217 Articles dans cette catégorie Récits de voyage.

De le 10. février 2012 à 7.04  
Catégories: Récits de voyage, Vietnam

Une amie en partance pour le Vietnam me demande si la ville de Hội An vaut le détour et si elle pourra y trouver un peu de chaleur en début mars. Je partage ici ma réponse.

Hôi An

Située à trente kilomètres au sud de Đà Nẵng, sur la rivière Thu Bồn, Hội An compte environ 120’000 habitants. La vieille ville est inscrite au patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 1999. Jadis, Hội An était appelée Faifo en français, nom d’usage officiel pendant la période coloniale. Joliment restaurées dans un style traditionnel, les maisons aux couleurs vives prennent une très belle teinte au coucher du soleil. On peut admirer plusieurs styles architecturaux: le style français colonial, le style chinois et même japonais. Un pont couvert japonais joliment restauré attire les visiteurs et photographes et est devenu l’emblème de la ville.  Certaines toitures sont recouvertes de milliers de tuiles concaves et convexes, de style yin et yang. Ce symbole se retrouve également sur les portes des maisons et protège ainsi ses habitants.  [Source: Wikipedia]
Pont japonais Hoi An

On visite Hội An à pied, les rues étroites sont bordées d’échoppes en tout genres: beaucoup de tailleurs, des artisans, des artistes. Vous pourrez trouver toutes sortes d’objets ethniques à ramener et vous faire confectionner des vêtements sur mesure à petits prix.

Une fois par mois, les 14 et 15 du mois lunaire, la ville devient piétonne pour le plus grand plaisir de tous. Interdire complètement la circulation est encore impensable au Vietnam, hélas. Mais ici, rien de comparable avec les grandes villes du pays, on peut marcher tranquillement dans les rues. Si vous souhaitez en savoir un peu plus sur l’histoire de la ville, je vous conseille de faire une visite guidée. On achète un ticket à la maison de tourisme et l’on peut ainsi visiter les monuments les plus célèbres. On trouve assez facilement des guides parlant français. Bien entendu, vous pouvez vous contenter de lire votre guide papier, mais le contact avec un habitant vaut bien les quelques dollars que vous coûtera la prestation. Les guides sont en général des étudiants qui parlent plusieurs langues.
Sculpteur sur bois Hoi An

Se loger à Hoi An

L’offre d’hôtels à Hội An est vaste, de la petite chambre  à 10-15$ jusqu’aux chambres de luxe de quelques hôtels en bord de mer. Si l’on trouve des hôtels en ville,  je préfère de loin ceux situés au bord de la mer ou de la rivière. Ils sont plus tranquilles et rien ne vaut une balade matinale sur la plage, avant de rejoindre le centre en une quinzaine de minutes avec une navette, un taxi, ou à bicyclette qu’on peut louer facilement.
Hoi An  115

La plage

Un des avantages de Hội An est sa longue plage de sable fin. En février-mars, c’est le moment idéal pour séjourner dans cette région. En été, il peut faire vraiment très chaud, y compris dans l’eau. Venant de Hanoi, vous sentirez tout de suite les bienfaits de la chaleur!
Sur la plage, comme souvent au Vietnam, vous pourrez déguster d’excellentes spécialités vietnamiennes ou vous faire masser, si le cœur vous en dit. Pour les enfants, on trouve toutes les distractions habituelles des plages, ils pourront même se promener à dos d’éléphant!

Repas sur la plage

Petit bémol: les vendeurs ambulants de toutes sortes peuvent se montrer insistants. Quand bien même vous leur signifiez ne rien vouloir acheter ni consommer, ils passent et repassent plusieurs fois. Si vous avez la chance d’être dans un hôtel en bord de mer, rejoignez le calme de l’enceinte de l’hôtel après la baignade en eau de mer.
Plage de Hoi An China Beach

Se restaurer

Les restaurants de Hội An sont très nombreux, vous aurez l’embarras du choix! Hélas, ils se sont adaptés aux goûts standardisés des touristes, mais en cherchant un peu, on peut déguster des plats plus authentiques. La spécialité du coin est la soupe Cao Lau, que vous trouverez un peu partout. Le soir, les restaurants au bord de la rivière sont très charmants mais n’oubliez pas de vous asperger d’anti-moustiques!

Hoi An  77

A visiter aux alentours

Si vous disposez d’un peu de temps, louez une bicyclette, traversez la rivière et baladez-vous dans les environs de la ville, au petit bonheur. Vous pourrez découvrir un peu de la vraie vie des campagnes. Faites une excursion jusqu’à My Son pour admirer les vestiges de la civilisation Cham. Visitez la ville de Da Nang, allez manger sur la longue plage, on y trouve de très bons petits restaurants de fruits de mer. Visitez le musée Cham où des visites guidées en français sont possibles.

