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La Géorgie semble faite pour un voyage de deux semaines. Ce pays ancien, fascinant et inébranlable est de taille modeste, à l’échelle européenne, et ses curiosités, telles que des cités troglodytes, des anciens lieux spirituels et même un musée de Staline, se situent pour la plupart à proximité les unes des autres.

Tout au long de votre périple, le délicieux vin géorgien, produit depuis plus longtemps que nulle part ailleurs, promet de raviver votre âme de voyageur.

Jours 1 à 3 : Tbilissi la créative, la tapageuse et l’exotique

La grande majorité des visiteurs de la Géorgie se rendent à Tbilissi, la capitale. Au départ de Genève, il faut généralement faire escale à Istanbul ou Munich, un voyage certes un peu long, mais qui ne rebutera pas les aventuriers intrépides en mal de destinations insolites.

Certains itinéraires proposés comprennent une escale à Kiev.

Créative et tapageuse, élégante dans certains quartiers et clairement délabrée dans d’autres, toujours exotique mais avec des touches de plus en plus contemporaines, Tbilissi séduit de nombreux voyageurs avec son charme particulier.

Commencer votre visite par les thermes d’Orbeliani est une bonne idée si vous séjournez dans la vieille ville; suite aux récents travaux de rénovation, vous pouvez à nouveau faire vos ablutions dans cette impressionnante version géorgienne du hammam du XVIIe siècle, aux tuiles bleues. Après tout, la Turquie est juste de l’autre côté de la frontière.

Faites l’expérience d’un bref retour dans le passé dans les ruelles partant de la rue Kote Abkhazi. Surplombés de balcons en bois laissés dans leur jus, ces passages étroits semblent vous transporter dans le Tbilissi d’il y a un siècle.

Si vous vous promenez dans le charmant quartier de Betlemi, vous verrez des versions plus épurées de ces maisons en bois, l’expression architecturale particulière de la capitale. Vous y découvrirez le temple des adorateurs du feu d’Ateshgah, un vestige au nom évocateur de la religion zoroastrienne de l’époque où la Géorgie faisait partie de l’empire perse.

De retour au bord du fleuve, vous tomberez sur le marché aux puces de ce qu’on appelle le Pont sec, avec ses babioles plus ou moins authentiques, datant notamment de l’ère soviétique, un lieu de rassemblement célèbre à Tbilissi. Bien à l’abri de la météo parfois inclémente de l’été géorgien, le musée national présente une exposition étonnante de bijoux en or préchrétiens aux motifs raffinés.

Le marché central de Bazroba offre de nombreux produits frais de la ferme, parfaits pour le pique-nique, ainsi qu’un aperçu sans fioritures de la vie ordinaire à Tbilissi. Le complexe Fabrika est plus récent. Cette ancienne usine abrite désormais des galeries, des restaurants internationaux et des boutiques de vêtements, dont une, le Flying Painter, qui vend des vêtements funky originaux de l’époque soviétique.

Tbilissi vaut largement la peine que l’on s’y attarde deux ou trois jours. Par ailleurs, s’arrêter dans l’un de ses « art cafes » en plein essor constitue un excellent moyen de faire une pause. L’ameublement de ces lieux de restauration décontractés transformés en galeries d’art est typiquement géorgien et rétro. – Cafe Linville en est l’exemple parfait.

Jours 4 à 6 : Haut lieu spirituel et isolement splendide

Roulez vers le nord (cet itinéraire implique que vous preniez le volant) en direction du village de montagne de Stepantsminda. Arrêtez-vous toutefois en chemin, non loin de Tbilissi, à Mtskheta, le cœur spirituel de la Géorgie. La splendide cathédrale est l’attraction principale de la ville. Celle de Tbilissi semble modeste en comparaison, faisant pâle figure devant l’ornementation raffinée de ce monument religieux transformé à maintes reprises.

