troupeau de lamas, une flûte de pan sur fond de Cordillère des Andes, une image de bidonville… inventaire bien trop réducteur pour un territoire vaste comme deux fois et demie la France, et dont la variété des paysages justifierait à elle seule un vol vers Lima. Mais il faut encore y ajouter la richesse des traditions et un incroyable patrimoine culturel hérité des Incas et de leurs prédécesseurs, espagnolisés comme on sait par le sabre et le goupillon, dès la moitié du XVIe siècle. Je vais donc me frotter à ce que cette autre civilisation des momies et des pyramides nous a transmis: un legs cousu d’or.

Atterrissage à Lima. La capitale dissimule volontiers ses joyaux sous un voile de brume, celui-là même qui enveloppe si souvent cette ville où il ne pleut jamais, et dont les quelque 10 millions d’habitants contemplent – du haut des falaises – un océan pas vraiment pacifique.

Lima, versant Pacifique

Lima, versant Pacifique

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De le 14. novembre 2013 à 16.32  
Catégories: Récits de voyage, Turquie

J’ai découvert cette semaine ce joli projet de l’ECAL: Istanbul In & Out. Une classe d’élèves de première année bachelor du Département Cinéma  a investi Istanbul durant une semaine. Les 11 étudiants ont arpenté la ville, accompagnés par leurs professeurs, Kaveh Bakhtiari et Lionel Baier, dans le cadre de la Summer University financée par le Département générale de l’enseignement supérieur du canton de Vaud, en collaboration avec la RTS et Le Temps._|_ 064 _|_

De ces cinq cartes postales d’Istanbul sur  la thématique “In and Out”, j’en ai retenu trois, pour le regard incisif et curieux sur la ville, ses habitants, ses ruelles et ses coutumes. “Est-ce la Turquie qui est en dehors de l’Europe ou est-ce celle-ci qui est définitivement la banlieue de l’Asie?” A vous de juger!
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De le 11. septembre 2013 à 17.08  
Catégories: Général, Récits de voyage, Vietnam

Il est cinq heures, Ho Chi Minh-Ville — à qui l’on rend plus volontiers son ancien nom de Saigon – s’éveille…premiers klaxons annonciateurs d’un imminent déferlement de myriades de Vespas, scooters et autres contrefaçons de Honda made in China. Combien de motos dans cette mégapole qui compte autant d’habitants que la Suisse entière, si l’on inclut ses banlieues ? Invérifiables, les estimations vont de 3 à 6 millions. Assez, en tout cas, pour transformer la rivale d’Hanoï en un énorme essaim pétaradant. Le tout klaxonne, donc, pour un oui ou pour un non; souvent juste pour signaler son existence dans une fourmilière où chacun semble connaître sa route et où les feux rouges peinent à faire autorité.

Une nouvelle aube sur l'hôtel de ville.

Une nouvelle aube sur l’hôtel de ville.

Vivre Saigon, c’est se griser de transports inhabituels, comme le “xe lam”, sorte de camionnette à trois roues, ou bien le désuet cyclo-pousse, si exotique aux yeux des étrangers. C’est croiser des bécanes surchargées d’une famille au complet, immiscés dans le chaos généralisé et les enivrants gaz d’échappements. Envie d’une immersion de 65 secondes ? Alors suivez-moi par la vidéo !


Si Lôc a réussi à attirer mon attention au carrefour, c’est sans doute que son prénom signifiant “prospérité” lui confère un petit supplément de débrouillardise. Comme des grappes d’autres motards, il s’emploie à harponner les touristes en nage pour leur proposer — moyennant 2-3 dollars — de faire le taxi. Je coiffe le casque poussiéreux qu’il a extirpé d’un sac plastique suspendu au guidon et, pressentant une parcours plutôt rock n’roll, m’agrippe prudemment à la selle. “Where you want to go ?” Je suggère un circuit passant par les quartiers coloniaux — s’il en reste — et incluant Cholon, le fief chinois. On fait une première escale dans l’un de ces grands magasins aux allures de souk, et où je trouve une paire de jeans pour l’équivalent de 25 dollars.