Hội An est un aussi un paradis pour les photographes. La lumière est magnifique sur la rivière au coucher du soleil, vous pourrez faire ici de très belles photos: portraits d’artisans qui sculptent le bois, fabriquent des lampes en tissu, brodent des tableaux de soie ou confectionnent des vêtements de toutes sortes, détails architecturaux, pêcheurs sur la rivière. Prenez votre temps, laissez-vous aller à la douceur de l’endroit et je suis sûre que, comme moi, vous vous souviendrez longtemps de la ville de Hội An.
Hoi An  73

De le 30. janvier 2012 à 5.37  
Catégories: Inde, Récits de voyage

Je viens de passer dix jours de rêve dans le petit coin de paradis près de Mysore nommé Hillview Farms. Hillview Farms, c’est un homestay, c’est-à-dire une formule de logement “chez l’habitant”. Un poil plus développé que le Bed&Breakfast, je dirais, le homestay vous permet de bénéficier d’un accueil plus personnel que dans un hôtel tout en fournissant plus de confort et un peu plus de distance avec vos hôtes que lorsque vous surfez leur canapé.

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Bref, c’est une formule magique.

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Hillview Farms est, comme son nom l’indique, une petite ferme. Un peu de terrain, beaucoup de cocotiers et de bananiers, des légumes et des fruits qui poussent dans le jardin, quelques vaches, des chiens, des dindons, des lapins… Le tout géré amoureusement par Ted et Geetha avec l’aide de leur dévoué personnel.

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Ted et Geetha ont construit Hillview Farms à leur retraite, fuyant la folie de Bangalore. Culture bio, leur propre pompe pour l’eau, panneaux solaires pour chauffer l’eau et fournir de la lumière durant les longues interruptions de courant, biogaz pour la cuisine… Ils ont conçu Hillview Farms dans le respect de l’environnement (pas courant dans l’Inde moderne!) et avec un souci d’auto-suffisance. Même l’eau non-chlorée de la piscine (qui n’est remplie que lorsque la présence d’invités nageurs ou barboteurs le justifie) sert au bout de quelques jours à irriguer les champs en contre-bas.

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Vous l’aurez compris, on ne vient pas ici pour faire la fête, mais plutôt pour se ressourcer. Ted et Geetha sont adorables, ont de l’humour et quantité d’histoires à raconter (et pas juste sur Hillview Farms). La nourriture, préparée par Asha et Savita sous la supervision experte de Geetha, est divine (végétarienne bien sûr, mais j’avoue qu’en dix jours, la viande ne m’a pas manqué une seule fois, toute carnivore que je suis).

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Les amateurs de soins ayurvédiques peuvent même profiter de la présence toute proche d’un centre de soins. Les thérapeutes viennent à Hillview Farms prodiguer les traitements. Attention cependant, si vous prenez un traitement “sérieux”, c’est assez strict, avec restrictions alimentaires, pas de piscine (ni d’eau froide à boire), etc. Personnellement, ce n’est pas trop ma tasse de thé, et je me suis contentée d’un massage à l’huile. Plutôt bien, si la petite prière introductive et le coton à garder une heure dans les oreilles après ne vous dérangent pas. Clairement, on insiste ici sur le côté médicinal du traitement plutôt que sur le côté détente dont on pourrait plus avoir l’habitude en occident.

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Hillview Farms est à une dizaine de kilomètres de Mysore. Ted et Geetha organisent volontiers pour vous le taxi pour vous y rendre (il restera avec vous ou vous reprendra à l’heure et au lieu que vous désirez pour le retour). Leur “conducteur principal” est un jeune n’habitant pas très loin — et s’il n’est pas disponible, il a une équipe de conducteurs dans laquelle il puise. Leur niveau d’anglais varie, mais ils comprennent suffisamment pour les communications nécessaires à leur travail.

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En plus de quelques expéditions à Mysore, nous avons également pris une voiture pour aller à Madikeri, capitale du district de Kodagu (Coorg). Très joli “road trip”! Pour l’essentiel, nous nous sommes contentés de ralentir notre rythme de vie, rythmé par les délicieux repas, siestes, promenades dans les environs, séances de triage de photos, discussions, lectures, et trempettes dans la piscine lorsque celle-ci était pleine.

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A noter: l’absence de wifi, et une connexion internet extrêmement limitée dans la maison principale, sur l’ordinateur des hôtes des lieux! Suffisant pour envoyer un e-mail ou deux, et idéal pour un petit break si on a tendance à rester scotché sur internet même en vacances. Il est aussi possible de se procurer une connexion internet locale via le réseau cellulaire (3G, ou plutôt 2G).

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Et côté prix? Voici ce que nous avons payé (janvier 2012):

  • chambre simple 750 INR/nuit, chambre double 1500 INR/nuit, petit-déjeûner compris
  • repas: 150 INR par repas et par tête
  • taxi pour Mysore, 3h: environ 600 INR
  • taxi pour dépôt à l’aéroport de Bangalore, environ 2600 INR, journée à Coorg, un peu moins de 2000 INR (6 INR par kilomètre pour ces longs voyages + de menus frais de parking et péage)
  • pick-up à la station de bus de Mysore lors de notre arrivée: 500 INR
  • massage ayurvédique à l’huile (beaucoup d’huile!) 1200 INR

Très raisonnable pour le service fourni! Tout compris, pour 3 personnes, 10 jours (9 nuits) nous sont revenus environ 40’000 INR. Traduit en francs suisses (1 INR = 54 INR aujourd’hui), cela fait moins de 250.- par personne.