Les adeptes du culte zoroastrien local voué à l’adoration du feu vénéraient ce site, à la confluence de deux rivières, aux environs du IVe siècle av. J.-C. Ils s’appuyaient sur des croyances hittites et sumériennes encore plus mystérieuses qui remontent à la nuit des temps. Un lieu de culte chrétien existait déjà il y a près de 2 000 ans; son incarnation actuelle, la cathédrale de Sveti Tskhoveli, ne passe pas inaperçue, avec sa grande coupole de couleur verte qui s’élève au-dessus des toits rouges. À l’intérieur, des têtes de taureau sculptées représentent des vestiges païens symbolisant la fertilité.

À trois heures de route, vous pourriez faire de Stepantsminda votre prochaine étape pour découvrir le meilleur de la Géorgie, outre le vin : l’isolement au charme suranné vaguement empreint de mysticisme. Le village est plutôt modeste, mais c’est le lieu de départ de superbes randonnées dans les environs, lieux d’errance de l’ours brun et des vautours.

Jours 7 à 10 : La ville natale de Staline et le pouvoir de l’eau

En avant, toute! Revenez vers le sud, en passant par Mtskheta, jusqu’à Gori, ville plutôt banale (bien qu’à une exception controversée, lisez la suite) et point de départ vers l’un des lieux incontournables de la Géorgie. À environ 10 kilomètres de la ville, Uplistsikhe est une cité troglodyte qui était habitée depuis au moins 1 000 ans avant Jésus-Christ, et qui a abrité jusqu’à 5 000 moines, tous malheureusement massacrés par les envahisseurs mongols. Vous devrez faire abstraction des altérations considérables d’Uplistsikhe, mais la grotte ayant servi de prison et le bassin de collecte du sang des animaux sacrifiés vous permettront d’imaginer l’endroit tel qu’il était.

De retour à Gori, l’idée de visiter le musée de la ville consacré au plus célèbre enfant du pays, un certain Joseph Staline, pourrait mettre certains visiteurs mal à l’aise. Si vous le souhaitez, vous pourrez découvrir la modeste maison natale du dictateur, son certain talent pour la poésie et explorer son incroyable wagon blindé privé.

Pour rester dans l’ambiance soviétique, Borjomi, votre prochain arrêt, expédiait dans tout l’ancien empire son produit phare : de l’eau minérale naturelle censée être bénéfique pour la santé. Une station thermale existe encore de nos jours et, avec ses demeures historiques à profusion, cette charmante localité de montagne dégage l’atmosphère plaisante d’un lieu de cure du XIXe siècle. D’agréables sentiers forestiers permettent également de se ressourcer.

À deux heures de route plus à l’ouest, en direction de la mer Noire, Vardzia, une autre cité troglodyte remarquable, comprenait à l’origine 3 000 cavernes creusées dans la roche. On y trouvait des écuries, des casernes et des magasins. De nos jours, le lieu le plus célèbre est peut-être une fresque de la première femme ayant régné sur la Géorgie, la vénérable reine Tamar.

Jours 11 à 14 :

Revenez sur l’autoroute pour vous rendre à Kutaisi, bastion de la mafia post-soviétique dans les années qui ont immédiatement suivi le régime communiste. Mais depuis, la ville a subi un grand nettoyage, le terme n’étant pas usurpé. La cathédrale de Bagrat, vaste et impressionnante avec ses 1 000 ans d’histoire, est le principal attrait de la ville. Dans les environs se trouvent le monastère de Gelati, l’un des plus beaux sites touristiques de Géorgie, et un certain nombre de grottes immenses, dont celle de Prométhée, avec des stalactites et autres formations naturelles remarquables.

Le voyage se termine au bord de la mer Noire, à Batoumi, une station balnéaire prise de folie immobilière (il y avait même un projet de construction d’une Trump Tower), parfois clinquante, mais souvent amusante. La plage, bien que caillouteuse, attire les foules, avec ses fêtes foraines, ses restaurants et son delphinarium.

Après les plaisirs balnéaires, si vous avez le temps, retournez vers l’est, au-delà de Tbilissi, pour explorer Kakheti, la principale région productrice de vin de Géorgie. Les habitants de la région partageront volontiers un verre avec vous, et les curiosités telles que la splendide ville de Sighnaghi et le monastère richement orné de Davit Gareja vous inspireront d’agréables souvenirs.

 

 

 

 

 

 

 

 

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