249 Articles dans cette catégorie Récits de voyage.

De le 27. Octobre 2012 à 8.00  
Catégories: Conseils, Italie, Récits de voyage

La mer ou la montagne ? Je vous emmène dans un petit éden – seulement 29 kilomètres sur 18,5 – qui permet d’éviter cet éternel dilemme, au large de la Toscane. On y trouve à la fois plages et sommets dans des paysages rappelant les voisines sarde et corse. Les amoureux de l’île affirment que chaque nouvelle visite leur réserve son lot de découvertes, de garrigues en criques secrètes, de châtaigneraies en maquis sauvages. Une destination idéale d’arrière-saison.

Un paradis pour randonneurs

Avant tout familiale, l’île a su fidéliser une clientèle de campeurs et de promeneurs majoritairement germanique et helvétique. Une passion qui se transmet de génération en génération, avec des places où installer sa tente ou sa caravane et de proprets hébergements prudemment réservés d’une année à l’autre, comme au Camping Valle Santa Maria.

“En moins de trois heures, vous allez traverser plusieurs écosystèmes différents !”, me promet la directrice du Parc national de l’archipel toscan. Franca Zanichelli me signalera la trace d’un mouflon ou la présence d’une plante endémique flirtant avec romarin et lavandes.

En route pour la balade !

“Ici, la protection de l’environnement n’est pas qu’un slogan: même l’implantation de panneaux comme celui-là est soumise à de longues tractations”, rassure un passionné d’ornithologie avant de signaler un vol de corvidés rasant la cime des pins parasols. Souvent raviné – mais bien balisé – le sentier se faufile entre roches et bruyères, chênes et cyprès, traversant ici ou là d’épais bocages. On atteint enfin l’une de ces curieuses constructions de pierre, rappelant les trulli du Sud de l’Italie.

Un refuge bienvenu en cas d'orage

Pour ceux que la marche rebuterait, une amusante alternative pour atteindre le sommet du Monte Capanne: ce téléphérique aux cabines en forme de cage à oiseau. Canaris sujets au vertige, s’abstenir !

Fais comme l'oiseau...!

En redescendant du perchoir, la vue est imprenable sur les plages elboises libérées des hordes touristiques estivales. Les terrasses, en revanche, continuent de faire le plein.

Un supplément de soleil automnal

Quand on ne se contente pas d’y boire un verre, on y déguste les grands classiques : spaghetti alle vongole, bruschetta, tiramisû et autre gelati. Mes adresses préférées sont La Caletta (à Porto Azzuro), la Taverna dei Poeti (à Capoliveri) et la Pizzeria Il Castagnacciaio (à Porto Ferraio) si l’on y évite toutefois certaines spécialités locales plutôt fades – à mon goût – comme la torta di ceci.

Et pourquoi pas une petite promenade digestive en sortant de table ? J’en profite pour m’approvisionner en produits du terroir dans l’une des nombreuses épiceries fines de la place.

Pasta et bonnes bouteilles

Autre idée de cadeau: les parfums aux senteurs de l’île, que deux Maisons spécialisées commercialisent dans des boutiques au décorum avenant. Ici, chez Isola :

Ambiance marine pour des senteurs personnalisées

Mais il est temps de regagner ma chambre à l’Hôtel del Golfo, un établissement les pieds dans l’eau, jouxtant l’adorable village de Procchio. Sûr que je vais y faire de beaux rêves ! Pour inspirer les vôtres, que diriez-vous de partager mon aventure elboise en 65 secondes de vidéo ? Un clic et vous y êtes !

De le 23. Octobre 2012 à 8.00  
Catégories: Récits de voyage, Thaïlande

Koh Samui, un nom bien connu des circuits touristiques thaïlandais… Une des plus grandes îles du Golfe de Thaïlande et sans doute une des plus touristiques, due à son exceptionnelle beauté.

Pour y arriver, plusieurs moyens: les plus pressés y arriveront directement en avion. Ceux qui aiment les trains comme moi, prendront celui de Bangkok à Surat Thani, de nuit de préférence! En deuxième classe, c’est assez confortable et dans votre petit cocon tendu de vert, on se sent pas mal du tout (surtout après un bon repas curry vert dégusté au wagon restaurant. Une fois à Surat Thani, n’ayez crainte, les vendeurs seront déjà là pour vous vendre des tickets de transfert bus+ferry et arriver à destination (Lomprayah est la plus réputée – et la plus chère – mais on vous recommande aussi SeaTran).

Enfin, après une traversée spectaculaire, filant sur les eaux turquoises du Golfe et croisant des paysage sortis d’une brochure pour office du tourisme, vous arriverez au paradis promis.

Du trio “Samui-Phangan-Tao”, Samui est celle qui a “un peu de tout”. N’y cherchez pas l’authenticité, cela fait longtemps que l’essor du tourisme de masse l’a balayé mais si vous avez besoin de reprendre votre souffle, c’est parfait!

Que faire à Samui? Il y a évidemment la plage! Et Samui n’en manque pas! De la plus active et touristique (Chaweng, ses restaurants, ses hôtels et ses boîtes de nuits), au petits villages de pêcheurs comme Bophut ou des criques isolées. Evidemment, tous les sports aquatiques des plus relax (snorkeling) aux plus extrêmes (kite-surfing) sont présent à Samui, d’autant plus que le parc national maritime d’Ang Thong est à côté.  Dans l’option “farniente”, on a préféré la plage de Lamai, bon compromis entre le calme et le besoin d’activité. Plus vous irez vers la sud et vous éloignerez du village, plus pour trouverez la quiétude… et aussi une des curiosités de Samui: Hin Ta et Hi Yai (grand-père et grand-mère), deux rochers ayant la forme d’organes génitaux masculin et féminin.