En résumé:

  • logement simple, très propre et convivial (mention spéciale pour les matelas en fibre de coco ultra-confortables)
  • nourriture végétarienne bio indienne excellente et variée
  • service chaleureux et personnel aussi bien de la part des maîtres des lieux que du personnel — et serviable (nous avions des chaussures à faire réparer, des désirs de pastèque, besoin de recommandations de magasins…)
  • eau non cholorée jusque dans la piscine
  • proximité de Mysore, déplacements organisés sur demande par les hôtes
  • pas de wifi et pas toujours d’électricité, mais qui en a vraiment besoin?
  • option ayurvédique pour les amateurs
  • prix raisonnable, facture détaillée
  • cadre vert, frais et calme, avec plantes et animaux, vie de petite ferme.

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Pour réserver, le plus simple est à mon avis d’envoyer un e-mail à Geetha. Prenez-vous-y assez en avance, car le nombre de places est limité (pas tellement plus de 6 personnes en même temps) et l’endroit est donc vite complet suivant la saison!

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Si vous y allez, ne manquez pas de mettre un mot dans leur livre d’or. J’aurai plaisir à le lire lors de ma prochaine visite :-) .

Plus d’infos et des photos:

De le 26. janvier 2012 à 15.50  
Catégories: Hong Kong / Macau, Récits de voyage

À peine passées les portes de l’aéroport, je sens que quelque chose est différent. J’ai l’impression qu’il fait plus chaud qu’à Taipei mais ce n’est qu’une illusion: c’est le soleil! Car si techniquement la température est la même, l’astre a l’heureux effet d’un placebo.

Hong Kong de ma fenêtre

Le contact humain fait contraste: il semble plutôt froid, voire arrogant. À Taipei, tout était prétexte à un sourire, à un geste de politesse; ici, chacun occupe sa place dans la plus grande des ignorances, dans un étrange dédain qui semble crier “Je suis d’ici, ceci est mon territoire jeune voyageuse! Donc pousse-toi, j’ai des millions de choses à accomplir”.

Le train qui m’emmène au centre de Hong Kong dévoile les courbes vertes élégantes de l’île. Mais jusqu’ici, rien de très nouveau. Ce n’est qu’une fois lâchée au coeur de la bête que retrouverai mon excitation enfantine: des bâtisses, immenses, partout! Les immeubles semblent se chevaucher, s’entremêler. On se demande comment tout cela tient ensemble. La ville est un génie d’aménagement et tout semble y danser sur un fil.

Les ruelles sont toutes serrées, bondées. On y prend la place qu’on veut, mais on s’y déplace vite. Le temps y semble presser, à toute heure! Les habitants, à la manière des fourmis déterminées, semblent tracer des pistes invisibles dont rien ne les détourne. Et moi, je me sens un peu comme un lent et maladroit coléoptère qui aurait atterri involontairement au milieu de tout cela: désorientée.

Les occidentaux sont partout. Cosmopolite et jeune, l’île! Malgré ses allures tout asiatiques, ils semblent avoir comme pris possession des lieux… ou plutôt, de s’être fondus dans sa masse, d’y avoir été engloutis faute d’avoir résisté à ses charmes.

À la nuit tombée, il y a tellement de lumières artificielles que par endroits, l’on se croirait en plein jour. L’effet est magique. Mon regard se perd mille fois sur les innombrables affiches illuminées, clignotantes, qui se succèdent dans une procession infinie. Un bambin à Disneyland n’aurait pas ressenti autant d’excitation!

Tout bouge autour de moi, tout est vivant, tout a un but extrêmement précis.

Et moi, enfin, je passe inaperçue et je réalise que ça me manquait. Mon appréhension à sortir, parfois, à oser demander quelque chose dans la rue, à entrer dans une boutique; tout s’est envolé. J’ai probablement déjà cédé — mais juste un peu — au chant des sirènes.

De le 23. janvier 2012 à 6.32  
Catégories: Philippines, Récits de voyage

Pour économiser un peu sur mon vol vers Hong Kong, j’avais prévu une escale à Manille. L’heure et demie qu’aurait pu durer mon trajet s’est inexorablement allongée jusqu’à atteindre… les huit heures. Non satisfaite de cumuler tant de voyage, j’ai pris un vol qui a décollé au beau milieu de la nuit: 1:25 du matin.