Des fringues à bon compte et de toutes les couleurs !

Des fringues à bon compte et de toutes les couleurs !

J’ai tôt fait de saisir que Saigon est une fille du sud. Devant les hôtels des Années Folles, les terrasses accueillaient à l’heure de l’apéritif un grand nombre de Français commandant avec l’accent du Midi des vermouths, des cassis, des Byrrh ou des quinquinas Dubonnet.

Contraste de l'ancien Grand Hôtel colonial et de la modernité envahissante.

Contraste de l’ancien Grand Hôtel colonial et de la modernité envahissante.

La colonie organisait des bals, des courses cyclistes, et même des concours de pétanque. C’était avant la guerre du Vietnam, qui vit l’Oncle Sam entretenir ici ses quartiers généraux (y-compris de florissants bordels) jusqu’à la chute de l’ancienne capitale de la Cochinchine, en 1975. S’ensuivit un marasme d’une bonne dizaine d’années, avant que le phénix ne renoue avec son passé effervescent; renaissance rendue encore plus frénétique et boulimique par une décennie de frustration.

Quelques belles façades, résistantes aux bulldozers...

Quelques belles façades, résistantes aux bulldozers…

Mais que reste-t-il de celle que l’on surnommait le Petit Paris de l’Extrême-Orient ? Quelques belles façades, comme le palais du gouverneur aux blanches colonnes et aux plafonds moulurés, un hôtel de ville que certains qualifient de grosse pâtisserie, une poste centrale charpentée de fer par Gustave Eiffel, un théâtre municipal et une ribambelle de demeures coloniales. “Regardez tous ces attributs kitch de la mondialisation!”, déplorera toutefois ce Viêt kiêu (Vietnamien d’outre-mer revenu au pays) rencontré sous les enseignes globalisées — Vuitton, Hermès, Chanel, Dolce & Gabbana — du rutilant Vincom Center, récemment édifié au sacrifice de tout un pan d’héritage architectural.

Un côté clinquant qui ne plaît pas à tout le monde...

Un côté clinquant qui ne plaît pas à tout le monde…

A quelques pas, voici l’Usine et sa cafétéria, un amusant concept pour se restaurer et faire son shopping parmi des fringues de belle allure. L’établissement n’est pas si facile à dénicher (à l’étage, au fond d’une arrière-cour pas très avenante), mais il a tant de succès qu’il a déjà ouvert une succursale dans un autre quartier.

L'Usine, pour manger, boire...et acheter !

L’Usine, pour manger, boire…et acheter !

Pour l’heure, la moto de Lôc tente de se frayer un passage à travers les ruelles engorgées de Cholon (le “grand marché”), dédiées aux cigarettes de contrebande, vidéos piratées et ateliers masquant leur clandestinité derrière des rideaux de perles colorées. Je repère des posters très tendance, dédiés à la propagande. A afficher dans une chambre d’ado, à côté du chromo du Che !

Tenez-vous droits, camarades !

Tenez-vous droits, camarades !

On vient jusqu’ici, dans cette zone un peu décentrée, pour ses vieux temples enfumés de spirales d’encens et surtout son véritable sanctuaire: Binh Tay, au toit de pagode entortillé de dragons. Ce vaste marché bourdonne d’un brassage continu de billets de banque et marchandises en tous genres dans les relents de bidoche faisandé et fruits capiteux.

Cholon, le quartier Chinois, et son imbroglio électrique.

Cholon, le quartier Chinois, et son imbroglio électrique.

La journée sera encore longue dans la touffeur d’une ville qui vibrera jusque tard dans la nuit et qui verra les nouveaux riches sortir fringués pour investir les lieux branchés — comme l’Apocalypse Now — ou canaille, que d’aucuns considèrent comme peu compatibles avec la morale communiste. Je fais encore escale au musée pour y admirer quelques œuvres vietnamiennes contemporaines, souvent inspirées par la doctrine du Régime ou les souffrances de la guerre.