Parlant de curiosité, il y a le Big Buddha, un énorme Bouddha doré, grande attraction de Samui,  et un temple dont vous pourrez acheter une tuile… pour y inscrire votre nom.

Si vous voyagez avec des enfants, pourquoi ne pas les emmenez au Samui Aquarium and Tiger Zoo à la rencontre de nombreux poissons et de tigres du Bengale ou au Naweng Safari Parl, pour monter à dos d’éléphants.

Bref, Koh Samui est un bon endroit pour se poser, histoire de reprendre son souffle… que ce soit pour des vacances bien méritées, ou comme moi, avant de continuer mon périple thaïlandais vers Koh Phangan, l’île de la plus débridée du Golfe.

Stay tuned! En attendant, quelques photos des beautés de Lamai…

 

De le 8. Octobre 2012 à 10.20  
Catégories: Conseils, Espagne, Pays, Récits de voyage

La réputation des Canaries n’est plus à faire: destination populaire par excellence, elle bénéficie toute l’année d’une température moyenne de 20°-24°. Ce climat privilégié lui vaut la faveur de touristes nordiques en quête d’un petit supplément de soleil. A elle seule, Gran Canaria draine actuellement une clientèle qui la préfère à ses concurrentes nord africaines, pour les raisons que l’on sait. En prime, l’île volcanique ne leur offre-t-elle pas un succédané de désert, avec ses fameuses dunes de Maspalomas…

Les dunes de Maspalomas

A quelques heures de la Suisse, mon atterrissage à Las Palmas me donne l’impression d’un alunissage, tant l’environnement paraît minéral. Mirage, puisque ce territoire doit à la variété de ses espèces – endémiques pour certaines – un titre de réserve de la biosphère. Sur ses 1’560 km², le sol fait pousser pins, pieds de vigne, dattiers, agrumes, avocatiers et autres fruits tropicaux, sans oublier de curieuses cactées. Pas vraiment l’idée qu’on se fait d’une planète inhospitalière…

Une nature particulièrement exubérante

Face à une telle richesse naturelle, je me dis qu’il serait coupable de rester cantonné à la périphérie de mon hôtel, aussi confortable soit-il. Gran Canaria propose un large éventail de logements, allant de la chambre chez l’habitant au palace rutilant. La clientèle haut de gamme attachée aux traditions choisira peut-être le mythique Santa Catalina de Las Palmas pour son décor Belle Epoque et sa carte inventive (je m’y suis régalé d’un gaspacho au coulis de mangue !) Ailleurs, la gastronomie  canarienne propose une cuisine saine et plutôt roborative, faisant la part belle aux produits de la terre et de la mer, frais et goûteux.

...de quoi vous caler l'estomac !

Alors que trop de promoteurs immobiliers ont bétonné le littoral de manière peu raisonnable (euphémisme !), je découvre le Villa del Conde, au surprenant décor évoquant un village traditionnel. Le résultat est assez bluffant, surtout en découvrant la réception - hollywoodienne - à laquelle les architectes ont conféré des allures de cathédrale !

Une réception en forme de nef

Dans les environs immédiats, le Baobab parodie l’ambiance africaine et le Costa Meloneras se veut orientalisant.

Un bon plan:  à Agaete, j’ai repéré une résidence rurale de grand charme, avec ses allures d’hacienda. Retenez son nom: Las Longueras! Un beau jardin ombragé avec piscine, une large ouverture sur un panorama idyllique et un bon rapport qualité-prix. Que demander de plus ?

Une adresse de charme

Allez, je ne résiste pas à la tentation de vous faire partager ma découverte secrète: l’adorable petite chapelle privée attenante, où l’on viendrait volontiers s’unir pour la vie…

Voudriez-vous vous y marier ?

Cette région de l’arrière-pays peut constituer un point de chute idéal pour rayonner dans les environs, notamment vers les villages de montagne, dominés par des cratères immémoriaux. Fataga fait figure d’oasis, dans son écrin de palmiers et dragonniers (une plante qui se prend pour un arbre. Elle doit son nom au carmin de sa sève dont on faisait de la laque, de la peinture et des onguents médicinaux).

Envie de shopping ? Rendez-vous dans la capitale.  Les chiens statufiés du centre historique rappelleront l’étymologie des Canaries (de canes, en espagnol..rien à voir avec les petits oiseaux jaunes!) et vous inviteront à visiter le voisin Musée de Colomb, intéressant hommage au grand navigateur.

Au centre historique

Mais il est grand temps de vous inviter à me suivre – par la vidéo – dans le décor enchanteur de Gran Canaria: 65 secondes pour  prolonger l’été.

Hasta Luego !

De le 17. septembre 2012 à 8.55  
Catégories: Norvège, Récits de voyage

Après avoir accueilli les explorateurs, les baleiniers, trappeurs et prospecteurs de toutes nationalités, le magnétique Spitzberg – sous tutelle norvégienne – attire désormais un nombre croissant de touristes en quête de cet indéfinissable étourdissement émanant de l’espace, de la glace, de la pierre et d’une lumière exaltant la grisaille. A la recherche aussi du silence et de la solitude d’où surgit tout d’un coup la vie. C’est un vieux rêve que je réalise aujourd’hui, en débarquant à Longyearbyen, dernier aéroport avant la croisière sur l’Ocean Nova, navire danois construit il y a 20 ans pour naviguer dans les eaux froides de la côte Est du Groenland. Un panneau situe la petite cité minière, à 2h 40 de vol d’Oslo. A noter la mise en garde contre les ours blancs, dont certains s’enhardissent jusqu’aux alentours de la petite école (d’où les grillages qui en protègent le préau!)

Quelle direction ?