Un lever de soleil à Taïwan

Si vous êtes en train de vous dire que je pouvais en profiter pour dormir… et bien non. Parce que les vols sur la compagnie philippine Cebu Pacific (qui est sur liste noire en passant, mais bon, je ne me suis jamais écrasée), sont bondés d’une foule placide qui avance sans engouement vers le comptoir à la dernière minute. Ben quoi, vous diront-ils, ça sert à quoi de prendre de l’avance? Et je suis d’accord avec eux. C’est pourquoi je me retrouve là, dans le hall, avec les 299 autres passagers de mon vol.

Quand je demande au steward de me désigner la file, ses yeux se plissent et son bras s’allonge dans un geste dramatique: là-bas! s’écrie-t-il. Il semble vouloir crier “Terre, mes amis! Terre!”.

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De le 18. janvier 2012 à 10.25  
Catégories: Récits de voyage, Taïwan

Mes six mois à Taïwan touchent à leur fin. Du toit de mon appartement, je perds mon regard pour la dernière fois sur la montagne Nanshijiao, d’où cet immense bouddha doré a semblé me narguer, m’encourager, me consoler ou encore m’ignorer, à travers toutes les épreuves traversées.

Hualien & Luodong
À la gare de Taipei

Difficile de voir le visage du bouddha de là, en raison de la distance. Je n’avais jamais eu l’occasion d’aller y jeter un oeil de près. Mais hier soir, Luya, ma colocataire, m’a emmenée sur la route tortueuse qui mène au temple et accompagnée sur les fatigantes 300 marches à gravir dans cette quête symbolique d’un brin de vérité intérieure; un bel au revoir, à la ville, à cette amie, aux autres amis, et à un espoir un peu fou que mon esprit avait fomenté à mon insu durant ces dernières semaines.

Au sommet, nous traversons cinq stations de prière, cinq bâtonnets d’encens à la main qu’il faudra laisser à chacun des bouddhas prêts à nous écouter.
Il y a le bouddha “général”, il y celui de la paix, il y a le gardien de la montagne, il y a celui de la prospérité, celui de la maternité.
À chacun je laisse un petit message, un remerciement de m’avoir donné tant de courage et de force; de m’avoir offert ces yeux et jambes qui m’ont emmené au bout du monde, là où peu de gens, finalement, accèdent; une pensée pour tous ces coeurs qui se sont ouverts à moi, ou auxquels je me suis ouverte; un espoir d’avoir pu accomplir quelque chose de bien, malgré ma petite portée, et finalement un voeu de pouvoir continuer à grandir, à apprendre avec reconnaissance.

Plus tard, je recevrai le droit de poser une question au bouddha de la montagne. Je décide de lui parler d’amour: ce garçon est-il le bon? Je prends dans mes mains les blocs de divination qui me transmettront sa réponse une fois lancés au sol.
Ils retombent sur la même face et Luya m’explique: “Cela signifie que le bouddha rit. Reformule ta question.”
Bouddha, pourquoi ris-tu? J’aimerais savoir si, malgré les difficultés, je dois placer ma foi en cette relation.
Cette fois, le bouddha acquiesce. Je relance une troisième fois les blocs, pour savoir si le bouddha souhaite me donner des indications sur la façon de procéder; il acquiesce encore.
Je peux donc tirer un bâtonnet qui porte un numéro correspondant à un tiroir dans lequel je trouverai mon inspiration sous la forme d’une citation.

heart in my tofu
Un coeur que je n’avais pas demandé dans mon tofu.

La lecture n’en est pas très encourageante. Luya m’explique qu’il y a différents degrés de complexité dans les quêtes et que celui que j’ai tiré est le plus difficile. “Tu peux poursuivre cette quête,” me dit-elle, “mais tu te trouves déjà au coeur de la tempête: c’est l’hiver et toutes les feuilles de l’arbre sont tombées. Tu traverseras la peur, les doutes, la douleur.”
Mais n’y a-t-il pas un peu d’espoir? Luya me dit que oui.
Alors, je reprends mes auspices de bois pour une dernière question: Bouddha, est-ce que ça en vaudra la peine?
Le bouddha rit à nouveau; une pointe d’amertume, un sourire nerveux se fige sur mon visage.

Je reformule ma question, mais trop vite, trop vague: Bouddha, dois-je garder la foi?
Bouddha acquiesce. Je sais qu’il ne répondra pas plus loin: les réponses sont déjà toutes en moi.

Cheeses!
À l’hôpital bouddhiste de Taipei

À la base du temple, il y a encore quelques stations: un bouddha de prospérité, un bouddha pour la réussite aux examens, et un bouddha pour l’amour. Et finalement, il y a un petit pont à traverser: on laissera à l’entrée toutes les instances négatives qui nous ont pesé. Cela ressemble un peu à une renaissance.

Je remercie d’avoir reçu la preuve que je pouvais encore aimer, et être aimée. Je remercie d’avoir appris que j’étais prête, enfin, après les épreuves, après la fuite. Je suis reconnaissante d’enfin avoir retrouvé ma confiance en moi, et d’avoir obtenu la preuve que je pouvais placer cette confiance en quelqu’un d’autre, sans attentes, dans la tolérance.