Une toile "méditative" de Nguyen Van Doan

Une toile “méditative” de Nguyen Van Doan

Demain, je décide de pousser à moins de 150 kilomètres de la bouillonnante Saigon. Je découvrirai le contraste de la somnolente Sa Dec, surnommée “Jardin de Cochinchine” par les colons de l’époque, en raison de ses terres fertiles. C’est dans cette bourgade perdue du delta du Mékong que l’adolescente Marguerite Duras noua la torride relation amoureuse décrite dans son best-seller l’Amant. A défaut de visiter la maison de l’écrivaine — aujourd’hui détruite — on peut s’arrêter dans celle du riche Chinois qui la prit pour maîtresse. On peut aussi découvrir le temple coloré que son clan offrit à la communauté en gage de prospérité. En 65 secondes de vidéo,  suivez-moi sur les traces de la romancière !

…et enfin, pour rester dans le sujet sentimental, ce dernier clin d’œil à un romantisme made in Vietnam, où il est de bon ton de s’offrir les services d’un photographe spécialisé pour mettre en scène son bonheur devant les principaux monuments…

Longue vie et beaucoup d'enfants !

Longue vie et beaucoup d’enfants !

 

 

De le 13. août 2013 à 8.00  
Catégories: France, Récits de voyage

S’il est déjà temps de songer aux destinations d’arrière-saison — pour prolonger l’été –, difficile de faire l’impasse sur Saint Paul-de-Vence. Difficile aussi d’imaginer que cet aimant de la Côte d’Azur n’était, dans les années 30, qu’un petit bourg fortifié isolé sur son éperon rocheux. Aujourd’hui, en plein été, c’est par hordes que les vacanciers investissent le site. Il vaut donc mieux attendre les prémices de l’automne pour en profiter sereinement.

"Vence" signifie "rocher" en provençal

“Vence” signifie “rocher” en provençal

On peut aussi visiter Saint-Paul tôt le matin ou en fin de journée. En prime: ce sentiment délicieux de n’avoir à partager les romantiques ruelles pavées — souvent pentues — qu’avec les autochtones !

Les heures où le village vous appartient...

Les heures où le village vous appartient…

Attirés par la tranquillité du lieu et la lumière particulière des Alpes-Maritimes, quelques peintres s’y installèrent durablement. Certains logeaient à l’auberge en échange d’un dessin ou d’un tableau (bonne affaire pour le tenancier lorsqu’il s’agissait d’Utrillo, Picasso ou Matisse !) Petit à petit, la cité s’est imposée comme le fief des artistes de toutes sortes. J’ai tôt fait de m’en rendre compte dès mon arrivée sur place, en tombant sur cette réalisation de C.Zizzo Aka Kosh intitulée “Sous pression” !

L'art populaire au coin de la rue.

L’art populaire au coin de la rue.

Pas de quoi me la mettre — la pression – sous ces latitudes où il est convenu de se la couler douce. Je prends donc tout mon temps pour vous concocter ce petit condensé impressionniste de 65 secondes !

Faut-il insister ? C’est à la Fondation Maeght — bien davantage que dans les commerces locaux — que l’on saisit vraiment le souffle artistique de Saint-Paul. On appelle aussi “anti-Louvre” ce lieu dédié à l’art moderne du XXe siècle, le plus visité des musées privés français.

Un haut-lieu de l'art contemporain.

Un haut-lieu de l’art contemporain.