Fondé en 1906 par un pionnier américain nommé John Munroe Longyear, le bled a hérité d’un nom aux consonances appropriées: l’année – et surtout l’hiver – doivent y paraître bien longs. Cafétéria, poste, quincaillerie, banque ou salon de coiffure constituent les points de rencontre d’un vase clos où tout le monde se connaît. A des prix souvent prohibitifs, les voyageurs trouvent le long d’une main street emblématique de quoi se ravitailler et s’équiper pour l’exploration des grands espaces nordiques. Au-delà, ce ne seront plus que glace, toundra, pierre et neige. Ceux qui espéraient un théâtre, une disco ou un stade de foot en seront donc pour leurs frais. Mais ils s’étonneront sans doute du bon niveau des quelques hôtels – comme le Radisson Blu et le Rica Spitzbergen Funken – implantés entre les habitations standardisées et les motoneiges en pagaille.

On compte ici plus d'une motoneige par habitant !

Le musée du Svalbard révèle le récent passé de Longyearbyen, de la trappe à la mine. Autre rappel des charbonnages, à l’extérieur: les vestiges du système de transport du minerai. Foreuses et wagonnets rouillés animent la place de jeux jouxtant la chapelle, au grand bonheur des nombreux enfants de la communauté.

Les reliques de la glorieuse époque des charbonnages...

Suivant le fil des gravures et illustrations, je découvre les premiers explorateurs des grands espaces arctiques et ceux qui leur ont succédé: des scientifiques russes et suédois – entre autres – mais aussi des Français comme Jean Malaurie, plus motivés par l’ethnologie que par l’exploitation effrénée de la faune et des richesses souterraines. A noter qu’avec les deux conflits mondiaux, puis la guerre froide, des bases ont aussi été implantées par pur intérêt stratégique. Puis revinrent des individus soucieux de se confronter à leurs propres limites, les voyages dangereux constituant – après les champs de bataille – le nouveau révélateur des tempéraments héroïques.

Au temps des chasses effrénées...

Si le capitaine de l’Ocean Nova annonce une escale monégasque, ce n’est pas qu’il a abusé de la vodka au point de confondre l’immense muraille bleutée profilée à l’horizon avec le skyline de la Principauté. Ce glacier démesuré a été baptisé Monaco en reconnaissance du soutien des Grimaldi aux grandes expéditions nordiques menées au tournant du XXe siècle. Détaché du navire, mon minuscule zodiac va faciliter l’approche d’un front haut d’une bonne trentaine de mètres sur environ 6 kilomètres de large. Une coquille de noix pour fixer l’échelle.

Des frissons sous l'énorme muraille de glace

La navigation se poursuivra le long de la célèbre Baie de la Madeleine, dont la couronne dentelée a sans doute inspiré le terme de Spitzberg (montagne pointue) à Willem Barents, à qui l’on attribue la découverte (ou redécouverte moderne) de ces terres, en 1596. Un mémorial y a été dressé au siècle dernier en l’honneur des marins et chasseurs de baleines morts sous ces latitudes.

Les baleines, justement…l’estimation de 65’000 d’entre elles exterminées en 150 ans par les seuls Bataves donne la nausée. Elle rend plus précieuse encore la soudaine observation de trois d’entre elles – les fameuses baleines bleues, les plus grosses et les plus rares – dans le sillage du bateau.

Une réminiscence de Moby Dick ?

Un peu plus loin, foulant la toundra, je m’étonne de trouver  autant de traces de vie dans un environnement si rude: abondante et diversifiée, la flore fait le bonheur de quelques connaisseurs amateurs de lichens et autres plantes alpines.

Une flore abondante, mais éphémère

Je m’émerveille de la présence de tant d’oiseaux – guillemots, eiders, sternes et autres Macareux – et du petit renard polaire si peu farouche à portée de mon objectif.

Un figurant peu farouche...

Mais qu’en est-il de la vedette tant attendue, celle dont l’approche in situ justifierait à elle seule mon voyage: l’ours polaire ? Le naturaliste canadien Marc Hébert, qui m’accompagne, se veut rassurant : “Le dernier recensement effectué dans cette zone de la mer de Barents était de plus de 3’000 individus. Nous avons donc autant de chances d’en croiser bientôt que de voir des lions dans un safari africain. Cependant, la banquise recule sous l’effet du réchauffement climatique, à un rythme qui pourrait bien générer sa fonte totale d’ici 2050. Il nous faut donc nous rapprocher de plus en plus du pôle Nord pour rejoindre le biotope de cet animal toujours en quête de phoques à accrocher entre deux plaques de glace”.

La star de l'Arctique

De fait, à 80,30° de latitude nord, le miracle se produit: des scènes que je n’oublierai jamais, et que j’ai immortalisées pour vous en vidéo.

PRATIQUE

Plusieurs croisières estivales sont organisées annuellement par divers voyagistes. Aux paquebots, les amateurs de découvertes sportive et scientifique préfèrent des bateaux de taille plus modeste, garants d’une meilleure approche côtière. Compte tenu des contingents limités, il est conseillé de réserver plusieurs mois à l’avance. Les forfaits standards comprennent – outre le transport aérien – le séjour hôtelier, les excursions et la pension complète à bord.

De le 3. septembre 2012 à 11.59  
Catégories: Géorgie, Pays, Récits de voyage

Mon taxi file depuis la gare vers le centre de Batoumi. Débarquée du train de nuit depuis Tbilissi, je suis dans un brouillard de fatigue aussi épais que la couche de nuages qui recouvre la ville. Mais où est donc le paradis subtropical que l’on m’a tant vanté? ;-)

Je pars donc péniblement à l’assaut de Batoumi. La première impression, c’est que tout comme Tbilissi, c’est une ville en plein travaux! Peut-être même encore plus qu’à Tbilissi! La deuxième ville de Géorgie semble avoir le vent en poupe!