Je reconnais aussi qu’il y a des choses qu’on ne peut demander, qu’elles ne dépendent pas de nous et, dans un dernier salut, je traverse le pont et laisse derrière moi les frustrations, la colère et les incompréhensions.

Il est temps pour moi de reprendre ma route, dans ma quête de vérité et de connaissance.

De le 4. janvier 2012 à 19.36  
Catégories: Récits de voyage, Vietnam

On l’aime ou on la déteste, mais personne ne reste indifférent à la circulation démente de Saïgon, Ho Chi Minh City. Lorsqu’on débarque pour la première fois dans cette ville, on se demande bien comment les gens font pour ne serait-ce que traverser un carrefour à pied! La conduite d’une moto ou d’une voiture semble obéir à des règles bizarres, voire pas de règles du tout. Mais comment font-ils?

Même les policiers ignorent les passages cloutés!

Au bout de quelques jours, on s’y habitue ou alors on a quitté la ville, dégoûté! Je m’y suis faite grâce à des conseils d’amis:

“A Saïgon, c’est simple, tu fais comme les poissons dans un aquarium. Tu ne t’arrêtes jamais, tu ne reviens jamais sur tes pas, tu évites la ligne droite. Jamais de gestes brusques, tu avances d’un pas nonchalant. Te souvenir que personne ne te laissera passer. Le camion gagnera sur la voiture, la voiture sur la moto, la moto sur le vélo et le vélo sur le piéton. Choisis ton camp! Souviens-toi aussi que les trottoirs ne sont pas faits pour marcher, mais pour garer des véhicules.”

Avec ces conseils en tête, j’ai survécu à l’enfer de la circulation et au concert de klaxons dont les conducteurs vietnamiens usent et abusent!

Si vous allez à Saïgon et que votre chambre d’hôtel donne sur une rue passante, sortez votre appareil de photo ou votre camera, vous ramènerez des souvenirs insolites!

Vue de l'hôtel  Renaissance Riverside Saigon

Cette vidéo spectaculaire passe en accéléré plus de 10’000 clichés RAW, pris de différents points de vue.

Traffic in Frenetic HCMC, Vietnam from Rob Whitworth on Vimeo.

De le 27. décembre 2011 à 19.16  
Catégories: Allemagne, Conseils, Récits de voyage

Ah apprendre l’allemand, le cauchemar de bien des Suisses Romands! Mais il arrive parfois que l’on rencontre des jeunes étudiants qui vont en Allemagne juste pour le plaisir de parfaire leurs connaissances linguistiques. Si, si, ça existe! J’ai rencontré m1k24, jeune étudiante de Neuchâtel qui revenait d’un séjour d’un mois à Berlin. J’ai voulu en savoir plus.

Tu reviens de Berlin où tu as passé un mois. Pourquoi avoir choisi Berlin?

Le choix s’est fait assez rapidement. Je voulais perfectionner mon allemand, si possible en Allemagne, et au départ, j’ai simplement été attirée par la capitale. Quitte à apprendre l’allemand, autant ne pas le faire dans un bled entre deux poules et trois cochons. Berlin a aussi très bonne réputation auprès des jeunes depuis quelques années. On m’en a toujours parlé comme une ville dynamique, où il y a toujours quelque chose à faire, l’endroit rêvé pour faire la fête.

Etais-tu étudiante dans une école?

J’étais étudiante en part-time à Prolog, une école de langue. Même si je ne suis pas fan de ce genre d’endroit, ça me paraissait la solution la plus simple pour me mettre à la page niveau langue. J’ai choisi les cours part-time (mi-journée), principalement à cause de la saison (j’y allais en été). Il y a énormément de choses à faire à Berlin, quand il fait beau d’autant plus, du coup je n’avais pas spécialement envie de passer mes journées entières dans une salle de classe. Les cours duraient de 10h à 13h, horaires plus que respectables. L’école était relativement sympathique. Beaucoup d’étudiants suisses, forcément, mais pas que. Le contenu des cours était honorable, les professeurs sympas, et même si on n’y apprend pas forcément tout ce qu’on devrait/pourrait, c’est le meilleur moyen pour se créer un petit cercle de fréquentations.

Où habitais-tu? Etait-ce difficile de trouver à se loger?

J’ai préféré réserver mon logement depuis la Suisse par le biais de l’agence ESL pour être sûre de ne pas me retrouver à la rue dès le premier soir. Et puis je ne restais qu’un mois à Berlin, il ne me semblait pas vraiment nécessaire de me lancer sur place dans une course au logement, vu que le séjour était relativement court. J’ai choisi la formule “appartement partagé”, qui consiste à se faire héberger par un(e) allemand(e), généralement une personne habitant seule. J’ai été hébergée par Vera, une sympathique célibataire cinquantenaire allemande, dans le quartier de Schöneberg, à cinq minutes en bus de l’école. J’avais une chambre à disposition, et pouvais utiliser la cuisine pour me faire à manger. J’ai préféré cette formule à une autre avec demi-pension et repas compris pour plus d’indépendance. Le quartier n’était pas forcément le plus animé, mais on se déplace facilement à Berlin.