Déambulant comme moi à travers le photogénique dédale qu’ils ont rendu célèbre, que penseraient les Calder, Léger, Mirò et autre Giacometti de toutes les pseudo-galeries d’art vampirisant aujourd’hui leur retraite préférée ? Car force est d’admettre que pour quelques revendeurs avisés, c’est à une gent plutôt barbare que les commerçants d’autrefois — mercier, boulanger, épicier — ont bradé leurs enseignes. Sans discernement, les visiteurs de partout y achètent au prix fort des extravagances peintes ou sculptées manifestement plus adaptées à une déco de nouveau riche qu’au salon d’un collectionneur distingué. A ces lieux surfaits, faut-il ajouter la Colombe d’Or ? Certes mythique par la célébrité des clients qui le fréquentèrent, cet hôtel-restaurant est diversement apprécié: certains le trouvent cher et prétentieux. A chacun de se faire une idée.

Le rendez-vous de l'élite intellectuelle et artistique.

Le rendez-vous de l’élite intellectuelle et artistique.

Aux dires du très médiatisé Bernard-Henri Lévy — vieil habitué de Saint-Paul avec sa compagne Arielle Dombasle — “La question posée par l’art, c’est moins celle de la beauté que celle de la vérité”… joli thème de dissertation pour candidat au bac, et qui a inspiré l’exposition actuelle, à voir à la Fondation Maeght jusqu’au 6 octobre. BHL — hyperactif à tout faire — a réuni environ 130 œuvres pour les agencer dans une confrontation d’apparence tantôt chaotique, tantôt plus ordonnée, comme le mur anachronique des Véronique, triturant la sainte légende à grand renfort de tableaux délicats, de pieux hommages peints et de remixes kitsch contemporains façon Pierre & Gilles. Pas de cartels pour expliquer le rapport entre les pièces choisies et disséquer la thèse en cours. Pour BHL, les œuvres doivent prendre le relais.

Mais revenons à la renommée du village ! Dans le sillage des premiers peintres et sculpteurs vinrent les Giono, Gide, Maurice Chevalier, Mistinguett. Puis, dans les années 40: Carné, Prévert, Signoret et Montand, que des photos jaunies montrent jouant à la pétanque, sur la place, avec Lino Ventura… autant de vedettes qui — à l’instar de Bardot à Saint-Tropez — allaient pipoliser le site. Dans ce contexte, la Chapelle de Folon peut bien apparaître comme le moins frelaté des pèlerinages. Récemment revisitée par le célèbre illustrateur des hommes volants, la vieille église des Pénitents Blancs — datant du XVIIe siècle — met en évidence toute son inspiration poétique. Comment ne pas y voir le couronnement d’une brillante carrière internationale, brutalement sacrifiée par une leucémie, en 2005 ?

Une ambiance propice à élever l'âme.

Une ambiance propice à élever l’âme.

Deux ans avant sa mort, installé à Monaco, l’artiste concentre son projet sur le thème du don; un choix lié à la vocation de charité de la confrérie propriétaire historique du sanctuaire. Folon était surtout un expérimentateur intéressé à tous les modes d’expression. Si l’aquarelle constituait à l’évidence sa technique préférée, ses champs d’actions ne connaissaient pas de limites. Il était aussi peintre, graveur, céramiste, décorateur de théâtre et sculpteur. “Je vais représenter des mains ouvertes, de l’eau pour boire, des fruits pour manger et l’arc-en-ciel pour rêver”… Réalisé en bronze patiné, un homme minuscule posé sur une main géante fait office d’autel, alors qu’au milieu de la chapelle, la sculpture La Source — en marbre rose du Portugal — sert de bénitier. ..une symbolique qui fleure bon la pureté dans un environnement quelque peu pollué par les miasmes du négoce touristique.

A propos de senteurs, on peut recommander une visite des établissements de parfumerie Fragonard, rien que pour le plaisir des narines. La boutique attenant décline les senteurs de Grasse en eau de toilette, savons et autres cadeaux tout en fraîcheur. Mais je ferai aussi quelques emplettes dans l’une de ces échoppes de produits locaux — miels, liqueurs, pâtisseries, bonbons — dont les saveurs me rappelleront longtemps cette escapade sur les hauteurs de Nice, distante de seulement 20 minutes en voiture.

Saveurs locales pour gourmets.

Saveurs locales pour gourmets.