Batumi

Sur la place de l’hôtel de ville, la statue de Médée brandissant la toison d’or semble avoir été redorée de frais et un énorme bâtiment est en cours de rénovation. Son avenir sera celui d’un casino-hôtel! Je vais bien vite réaliser que des tonnes d’argent sont brassées par ici. Batoumi et sa région, l’Adjarie, ont un statut particuliers… L’Adjarie est une république autonome et même si récemment, Tbilissi a repris un peu de contrôle sur la République, celle-ci a des pouvoirs assez larges. Des compagnies turques ou kazakhes ont largement investi dans l’immobilier et l’hôtellerie et ont bien l’intention, avec le soutien du gouvernement géorgien, de faire de Batoumi une espèce de Las Vegas ou de Miami sur Mer Noire! Le centre de la ville est une véritable plongée dans la Belle-Epoque! Grâce au pétrole de l’Azerbaïdjan, qui joue encore un grand rôle pour la Géorgie, Batoumi a connu un boum dans la deuxième partie du XIXe siècle, début du XXe et de la Place de l’hôtel de ville à celle du Théâtre. c’est une belle unité architecturale. On s’attendrait presque à voir une calèche ou un bourgeois en gibus! Même les nouveaux bâtiments en construction respectent le style de l’époque…

Batumi

Mais en se rapprochant de la plage, le décor change car le futur pour Batoumi, outre les activités du port, c’est le tourisme. Déjà à l’époque soviétique, la côte géorgienne était prisée pour son climat subtropical, cette petite mer chaude et sa cuisine géorgienne. Aujourd’hui, c’est toujours le cas. Arméniens, Azéris, Russes, Turcs voulant des vacances à bas prix… Batoumi, parait-il, devient une ville où l’on ne dort jamais, le temps d’un été.

P1220365En traversant un parc parsemé de sculptures, on arrive sur le Bulvard, une promenade de bords de mer qui s’étend sur pas moins de 7 kilomètres. Une longueur qu’on peut facilement parcourir puisque Batoumi possède un système de location de vélo: Batumvelo… Du côté du port, s’élève une tour à double hélice surmonté d’un globe brillant l’Alphabetic Tower. Hommage à l”élégant (et ancien) alphabet géorgien, cette tour était à peine inaugurée lorsque je suis arrivée! L’avant-veille à Kazbegi, j’avais vu un reportage sur les journalistes locaux prenant l’ascenseur pour rejoindre le sommet de la boule et étrenner leur nouveaux studios! On y trouvera aussi un restaurant panoramique mais je n’ai pas spécialement envie de m’attarder pour le moment: j’ai trop envie de découvrir une nouvelle mer: la Mer Noire.
Batumi

Et la voilà… Pas de plage de sable fin mais bien une multitude de gros galets en camaïeu de blanc, gris, gris bleu, mauve,vert,  rose avec quelques cailloux couleur brique comme pour y mettre un peu de peps… Un vieil homme qui se promène et  un jeune homme en bonnet est assis par terre sont les deux seules autres personnes sur la plage. J’admire à mon tour le paysage: la mer et le ciel sont unis dans une harmonie de gris. Ou commence le ciel et où finit la mer, impossible de le dire…

Batumi

Avant de rejoindre mon hôtel, la faim me porte chez Privet iz Batuma, un bar-pâtisserie qui lui aussi semble sorti d’un roman fin de siècle avec une équipe de serveurs en costume de marins de la Marine soviétique. Heureusement, les desserts, eux, sont loin d’être d’époques! Je me jette littéralement sur un cheesecake à l’orange parsemé d’écorce d’orange amère. Un régal! Je regarde la vieille horloge et réalise qu’il est près de midi, je peux retourner à l’hôtel et enfin me reposer… car pour le moment Batoumi, pour moi, est plongée dans la brume. Au propre et au figuré.

De le 2. août 2012 à 9.34  
Catégories: Conseils, Italie, Récits de voyage

Me voici sur le talon d’Achille de la Péninsule: La Puglia, comme l’appellent les autochtones, dénomination plus heureuse que sa traduction française Pouilles… le terme n’induit-il pas une idée de misère, bien éloignée de la réalité sur le terrain? Car — contrairement à la réputation classique du Mezzogiorno, pauvre et délaissé — la région que je me réjouis de vous faire découvrir révèle une étonnante opulence. On me dit que le pied de la Botte était déjà florissant dans l’Antiquité, comme en témoigne la richesse des objets grecs ou romains exposés dans ses musées. Au départ de Zürich, je viens d’atterrir à Bari. Le billet combiné d’Helvetic me permettra de repartir de Brindisi vers Berne, une solution bienvenue pour ne pas avoir à revenir sur mes pas en Italie.

A Trani, une marina idyllique

Voulez-vous boucler votre ceinture pour un premier survol? Alors, embarquement immédiat!

Bienvenue aux Pouilles

La masseria présentée à la fin de mon clip constitue mon point de chute. En mains helvétiques, Alchimia offre tout ce que l’on peut attendre d’un logement de vacances où rien ne manque, surtout pas le cadre (une campagne comme on les rêve).

Mamma mia, quel panorama! Le vert des oliveraies sur le rouge des terres caillouteuses, tous ces villages aux allures de forteresses agrippées aux reliefs, ces plages attirant leurs essaims de vacanciers là où le monumental et l’exubérant cèdent le pas à une vie simple et conviviale.

Choisissez votre moyen de transport!