Comment était le contact avec les Allemands? As-tu pu rencontrer des Allemands ou étais-tu surtout en contact avec d’autres étudiants?

C’est toujours plus facile de rentrer en contact avec un inconnu lorsque l’on est à l’étranger que chez soi. Allez savoir pourquoi… A Berlin, le contact est assez facile. On entre facilement en discussion avec des gens, dans un bar, dans le métro. Avec toujours les mêmes questions, tu viens d’où, tu es là depuis combien de temps, jusqu’à quand? Mais c’est vrai qu’hormis ma logeuse, je n’ai pas rencontré beaucoup d’allemands. La raison est sans doute assez simple. Il y a énormément d’étudiants et de touristes à Berlin (les Berlinois iront même jusqu’à dire “trop”), et on a facilement tendance à rester entre nous, dans le petit groupe que l’on s’est créé, toutes nationalités confondues. Il y  a aussi là une question de barrière de langue. Des étudiants qui apprennent l’allemand parlent du même coup lentement et maladroitement, si bien que des germanophones peuvent être rapidement ennuyés de cela.

Venant d’une petite ville suisse, qu’est-ce qui t’a frappé le plus en arrivant à Berlin?

C’est grand! ;-) Forcément, la taille de la ville change un peu des endroits que l’on a en Suisse. Mais je suis assez preneuse du style grande ville, métro, animation. Berlin m’a fait penser à Londres, c’est un peu le même genre de ville, niveau atmosphère.

Ce qui m’a surpris, c’est le côté un peu destroy de la ville qui est encore très marquée par le fantôme de la 2e guerre, du mur. Ce côté se retrouve beaucoup dans le style des gens. Le côté punk, grunge est assez tendance là-bas, contrairement au côté tout propre et bien lisse de la Suisse. Pareil pour sortir en boîte, mieux vaut avoir les cheveux rouges et rasés pour rentrer en club, qu’une chemise ou des talons. Le coût de la vie aussi m’a fait un choc niveau nourriture. Surtout en revenant en Suisse, où tout était soudain terriblement cher. Là-bas, on mange pour deux ou trois €, et bien encore! Et je suis obligée de mentionner le nombre juste incroyable de restos kebab qu’on trouve là-bas, probablement un shop sur trois.

L’offre culturelle pour les jeunes est impressionnante à Berlin. As-tu pu en profiter?

J’en ai bien sûr profité! Mais j’ai quand même la sensation de n’avoir profité que d’une infime part de tout ce que la ville propose. Berlin est idéale pour tous les fans d’histoire, les passionnés de la seconde guerre. Il y a aussi une foule impressionnante de musées, accessibles pour toutes les bourses, car en tant qu’étudiant on bénéficie de rabais très intéressants. Mais la ville en soi est un grand musée, et il y a aussi plein d’endroits où l’on peut s’instruire gratuitement. Niveau musique, il y en a aussi pour tous les goûts. Du festival de musique classique en dehors de la ville, au boui-boui jazzy, de la boîte minimale au club à touristes bon marché…

Quelles sont tes bonnes adresses, tes trouvailles?

En première position dans mes bonnes adresses : le Trésor. C’est un club berlinois qui existe depuis très longtemps, et qui est pas mal réputé. Il a même été le club de la ville, avant d’être récemment détrôné par le Berghain. Mais c’est l’endroit où il faut aller si l’on aime écouter du son électro non commercial s’il vous plaît (plutôt minimal, qui tape pas mal). L’ambiance est assez dark, il y a en général deux salles, avec une ambiance industrielle, le club est dans une ancienne usine. L’entrée n’est pas trop chère, et on y rentre facilement.

Le bar à cocktail où il faut aller, c’est le Qué Pasa. Un bar-resto mexicain, où on mange très bien. Moi qui étais en froid avec la nourriture mexicaine, j’ai été réconciliée! Mais surtout, on y boit pour pas cher. Je ne le répèterais jamais assez, mais 3,50 € la Caipirinha, c’est plus qu’un bon prix. Assez bondé, on y va entre amis, pas en amoureux.
Le Junction Bar vaut aussi le détour. Il y a souvent des concerts, la musique est un peu jazzy, les gros fauteuils en cuir sont tout à fait accueillants. Pas trop de touristes pour le coup, les Berlinois qui le fréquentaient étaient étonnés de nous y voir.

Le seul désavantage de Berlin : quand on sort, il faut savoir où on va. Rien de pire que se retrouver perdus dans la ville, en pleine nuit, à essayer de déplier/lire une carte à la lumière d’un arrêt de bus pour se repérer. Pas toujours facile quand on débarque. Du coup, pour les nouveaux, je recommanderais deux rues:

  • la Simon Dach Strasse, une rue reeeeeemplie de bars pour toooous les goûts, du bar Barbie, au bar gothique, au bar Latino, en passant par le troquet à bières
  • la Warschauer Strasse, la rue des boîtes de nuit de Berlin, reste encore à les trouver!