La Vespa, pourquoi pas? Je vous conseille de toute façon un véhicule de location. Compter sur les transports publics tiendrait ici de la gageure. Labyrinthique, le réseau suggère aussi une carte routière plus précise que l’atlas européen… à moins de choisir délibérément l’égarement, source d’innombrables surprises hors des sentiers battus. En voici une, de surprise. Véritable bijou serti dans sa monture de remparts: la bourgade de Locorotondo. Mon objectif saisit un décor qui me rappelle la grecque Mykonos ou la portugaise Obidos, les pacotilles à touristes en moins. Ce n’est pas moi qui m’en plaindrai!

A Locorotondo, tout rappelle le Sud

Une passante toute de noir vêtue me conseille d’aller voir Martina Franca, si j’ai aimé Locorotondo. Mais qui donc est cette Martina? Non, ce n’est pas une star de Cinecittà, mais bien une autre adorable cité juchée sur un mont — San Martino — offrant à l’oeil un puzzle de baroque et rococo dont chaque maison, chaque palais, chaque église voudrait retenir le regard.

Martina Franca: un décor de cinéma

Une halte rafraîchissante s’impose au Caffè Tripoli, à la déco désuète, et dont le granita di caffè con panna — café glacé copieusement allongé de crème — est connu loin à la ronde.

Une adresse incontournable

Parmi les images de la déco, une photo gentiment canaille retient mon attention. La voilà, ma star de Cinecittà! Le patron me dit que cette bellissima ragazza est effectivement actrice. Elle a été choisie pour une pub. Ne manque que le son. Je devine les sifflets admiratifs de la gent masculine.

Bellissima raggazza...

Les becs à sucre ne manqueront pas le voisin Pelino, un confiseur que ses inédits bouquets de dragées pourraient faire passer pour un fleuriste.

Des dragées en bouquet

Côte adriatique

Savoir que la haute saison va grosso modo de début juillet à fin août. Septembre et octobre vont donc constituer une période idéale pour longer la côte adriatique moins envahie, et à des tarifs raisonnables. Plus on descend vers le sud, plus étonnantes deviennent les découvertes. Trani est une ville de marins. Tout ou presque y ramène à la mer, du dauphin dominant la cathédrale au port si photogénique.

Comme un invitation à hisser la grand voile

A Polignano a Mare, une statue rend hommage au chanteur natif de la ville: Domenico Modugno, décédé en 1994. Tout le monde fredonne encore son plus grand tube: Nel blu, dipinto di blu…

A la gloire de l'enfant du pays

Mais la station balnéaire a plus étonnant à offrir: ses maisons blanches accrochées à des falaises où les vagues ont creusé quantité de grottes. Et comment résister à l’envie d’aller faire trempette dans une crique aussi croquignolette? (A noter à gauche, au sommet de la colline, l’atelier d’un artiste spécialisé dans la confection de dragons d’acier et de très belles lampes façon vitrail.)

Une crique irrésistible

Buon appetito!

Au moment de passer à table, il faut oser les primeurs goûteux, le jambon du pays, les fromages de brebis, de chèvre ou de vache, la viande de bœuf al forno et les produits de la mer. Confronté à une offre pléthorique, je passe allégrement des plats traditionnels aux établissements qui les réinventent. Quelques adresses testées avec bonheur:

  • A Trani: Corteinfiore et ses délices à savourer dans un jardin d’hiver aux allures d’oasis.
  • A Conversano/Bari: le Pashà, une carte subtile et innovante dans cet établissement haut de gamme possédant à l’étage sa propre école de cuisine.
  • A Savelletri di Fasano/Brindisi: Maddalena, de divins spaghetti aux fruits de mer dans un charmant cabanon de plage.
  • A Ostuni: La Sommità, une bonne table dans un relais luxueux dominant la cité.
  • Encore une épicerie exceptionnelle pour s’approvisionner en bons produits locaux: Valentina, à Lecce. Les habitants la connaissent tous. C’est déjà bon signe. Et le patron est un vrai personnage!

Valentina ou Valentino?

Ah, j’allais oublier mon petit cadeau-souvenir, après mes salades. Faites-en bon usage pour assaisonner les vôtres, et viva Italia!

La spécialité locale

De le 20. juillet 2012 à 9.34  
Catégories: Géorgie, Récits de voyage

Georgian Military Road: On the Way to Kazbegi

Pour arriver à Kazbegi (ou plutôt Stepantsminda comme on l’appelle désormais), gros village au milieu du Caucase, il faut avoir le coeur bien accroché. Il faut affronter le chaos de la gare routière de Didube, trouver la marshrutka qui vous emmènera là-bas et ne pas ciller devant la partie de haute montagne de la Route Militaire géorgienne, cette route qui relie Tbilissi à la Russie.

Le Caucase… Un nom synonyme de danger pour beaucoup! Pour moi, c’est une invitation l’aventure. Une heure après avoir quitté Tbilissi, le paysage et le climat changent avec l’altitude. Alors que c’est presque l’été à Tbilissi, les arbres fruitiers sont à peine en fleur dans les villages que nous traversons. Un paysage vert de moyenne montagne où de grosses maisons sont entourées de jardins, de potagers et de l’indispensable vigne et où broutent les vaches ou les moutons. Au fur et à mesure, les sommets enneigés du Grand Caucase apparaissent, l’ascension s’accélère et très vite, nous voilà à une station de ski!

Georgian Military Road: On the Way to Kazbegi

La Géorgie a encore pas mal d’efforts à faire avant de pouvoir concurrencer les grandes stations des Alpes, mais elle ne se laisse pas décourager. La station de Gudauri semble être sortie de terre récemment. Pas mal d’hôtels semblent encore en construction.

C’est là aussi que se termine “la bonne route”. Dès que l’on quitte la station, elle n’est plus entretenue, trop endommagée par les conditions climatiques. Des différents degrés du printemps, nous voilà en hiver. La route est étroite, sans garde-fous et avec d’énorme nids-de-poule qu’il faut négocier en même temps que le trafic venant du sens opposé! Et il faut un sacré aplomb quand on croise des semi-remorques venant de Russie. Quand je pense que nous avons payé notre chauffeur 10 lari (à peu près 5 €) pour qu’il nous dépose sains et saufs…

Mais quel paysage à couper le souffle! Après une petite heure, le col est franchi, la route descend, devient meilleure mais reste encadrée de hauts sommets. La plupart font plus de 5000 mètres. Bientôt, nous arrivons au bout de notre route: Kazbegi. Sur la place où se trouve l’unique hôtel/restaurant du village, des habitants attendent les arrivants pour leur proposer un logement. C’est une des solutions les plus utilisées à Kazbegi: le logement chez l’habitant et sans rien prévoir. Vous ne devriez pas avoir de difficultés à trouver: les habitants qui offrent un toit aux voyageurs attendent l’arrivée du bus et il vous suffira de choisir et négocier.

La raison pour laquelle on vient visiter ce village presque perdu est là-haut, surveillant la vallée comme un phare surveillerait la mer: l’église de la Sainte Trinité (Tsminda Sameba, qu’on appelle aussi Gergeti). Une église-ermitage perchée sur une montagne avec comme décor, parait-il, un des plus beaux panoramas de Géorgie! Les touristes d’un jour y vont en voiture. Pour moi, comme un panorama pareil ça se mérite, je vais faire la petite randonnée de deux heures qui y mène… Quand même pas une partie de plaisir pour une fille de la plaine!

Kazbegi

Aux prés à vaches succèdent les bois de sapins, et le village rapetisse au fur et à mesure jusqu’à ce que les maisons deviennent minuscules comme des boîtes d’allumettes. Je ne suis pas la seule à monter à pied: je croise un Japonais solitaire et un couple finlandais qui a décidé de prendre tous les raccourci possibles. Je ne pensais pas que le coin serait aussi fréquenté!

A un moment de l’ascension, je quitte le bois de sapins. J’ai l’impression que le “sommet” n’est plus très loin et je décide de prendre un de ces raccourcis… Sauf qu’il se montre plus difficile que prévu et c’est le souffle coupé que je retrouve la route pour subitement déboucher sur une vue de rêve: sur un petit monticule, une chapelle fait face aux montagnes… 100 mètres plus loin, l’église, entourée d’un mur, monte une garde solitaire et à 360 degrés, des pics enneigés où s’effilochent les nuages! Superbe! Je m’approche d’abord de la chapelle en pierre. Je ne sais pas qui a eu l’idée de la bâtir là, mais il devait avoir un œil d’esthète. J’immortalise ce paysage de rêve puis me dirige vers l’église.

Kazbegi
Kazbegi

Juste en dehors, une vache broute tranquillement en me regardant d’un air goguenard. De l’autre côté, un pope et un homme qui semble tenir le rôle de sacristain se tiennent sur une plateforme et scrutent un horizon battu par le vent… Je suis vraiment dans un autre monde! Pour visiter l’église, les femmes doivent montrer patte blanche — ou plutôt pas de patte du tout, en effet, une femme en pantalon ne peut pas pénétrer dans l’église. Heureusement pour nous, une pile de jupes à enfiler est prévue à cet effet. Il faut également se couvrir la tête, mais on trouve aussi des foulards à emprunter. Les règles sont strictes dans cet environnement rude et aucune photo n’est admise!

Kazbegi

Des bouts de plus en larges de ciel bleu se dévoilent, et c’est là que le Mont Kazbeg, le clou du spectacle, commence à se dévoiler également! Le Mont Kazbeg, c’est le symbole du Caucase géorgien… Et il fait sa diva, refusant de se montrer en entier. Les plus audacieux pourront continuer vers le glacier et pourquoi pas, vers la station météo en haute montagne pour y passer la nuit. Le personnel est prêt à vous accueillir, encore plus chaleureusement si vous apportez une bouteille de vodka ou de chacha, l’alcool de raisin géorgien.

Ce n’est pas la seule ballade à faire dans le coin… mais cette histoire, ce sera pour le prochain épisode!

Kazbegi

De le 9. juillet 2012 à 11.45  
Catégories: Conseils, Hong Kong / Macau, Récits de voyage

Au cœur d’un dédale de canaux, je traverse une piazza bordée de luxueuses boutiques pour aller savourer une tranche de cassata. Contrairement à celles de la Sérénissime, les eaux javellisées de cette Venise-là ne dégagent pas le moindre relent d’égout.  Son ciel artificiel vire en permanence de l’aube au crépuscule. Bienvenue au Casino Venetian, le frère jumeau de celui qui draine les foules à Vegas!

Des gondoliers aux yeux bridés...

En Chine comme au Nevada, ce rutilant centre commercial (350 enseignes, 30 restaurants) offre à ses myriades de consommateurs ébahis une évasion joliment kitch dans un univers où rien ne manque, pas même un hôtel de 3’000 chambres — l’un des plus importants du monde — et une salle de spectacle de 15’000 places. L’investissement de Macao dans ce projet (près de 2,5 milliards de dollars) a contribué à détrôner la capitale américaine du jeu. Même les marques suisses y ont élu domicile, au plus grand bonheur de yuppies dépensiers.

Macao à l'heure helvétique

Les fans de mangas font escale chez Character King, le spécialiste des héros (et héroïnes) de BD asiatiques sculpté(e)s à la dimension de poupées gonflables. La pulpeuse Mikuru Asahina y côtoie Ichigo Momomiya.