Quel conseil donnerais-tu à un étudiant qui voudrait aussi aller passer quelques mois à Berlin pour apprendre l’allemand?

Arf… De ne pas trop s’en faire. Le billet d’avion ne coûte pas trop cher, les auberges de jeunesse et la nourriture non plus. Si l’étudiant en question recherche une école, je lui conseille de se faire un petit comparatif avant de planifier son voyage, histoire de ne pas se tromper. Mais en général, ces écoles sont arrangeantes, on peut changer un part-time pour un full-time, ou réciproquement, il suffit de négocier. Réviser un peu d’allemand peut-être avant de partir! Quoique les gens peuvent aussi se débrouiller là-bas en anglais, c’est toujours une option.

Au niveau du logement, je recommanderais par contre pour un séjour de plusieurs mois de réserver dans un premier temps une chambre ou un appartement depuis la Suisse pour une courte durée. Et ensuite de chercher sur place, une coloc, une chambre ou autre. On en trouve facilement, et le prix sera sûrement plus avantageux.

Et si c’était à refaire?

Si c’était à refaire… Départ! Peut-être même plus longtemps, car un mois au final, c’est très très court.

Merci m1k24 pour ce témoignage qui encouragera certainement d’autres jeunes à partir à Berlin.

Crédit photo: © m1k24, tous droits réservés

De le 22. décembre 2011 à 16.28  
Catégories: Conseils, Récits de voyage

Cet hiver, c’est décidé, vous ferez du ski! Vous avez réservé un logement de vacances dans une station des Alpes située à 1900 mètres d’altitude. Vous avez payé vos arrhes, les bagages sont prêts, mais la veille du départ, une angoisse vous saisit: est-ce que Bébé, âgé de moins d’un an, supportera l’altitude?

Sans plus attendre, vous vous précipitez sur le web et les résultats de vos recherches vous paniquent! Sur les forums grand public, les avis sont partagés: certains indiquent qu’il est contre-indiqué d’emmener un bébé de moins d’un an au-dessus de 1’500 mètres, d’autres signalent qu’il n’y a aucun problème. Certains pédiatres disent qu’il faut faire des paliers, monter lentement, en faisant des haltes voire des nuits à différentes altitudes. Qui croire? Et comment concilier ces conseils avec un voyage en voiture puis en téléphérique, évidemment sans arrêt?

Vous passez la nuit à cogiter. Quel risque allez-vous faire courir à votre enfant? Puis vous reviennent les images de landaus sur patins dans les rues de Zermatt, Saas Fee ou Bettmeralp. Les bébés y avaient l’air heureux et les parents pas angoissés. Il doit bien y avoir aussi des femmes qui habitent ces régions, qui vont accoucher en plaine et qui remontent dans leur chalet avec leur bébé de quelques jours?

Vous n’allez donc pas renoncer à cette semaine de vacances de ski bien méritée. Vous partez donc, la tête pleine de conseils en tous genre. Vous vous demandez comment vous allez faire pour le nourrir dans le téléphérique, seul moyen d’obliger un bébé à déglutir. A tout hasard, vous mettez un biberon d’eau dans votre poche. Advienne que pourra, l’aventure c’est l’aventure.

Sur place, vous constaterez que bébé ne manifeste aucune inquiétude dans le téléphérique, que vous serez coincée dans la foule des skieurs et vacanciers au point d’en oublier biberon et conseils de déglutition. Arrivés au sommet, bébé est rose comme jamais, ni pleurs ni cris. Ouf. Vous passerez donc une superbe semaine à alterner garde d’enfant et descentes à ski.

Mais est-ce l’effet de l’altitude ou le changement des habitudes? Bébé saura vous tenir éveillée durant la nuit, visiblement il a dû mal à dormir. C’est le seul effet constaté sur le charmant bébé de 7 mois avec qui j’ai passé une superbe semaine de ski à 1900 mètres d’altitude! Puisse ce témoignage rassurer les parents.

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De le 14. décembre 2011 à 12.09  
Catégories: Récits de voyage, Sainte-Lucie

C’est décidé, vous en avez assez du froid, de vos gros manteaux et de vos écharpes, de la grisaille de décembre, bref, vous rêvez de plage et de soleil. Je vous emmène passer les Fêtes à Sainte-Lucie aux Antilles. Embarquement immédiat!

Sainte-Lucie est située au sud de la Martinique et au nord de Saint-Vincent. Ile « sous-le-vent », montagneuse, elle émerge d’un relief sous-marin souvent ébranlé par des perturbations sismiques et possède le charme d’une végétation encore sauvage, plusieurs jolies plages, quelques cours d’eau et un volcan formé par deux pitons dressés à la verticale au-dessus de la mer. Ces cônes volcaniques en forme de pain de sucre veillent naturellement sur la côte ouest de Sainte-Lucie.