Des personnages de mangas en 3D

En quête de Baume du Tigre, je m’arrête dans l’une de ces pharmacies chinoises n’ayant plus grand-chose à voir avec les vieilles officines de sorcières. On y dispense une gamme de produits dépassant largement les seuls gingembre et ginseng: phytothérapie, minéraux, substances animales — voire humaine (placenta) — rien n’y manque pour soulager les bobos et rétablir l’équilibre du yin et du yang.

Une petite potion chinoise?

Un petit creux. Aux populaires food courts déjà prises d’assaut, j’accorde ma préférence à un resto haut de gamme, dont la carte s’avère des plus alléchantes. Le hors d’oeuvre japonisant donne déjà le t(h)on!

Juste l'eau à la bouche

Retrouvez-moi dans ce labyrinthe ludique!

Le Casino Venetian

Pour peu, l’hégémonie des tapis verts ferait oublier que l’ancien territoire portugais a de beaux restes historiques — hélas peu nombreux — mais heureusement classés au Patrimoine mondial. Débarquant du ferry en provenance de Hong-Kong (45 minutes de trajet), rien ne force le visiteur à emboîter le pas aux hordes de flambeurs pressés d’investir les lieux de perdition. Il peut leur préférer le charme colonial du Largo do Senado, dans la vieille ville. A partir de là, rien de plus facile que de rayonner vers les principaux monuments de l’héritage architectural. De quoi trancher avec la grandiloquence des buildings où se concentre l’essentiel des 3’100 tables de jeu, 8’234 jackpots et autres bandits-manchots répertoriés à Macao. Faites vos jeux, rien ne va plus!

Pour le final, rejoignez mon safari-photo dans la zone classée Unesco!

Macao historique

De le 5. juillet 2012 à 20.04  
Catégories: Conseils, France, Récits de voyage

Pour répondre à notre soif de dépaysement de proximité, les compagnies aériennes multiplient leurs offres vers Nice-Côte d’Azur. Dernière arrivée: SkyWork, entreprise helvétique spécialisée dans les vols touristiques et d’affaires (Barcelone, Elbe, Ibiza, Thessalonique, Cologne, Vienne, entre autres). Particularité: ce service –comme tous ceux qu’elle propose– est au départ de Berne (3 fois par semaine), ce qui constitue un avantage non négligeable pour un grand bassin de population proche de la ville fédérale et/ou souhaitant bénéficier de formalités d’embarquement simplifiées. J’arrive 25 minutes avant le décollage. Aucun problème. A bord: collations accordées à la destination (par ex. salade niçoise) et mise à disposition d’un iPad pour la durée du vol. Je ne regrette que la modestie –sans doute provisoire– des applis chargées sur la tablette.

Une impression de vol privé

Une fois arrivé dans la ville de Garibaldi –et sans doute animé par l’envie de garder des ailes– je m’élève illico sur la Colline du Château. Ce nid d’aigle offre un point de vue unique sur l’agglomération niçoise. Les chérubins du cimetière veillant sur la Baie des Anges semblent m’indiquer les ruelles à explorer dans le quartier le plus attachant, avec ses façades colorées, le linge qu’on y fait sécher, la grâce des édifices religieux ou les pittoresques bars et restos.

Vue imprenable sur la Promenades des Anglais

Pittoresque, oui, l’Escalinada, dont la carte suscite quelques interrogations: en plus des testicules de porc panés, cette dernière mentionne –en patois local– de la merda di can. Sans sourciller, le garçon m’explique qu’il s’agit de gnocchis verdâtres confectionnés avec de la blette… d’où l’appellation. Je m’en tiendrai plus raisonnablement à quelques fleurs de courgette en beignets, gardant un peu d’appétit pour un dessert que j’irai savourer au port.

Une marina colorée

En chemin, je découvre au bord de la marina un marché aux puces permanent, véritable caverne d’Ali Baba pour amateurs de brocante.

Comme à Paris...en plus petit

Le dessert, donc… Je le trouve à deux pas, chez Florian (14, Quai Papacino), l’un des maîtres de la confection de fruits confits, autre spécialité niçoise. La dame vient juste de terminer une ration d’oranges à s’en relever la nuit.

Pour les "becs à bonbons"

La nuit, je la passerai dans l’ambiance onirique de l’Hôtel Windsor (11, Rue Dalpozzo), qui a eu l’excellente idée de confier la décoration de ses chambres à des artistes différents. Je choisis celle de Ben –artiste suisse bien connu– qui a l’a tapissée de ses rêves. Un petit cahier permet d’y consigner ceux des occupants. Cool, non?

Des chambres hautement personnalisées

J’aurais pu choisir le plus ambitieux Palais de la Méditerranée, véritable pôle d’attraction pour le beau monde de l’entre-deux-guerres, classé monument historique. Joséphine Baker, Sacha Guitry ou Yves Montand adoraient ce palace inauguré en 1929 par un certain Charlie Chaplin… ce sera pour le jour où j’aurai gagné au casino attenant. En attendant, je me contente de parcourir ces vastes espaces au décorum sophistiqué.

Sommet du luxe sur le front de mer

D’autres adresses de séjour sont répertoriées sur le site de l’Office du Tourisme. Inspiré par toute cette effervescence artistique, je fais un saut au Musée Matisse, histoire de mieux comprendre les apports de ce génie du graphisme moderne.

Une précieuse collection des oeuvres de l'artiste

J’aurai encore le temps d’une petite escapade dont je vous réserve ici la surprise:

Vidéo: Visite d’Eze

Pas encore décidé(e) à envisager un week-end niçois? …Alors suivez-moi dans la ville natale de Georges Lautner, Jean-Pierre Mocky, Nadine Trintignant et autre Michèle Laroque. Que du beau monde, je vous dis!