Dès la sortie de l’avion, l’hiver ne sera qu’un mauvais souvenir. Ici en décembre, il fait de 28° à 25°! Sortez vos lunettes de soleil, vos maillots de bain et direction la plage, sans oublier la crème solaire. Le soleil tropical est brûlant, ne ressemblez pas à un homard dès le premier jour. Faites vos siestes à l’ombre des cocotiers.

Après la sieste, direction le bar de la plage. Attention, les Ti punchs en Happy Hours sont redoutables! Ça se boit comme du sirop, mais ça monte très vite à la tête! Prudence et modération, je parle d’expérence ;-) Après une nouvelle plongée dans les eaux chaudes de la baie pour évacuer les vapeurs de rhum, direction le restaurant pour un repas antillais. Poissons et crustacés feront votre bonheur et pour le Nouvel An, osez la langouste grillée, servie en terrasse au bord de l’eau. Je garde un souvenir impérissable d’un repas du 31 décembre au bord du lagon! Les restaurants de qualité ne manquent pas à Sainte-Lucie, vous pourrez goûter des cuisines variées.

Après quelques jours de repos dans votre hôtel en bord de mer, vous pourrez aisément partir à la visite de l’île. On peut facilement louer une voiture sur place ou si vous ne voulez pas vous casser la tête à conduire, prendre un taxi pour la journée. Le chauffeur vous racontera l’histoire de l’île, vous montrera des particularités de la vie locale et vous conseillera pour un restaurant. Vous admirerez les Petit et Gros Pitons, vestiges volcaniques symboles de Sainte-Lucie, vous gravirez des sentiers de randonnée, vous traverserez Soufrière. Ne tombez pas dans les bassins d’eau sulfureuse! Vous visiterez les marchés, comme celui de Castries, l’occasion de faire de belles photos d’épices antillaises et de produits exotiques. Il y a beaucoup à voir et à faire à Sainte-Lucie, n’hésitez pas à vous lancer à la découverte de l’île.

Si vous avez le pied marin, faites une excursion en bateau. Les Antilles sont le paradis des amateurs de voile et de plongée. Allez jusqu’en Martinique, toute proche. Mais attention, le mal de mer peut vous gâcher l’aventure! Vous devrez alors, comme moi, revenir en avion.

Croyez-moi, une petite semaine à Sainte-Lucie vous permettra de mieux tolérer l’hiver européen! Alors, on y va?

De le 12. décembre 2011 à 12.31  
Catégories: Philippines, Récits de voyage

Après notre première charmante nuit à Bacolod, nous nous sentons tout à fait démotivées. Nous parlons de prendre un bus en direction de Dumaguete, voire tout droit vers Cebu, et d’oublier le festival MassKara pour lequel nous étions venues.

MassKara, Bacolod

Mais une fois l’estomac plein, la donne change: non, il faut qu’on y soit. Et puis, c’est une chance: certains de nos amis philippins nous proposent de couchsurfer dans leur chambre d’hôtel. Ce n’est pas très grand, et je suis au sol, mais c’est propre (et tant qu’il n’y a pas de cafards, moi, ça ne me dérange pas).

MassKara @ Bacolod

La Maison Blanche de Bacolod et ses décorations MassKariennes.

Les couchsurfers ont décidé de créer un événement Free Hugs au festival ce soir là. Cristine et moi on court à l’autre bout de la ville pour dégoter de quoi nous créer de jolies pancartes, ainsi qu’un masque qui sera notre laisser-passer pour la fête au Quartier des Artistes.

Malheureusement mon argent, qui restera coincé dans un distributeur, et la panique que cela engendrera (plus les interminables coups de fil) nous feront manquer cette occasion.

Nos minois boudeux seront néanmoins accueillis par quelques hugs sympathisants en guise de réconfort.

Concept très philippin: voitures de particuliers avec sono de fous. Une disco privée ambulante à poser légalement dans n’importe quel parking du coin.

Après un délicieux poulet inasal (barbecue) à même la rue que j’ai cédé à ces gamins qui ramassent les restes des gens (pas facile d’avoir de l’appétit face à cette misère) je me console dans ce qui doit être l’une des pâtisseries les plus en vogue de toutes les Philippines: Calea (voir ma carte de Bacolod).

Calea cakes

Les gâteaux de Calea, Balay Quince. La foule se presse dehors!

Et puis, place à la fête! Après une balade sur Lacson Street, sur-bondée d’une foule hyperactive, un peu saoule, masquée et amusante, nous nous rendons au Quartier des Artistes.


Nos amis et nous, dans le jeepney qui nous mènera au Art District (photo par Donna Mae)

Sur place, plusieurs shows et concerts, mais surtout les boissons les moins chères de la ville: 32PHP (0.55€) pour une bière Red Horse qui ne lésine pas sur le pourcentage d’alcool. Bref, c’est là que se retrouve la jeunesse étudiante sans le sou, et on la comprend.

Show au Quartier des Artistes.

Après quelques jours de remplissage de panse en bonne et due forme et de fête folle, il est temps de poursuivre notre itinéraire: ce sera droit vers Cebu.