Vidéo: A travers Nice

De le 28. juin 2012 à 18.13  
Catégories: Géorgie, Récits de voyage

Une route rectiligne, sans fin, à travers un sovietland dévasté sous un ciel menaçant de pleuvoir à tout moment… Où suis-je? Sur le chemin de Gori, une petite ville à une soixantaine de kilomètres de Tbilissi, la capitale géorgienne. La marshrutka qui partait pour Kutaisi m’a laissé à soi-disant deux kilomètres… mais cela fait au moins une heure que je bats cette route défoncée. Cette “longue marche”, c’est une parfaite introduction pour aller à la rencontre du fils le plus célèbre de Gori: Iossif Vissarionovitch Djougachvili, plus connu sous le nom de Joseph Staline. C’est un peu comme si on disait au visiteur « Voilà, viens et regarde ce que ce système a fait de nous ». Gori est encore une ville industrielle mais au plus fort du communisme, elle devait l’être bien plus encore! Un train chargé de ferraille qui transite entre différentes implantations passe tranquillement…

Gori

De part et d’autre de la route, des usines de taille monumentale se suivent, certaines en mauvais état mais fonctionnant, d’autres complètement délabrées… En partie par l’écroulement du système soviétique, en partie par l’invasion russe lors de la guerre de 2008. Gori est une ville qui a souffert: elle fut bombardée et évacuée pendant le conflit.

Pour les amateurs d’urbex, c’est une mine d’or! On dirait que l’endroit a été oublié par la marche de l’histoire. Un peu plus loin, ce sont les premières habitations, les appartements des travailleurs, qui devaient être ce qu’il y avait de mieux à l’époque de leur construction. A présent, la plupart des immeubles semblent se dissoudre avec les années. Pourtant, des gens y vivent et Géorgiens obligent, on y a même construit des balcons de fortune ou je n’oserai pas mettre le pied.

Gori

Après réflexion, je me dis que ce chauffeur peu courtois était finalement une aubaine! Être déposée dans le centre-ville m’aurait fait loupé tout cet aspect de Gori! Et le voilà justement, le centre-ville. Quelle différence avec Mtshketa! Si cette dernière semblait tout droit sortir d’un plan modèle de rénovation, Gori est restée brut de décoffrage! Voilà le marché et la place où se trouvent les marshrutkas, grouillant de gens.

A première vue, Gori n’est pas bien attrayante. Il y a une forteresse, juste à l’entrée de la ville, comme beaucoup d’autres villes en Géorgie en possèdent, mais pour la ville en elle-même, pas grand chose… la cité a été dévastée en 1920 par un tremblement de terre. Même si la ville est très ancienne, il n’en reste quasi rien. Il y a l’hôtel de ville, rénové il y a deux ans, et le Parc Staline, juste devant le musée, le but de ma visite. Au guichet, on ne se bouscule pas. Je pourrai m’y balader à l’aise!

Gori

A l’entrée, le visietur est prévenu: “This museum is a falsification of history.” Construit du vivant de Staline sur l’initiative de Lavrenti Beria, cette grosse kitscherie gothico-communiste était un monument à la gloire du grand homme (Beria sera bien mal payé et aura ensuite maille à partir avec Staline auquel il ne survivra que quelques mois, liquidé pour complot). On dirait bien que le musée a peu changé depuis l’époque de la propagande.

Gori, Stalin Museum

Gori, Stalin MuseumUne statue trône devant un escalier monumental et la visite commence. Des photos des parents, d’enfance, d’adolescence, le jeune Iossif aurait pu devenir prêtre, on y voit son inscription au séminaire… Puis vient la vocation politique et l’engagement. Staline jeune adulte est bien différent de l’image que l’on connaît. C’est un beau jeune homme barbu qui aurait le look d’un Che Guevara d’avant la lettre.  Arrêté plusieurs fois, déporté plusieurs fois en Sibérie et s’échappant plusieurs fois, cela doit être ces années d’exil qui ont dû lui durcir le caractère. Enfin, c’est l’accession au pouvoir, marquée par cette photo où il pose souriant à côté d’un Lénine qui semble presque déjà manger les pissenlits par a racine. On y voit les hommages des républiques soviétiques au nouveau chef, au Petit Père des Peuples… Puis arrive la 2e guerre mondiale, Staline devient chef militaire et héros. La paix retrouvée, c’est aussi la vie de famille. Des clichés fleurant l’insouciance qui pourraient donner le change si l’on ne connaissait pas l’histoire familiale tourmentée de Staline.

Après les hommages des républiques, il y a les hommages des nations. Des tas de petits cadeaux ont été conservés: vases de Chine avec portrait, orfèvreries venant d’Italie, petits cadeaux de France, de Bulgarie ou de Pologne.

Et enfin, il y a la mort et le masque mortuaire. Et il ne faudra pas attendre longtemps après le décès du tyran pour que l’URSS essaie d’oublier ce qui fut une sombre page de son histoire. Et pourtant… Gori doit au dictateur les touristes qui arrivent jusqu’à elle. Paradoxe!

Gori, Stalin MuseumDernières étapes dehors: il y a premièrement le wagon personnel de Staline: blindé, avec sa propre cuisine, son salon, plusieurs chambres et somme toute modeste. Le clou de la visite, c’est la maison natale. Une petite maison de bois autour de laquelle on a construit une espèce de temple pour la préserver.  Une toute petite maison de deux pièces où le Père Djougachvili exerçait son métier de cordonnier au sous-sol.

Un musée d’un autre temps, un peu difficile à saisir pour les étrangers car tout est en russe ou en géorgien (avec quelques rares mentions en anglais) et qu’il vaut mieux se dépêcher de voir si l’on souhaite le découvrir dans l’état. Le gouvernement géorgien souhaite le modifier et en faire un musée sur l’occupation soviétique.

Gori, Stalin Museum